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Quatre arrestations par semaine chez les Hells

Les escouades policières maintiennent la pression chez le club de motards

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Photo d'archives, Agence QMI Des vestes de Hells Angels saisies cette année.

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Les Hells Angels et leurs trafiquants sont frappés par quatre arrestations chaque semaine au Québec depuis 2018, presque autant qu’à l’époque sanglante de la guerre des motards.   

C’est ce qui émane des données obtenues par Le Journal sur le travail accompli depuis 18 mois par l’Escouade nationale de répression contre le crime organisé (ENRCO) et les Escouades régionales mixtes (ERM).   

Ces deux brigades anti-motards regroupant une vingtaine d’organisations policières ont effectué 322 arrestations entre janvier 2018 et juin 2019 en enquêtant sur les Hells et leurs clubs supporteurs.   

La plupart de ces arrestations résultent d’opérations contre des réseaux de trafic de stupéfiants reliés aux Hells.  

L’ENRCO a arrêté 13 membres des Hells au Québec depuis un an et demi, dont Claude Gauthier en avril dernier. 
Photo d'archives, Martin Alarie
L’ENRCO a arrêté 13 membres des Hells au Québec depuis un an et demi, dont Claude Gauthier en avril dernier. 

«Menace numéro un»  

En comparaison, l’escouade Carcajou, considérée comme l’ancêtre des ERM et de l’ENRCO, avait réalisé 396 arrestations durant sa première année et demie d’existence, entre octobre 1995 et mars 1997.   

On se souvient que Carcajou avait été mise sur pied après la mort du jeune Daniel Desrochers lors de l’explosion de la Jeep d’un trafiquant dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.   

L’enfant de 9 ans comptait parmi une vingtaine de victimes innocentes et 160 morts d’une guerre meurtrière que les Hells ont livrée aux Rock Machine et à leurs alliés pour prendre le contrôle du marché de la drogue. 

«Les Hells Angels sont le groupe dominant du crime organisé au pays et la menace numéro un au Canada. C’est la priorité des corps policiers», a réitéré au Journal l’inspecteur-chef Guy Lapointe, porte-parole de l’ENRCO.   

Entre 2018 et 2019, les escouades anti-motards ont saisi plus de 260 kilos de drogues en lien direct avec des réseaux pilotés par les Hells ou leurs clubs supporteurs au Québec.   

Soulagés de 60 M$  

Ces derniers ont donc été privés de revenus d’au moins 60 millions $ provenant surtout de la vente de cocaïne et de méthamphétamine, les vaches à lait des Hells.   

«Notre stratégie, c’est de les frapper sur tous les niveaux, des importateurs de drogue aux distributeurs et jusqu’aux vendeurs sur la rue. Chaque semaine, on fait au moins une perquisition en moyenne», selon M. Lapointe.  

La bande de motards domine le crime organisé au pays et représente la priorité des policiers.
Photo d'archives, Martin Alarie
La bande de motards domine le crime organisé au pays et représente la priorité des policiers.

Il a rappelé que le premier chapitre canadien des Hells Angels a été basé à Montréal en 1977. Au fil des ans, «le Québec est devenu un leader de la lutte au crime organisé notamment grâce au partenariat entre les corps policiers d’ici».   

«Des Hells d’ailleurs au pays nous ont dit l’été dernier qu’ils n’avaient plus envie de revenir au Québec parce qu’ils trouvent que les policiers sont partout, a ajouté Guy Lapointe. C’est une démonstration assez claire que notre travail fonctionne.» 

18 mois d’enquêtes  

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Photo Adobe Stock

   

  •  322 arrestations 
  •  526 perquisitions     

LES POLICIERS ONT SAISI  

  •  112 kg de cocaïne 
  •  114 kg et 2 millions de comprimés de méthamphétamine 
  •  165 armes à feu 
  •  104 kg de cannabis 
  •  16 kg de haschisch 
  •  13 kg d’héroïne 
  •  2,5 millions $ en argent comptant