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Garda veut dominer le monde, mais avec un nouveau partenaire

Son fondateur, le Québécois Stéphan Crétier, deviendra sous peu milliardaire

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 Pour la troisième fois en sept ans, la firme de sécurité montréalaise GardaWorld change d’actionnaire majoritaire. En incluant sa dette de 2,7 milliards $, l’entreprise vaut désormais 5,2 milliards $. Résultat : son fondateur, Stéphan Crétier, sera bientôt milliardaire.  

 

 « Pour le petit cul de Saint-Vincent-de-Paul, participer au plus gros rachat privé d’entreprise de l’histoire canadienne, ce n’est pas mal », a confié mardi au Journal M. Crétier à partir de Dubaï, où il réside.  

 

 Le nouvel actionnaire de contrôle de Garda est la firme d’investissement britannique BC Partners, qui détiendra 51 % de l’entreprise. BC prendra le relais de la firme américaine Rhône Capital, qui a acquis 61 % de Garda en 2017. Rhône avait elle-même remplacé la firme britannique Apax Partners, qui avait acheté 70 % de Garda à la fin de 2012. 

Stéphan Crétier, qui est âgé de 55 ans, a fondé GardaWorld en 1995 avec un investissement initial de 25 000 $.
Photo courtoisie
Stéphan Crétier, qui est âgé de 55 ans, a fondé GardaWorld en 1995 avec un investissement initial de 25 000 $.

 

 Lorsque la transaction sera conclue avec BC Partners, Stéphan Crétier possédera 43 % de Garda, une participation valant 1,1 milliard $. D’autres dirigeants détiendront environ 6 % de l’entreprise.  

 

 Dix fois plus riche en sept ans  

 

 En quelques années à peine, la fortune de l’homme d’affaires a explosé. Au moment de la transaction avec Apax, ses intérêts d’environ 25 % dans Garda valaient un peu plus de 91 millions $.  

 

 L’infidélité des partenaires financiers de Garda n’est-elle pas un signe d’instabilité de l’entreprise ? « Au contraire, c’est un signe de succès », rétorque M. Crétier.  

 

 « Rhône, ils s’en vont parce qu’à un certain moment donné, ils avaient fait trop d’argent ! » lance-t-il.  

 

 « Les firmes d’investissement privé disent toujours qu’elles vont rester de cinq à sept ans parce qu’elles cherchent un rendement de 15 % à 20 % par année, explique-t-il. Nous, on a offert un rendement annuel de plus de 30 % depuis 2013. »  

 

 L’entrepreneur de 55 ans n’a pas cru bon de solliciter les grands investisseurs québécois comme la Caisse de dépôt.  

 

 Pas de retour en Bourse  

 

 En outre, l’idée de retourner en Bourse ne lui a pas effleuré l’esprit un seul instant.  

 

 « J’ai adoré être le PDG d’une entreprise cotée, mais soyons honnête, avec l’abondance de capitaux qu’il y a dans les firmes d’investissement privé – ça déborde, ils ne savent plus quoi faire avec –, c’est certain que c’était la seule solution possible. Il y avait une abondance d’offres et il ne nous restait qu’à choisir le partenaire qui avait, selon nous, le meilleur fit culturel. »  

 

 L’ancien arbitre de baseball assure que Garda n’en est encore qu’à la 3e manche.  

 

 « Quand James Bond est assis avec Dr. No, que Dr. No lui explique ce qu’il veut faire et que James Bond lui répond : “Ah, la domination mondiale...” Eh bien, c’est exactement la philosophie qu’on a ici. Ce qu’on veut, c’est mener le monde. »  

 GardaWorld en bref  

  •  Revenus de 3 G$ en 2018 
  •  Perte nette de 220 M$ en 2018 
  •  12 000 employés au Québec, dont 1300 au siège social de Montréal 
  •  Deux des six plus hauts dirigeants de l’entreprise résident au Québec