/sports/others
Navigation

Artisan des grandes ambitions

Félix-Antoine Lapointe veille sur le développement de l’élite au Québec

Félix-Antoine Lapointe, originaire de Shannon, se préparant pour les Championnats canadiens, à Montréal.
Photo Alain Bergeron Félix-Antoine Lapointe, originaire de Shannon, se préparant pour les Championnats canadiens, à Montréal.

Coup d'oeil sur cet article

Le Québec a perdu de sa partisanerie dans les plus grands spectacles d’athlétisme de la planète depuis la retraite de Bruny Surin, mais les ambitions des athlètes n’ont pas disparu pour autant dans les clubs et les écoles de la province. Il suffisait d’un homme pour relancer la faculté collective de rêver : Félix-Antoine Lapointe.

Les Championnats canadiens présentés au centre Claude-Robillard de Montréal, de jeudi à dimanche, arrivent après la première année pour Lapointe à titre d’entraîneur-chef de l’Équipe du Québec, un nouvel emploi annoncé en juillet 2018 par la Fédération québécoise d’athlétisme (FQA).

Une année plus tard, il sera trop tôt pour constater les premiers effets de son mandat en analysant les résultats de 392 athlètes du Québec des catégories sénior, junior et paralympique qui y participeront.

Culture de l’excellence

L’enjeu derrière cette nomination se cache plutôt à long terme, soit celui d’améliorer le bilan des performances internationales.

Pour y tendre, la FQA a confié le développement de ses quelque 125 athlètes de niveaux Excellence, Élite et Relève à ce nouveau responsable, qui voit à fournir les meilleures ressources aux entraîneurs et au personnel d’encadrement concernés (programmes d’entraînement et de compétitions, soins médicaux, formation, etc.)

La culture de l’excellence grandira grâce à un étroit suivi auprès de ces athlètes potentiels, croit la fédération.

De telle sorte qu’une masse d’athlètes mieux entraînés débouchera sur une représentation accrue dans l’équipe canadienne lors des grands événements et, à l’horizon, qui sait, sur un podium à des championnats du monde ou aux Jeux olympiques.

« Comme la majorité des sports de haut niveau, c’est très compétitif et à peu près tous les pays au monde pratiquent l’athlétisme, alors un champion ou une championne du monde dans une telle épreuve, je ne peux pas vous le promettre pour jeudi matin, malheureusement », donne à entendre l’entraîneur-chef.

« Avant de parler de champions olympiques ou de champions du monde, il faut voir les étapes pour y arriver un jour. Si on se concentre seulement sur la vision d’un athlète qui remportera une médaille olympique, ça se peut que ça n’arrive jamais, malgré qu’on aura quand même accompli plusieurs belles choses durant les prochaines années. »

Travail d’équipe

Après un séjour de sept ans à la tête du programme d’athlétisme de l’Université Laval, où il a établi de bonnes références, avec notamment Charles Philibert-Thiboutot, demi-finaliste aux Jeux olympiques de Rio à l’épreuve de 1500 m, Félix-Antoine Lapointe continue de mettre à profit sa spécialité dans les épreuves de demi-fond en veillant sur un groupe de 20 athlètes basés à Québec.

Pour les athlètes d’autres disciplines, il dit agir plutôt comme ressource auprès de leurs entraîneurs, parce que « je n’ai pas la prétention de pouvoir amener jusqu’aux Jeux olympiques des athlètes du sprint, des sauts et des lancers ».

À la bonne place au bon moment

Complice des athlètes québécois pour trouver leur place dans les grands stades du monde, c’est ici que se trouve aujourd’hui ce diplômé en intervention sportive de l’Université Laval, qui s’était découvert une passion comme entraîneur durant ses études collégiales.

« J’avais 24 ans quand l’entraîneur-chef du Rouge et Or a quitté. J’ai sollicité le poste en me disant que je n’avais rien à perdre. Je suis tombé à la bonne place et au bon moment. »

Une meilleure représentation internationale

Les Jeux olympiques de Tokyo se trouvent encore loin à une année d’ici, mais le nombre de Québécois à de récents événements internationaux ravive l’optimisme à la Fédération d’athlétisme du Québec.

Sept athlètes ont participé aux récents Jeux mondiaux universitaires à Naples, ce qui s’avère un sommet au cours des dernières années à cet événement, selon Félix-Antoine Lapointe.

En fin de semaine dernière, six Québécois parmi les 47 athlètes canadiens ont vécu les championnats panaméricains juniors au Costa Rica.

Puis, cinq autres se sont qualifiés pour les Jeux panaméricains qui débutent vendredi à Lima, au Pérou.

Dans la délégation canadienne de 44 athlètes (26 femmes et 18 hommes), on comptera Mathieu Bilodeau (50 km marche), Maïté Bouchard (800 m), Jonathan Cabral (110 m haies), William Paulson (1500 m) et Aiyanna Stiverne (200 m, 4 x 100 m, 4 x 400 m).

« À court terme, une de nos ambitions est de placer plus d’athlètes sur les équipes nationales, qui vont des juniors jusqu’aux Jeux olympiques, en passant par les Jeux du Commonwealth, les Jeux de la Francophonie, les championnats du monde, etc. Plus on aura de représentation dans ces équipes, plus ce sera satisfaisant », explique l’entraîneur-chef de l’équipe du Québec.

Place à l’amélioration

Aucun athlète québécois n’a encore réussi le standard obligatoire dans son épreuve afin de participer aux championnats mondiaux à Doha, au Qatar, du 27 septembre au 6 octobre.

Deux d’entre eux s’avèrent les plus susceptibles d’y arriver, soit Jean-Simon Desgagnés (3000 m steeple) et Maïté Bouchard, qui ont jusqu’au 24 août pour les réaliser.

Il y a de la place pour une meilleure représentativité québécoise, selon Félix-Antoine Lapointe, ce qui justifie la mission de la fédération.

« Quand on fait l’analyse des 10 dernières années, on avait toujours de 10 % à 15 % des équipes nationales qui provenaient du Québec, alors [qu’avec] notre pourcentage de membres à Athlétisme Canada et selon notre poids démographique, on se situe autour de 20-25 %. Plus on aura d’athlètes sur ces équipes, peut-être qu’il en ressortira davantage qui vont aspirer à être parmi les meilleurs au monde. »