/news/currentevents
Navigation

Décès de l'agent Bigras : l'enquêteur principal sur l'affaire Turcotte rappelle l'importance de s'ouvrir

Coup d'oeil sur cet article

 Le décès tragique de l’agent Patrick Bigras de la Sûreté du Québec a ébranlé toute la profession, peu importe le corps policier. Mardi, c’était au tour de l’enquêteur principal sur le dossier du meurtre des deux enfants de Guy Turcotte, Sylvain Harvey, d’ajouter sa voix à la vague de compassion qui déferle depuis lundi. 

 L’ex-enquêteur, qui a cumulé 27 ans de carrière au sein de la Sûreté du Québec, a lui aussi été témoin de l’horrible scène de crime sur laquelle l’agent Bigras a été le premier à intervenir. Par la force des choses, les deux hommes se sont côtoyés professionnellement dans le cadre de l’enquête, notamment lors du témoignage poignant de Patrick Bigras en 2015 lors du procès de l’ex-cardiologue. 

 Aujourd’hui retraité, Sylvain Harvey constate que le décès de l’agent Bigras a eu l’effet d’une commotion dans le milieu policier. 

 «On se demande toujours pour quelle raison il a commis un geste semblable. Depuis hier, en regardant les médias sociaux, je vois que la communauté policière réagit énormément, que ce soit les policiers actifs ou retraités. On voit que la communauté est très affectée», a-t-il décrit en entrevue à TVA Nouvelles. 

 Ce décès tragique s'apparente d’ailleurs à une thérapie de groupe pour les policiers. Plusieurs anciens collègues de l’ex-enquêteur sont d’ailleurs entrés en contact avec lui pour prendre de ses nouvelles. 

 «Le fait de verbaliser avec les anciens collègues, ça nous aide à passer au travers et d’exprimer la façon dont on a vécu cet événement-là», a-t-il indiqué. 

 De l’aide disponible 

 L’agent Patrick Bigras n’a jamais vraiment été en mesure de se libérer du mal-être qui l’a pourchassé à la suite de l’affaire Guy Turcotte. Heureusement pour lui, Sylvain Harvey affirme être parvenu à «vivre avec» la vision d’horreur, même s’il doit occasionnellement se la remémorer. 

 Il note que dans le cadre de l’enquête sur Guy Turcotte, son supérieur de l’époque, Martin Prud’homme, lui avait offert de consulter un psychologue. 

 «Je lui ai répondu que je n’en avais pas besoin, se rappelle-t-il. Si j’ai à en parler, je vais le faire, je n’ai aucune difficulté.» 

 Peu de temps après la conclusion de l’enquête sur l’ex-cardiologue, des consultations chez le psychologue plusieurs fois par année sont devenues obligatoires pour les policiers travaillant aux crimes contre la personne de la Sûreté du Québec. 

 Si vous avez besoin d'aide 

 Ligne québécoise de prévention du suicide 

 www.aqps.info 

 1-866-APPELL E (277-3553) 

 Jeunesse, J’écoute 

 www.jeunessejecoute.ca 

 1-800-668-6868 

 Tel-Jeunes 

 www.teljeunes.com 

 1-800-263-2266