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Vol de données: Desjardins se trompe et désigne un locataire comme «tuteur légal» de ses enfants

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SAINT-AGAPIT | Un père de famille déplore une erreur dans des lettres postées par Desjardins concernant le vol de données bancaires. Les missives désignent un locataire ayant vécu brièvement au domicile familial comme le tuteur légal de ses trois enfants. 

«Je peux rien faire, je peux rien signer, parce que chez Desjardins je ne suis plus le père», déplore Mario Pinsonneault, un résident de Saint-Agapit, dans Lotbinière. 

Les trois enfants de M. Pinsonneault sont parmi les victimes du vol de données chez Desjardins. Étant âgés de moins 14 ans ils requièrent l’autorisation d’un parent ou d’un tuteur afin d’obtenir la protection de données du service Equifax. Les lettres postées par Desjardins désignent un locataire ayant occupé une chambre dans le domicile familial comme étant le «tuteur légal» des enfants. Ce chambreur n’a aucun lien avec la famille, selon le père. 

«Comment a été faite l’erreur? Par l’adresse possiblement», se questionne l’homme, qui dit ne pas être pas membre chez Desjardins. Mario Pinsonneault affirme avoir appelé la coopérative afin de corriger la situation, mais indique qu’on ne lui a pas donné d’informations sur la démarche à suivre. Il critique la gestion de cette crise par Desjardins. 

«C’est comme la maison des fous d’Astérix», affirme l’homme en référence à l’étourdissante institution bureaucratique illustrée dans le film d’animation «Les 12 travaux d'Astérix». 

Peu des risques selon Desjardins 

«Desjardins envoie une lettre à l’adresse du mineur. Il se peut qu’une personne qui a résidé ou qui réside présentement [à cette adresse] reçoive une lettre au nom du mineur et ne soit pas le parent», explique Chantal Corbeil, porte-parole de Desjardins, ajoutant que ces cas sont «exceptionnels». 

Selon Mme Corbeil, il y a peu de risques que ce genre de lettre puisse être utilisée de façon malveillante par des fraudeurs, car elles ne contiennent que «le nom et l’adresse de l’enfant». 

En cas d’erreur sur l’identité du parent, Desjardins demande aux clients de renvoyer les documents à la coopérative afin qu’une enquête soit ouverte pour déterminer l’identité du tuteur. 

«Complètement atterré» 

Ces explications ne satisfont pas Mario Pinsonneault, qui songe à déposer une plainte auprès de l’Autorité des marchés financiers. «Je suis complètement atterré et bien loin d’être sécurisé pour les autres parents», déplore le père.