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Hantée par les blessures

Françoise Abanda veut retrouver la santé et son niveau de jeu

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photo COURTOISIE, Sarah-Jäde Champagne Françoise Abanda n’est pas tout à fait remise de la blessure à l’épaule qui l’a ennuyée au cours des derniers mois.

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GRANBY | Il y a 14 mois à peine, Françoise Abanda occupait le 128e rang mondial à la WTA tout en étant surtout la joueuse la mieux classée au Canada devant Eugenie Bouchard (165e).

Mais c’est avant de connaître une mauvaise période et de subir l’hiver dernier une blessure à l’épaule droite qui est revenue la hanter pas plus tard que la semaine dernière à son retour sur les courts de tennis.

Aujourd’hui, la Montréalaise de 22 ans a glissé à la 260e place, devancée par ses compatriotes Bianca Andreescu (24e), Bouchard (114e), Rebecca Marino (162e) et Katherine Sebov (207e).

L’impasse sur l’Australie

Pendant qu’Andreescu entamait sa progression vertigineuse, Abanda, elle, a choisi de participer à des tournois de moindre importance en sol nord-américain et surtout de faire l’impasse sur les

Internationaux d’Australie en début de saison, où elle devait passer par la douloureuse étape des qualifications.

« Par cette décision, je voulais enchaîner plus de matchs », a-t-elle expliqué mardi en entrevue au Journal de Montréal, à l’aube de son premier match au Challenger de Granby.

Abanda s’est bien comportée au cours de quatre compétitions de l’ITF, en atteignant notamment la finale à Daytona, en janvier.

C’est en représentant son pays à la Fed Cup, le mois suivant aux Pays-Bas, que tout a basculé pour elle.

À la Coupe Fed

Pendant son match sur terre battue, qu’elle a remporté contre Aranxta Rus, son malaise à l’épaule, qu’elle avait déjà ressenti dans le passé, a réapparu.

Au début de mars, Abanda s’est inscrite à une compétition à Acapulco, au Mexique, mais elle a baissé pavillon à son premier match contre l’Américaine Maria Sanchez (alors 365e mondiale) en trois manches.

On ne l’a plus revue pendant près de quatre mois avant son retour, la semaine dernière à Gatineau, où elle a atteint la demi-finale.

Malheureusement, elle a dû abandonner sa rencontre qui l’opposait à la jeune sensation Leylah Annie Fernandez à la deuxième manche.

Elle tirait alors de l’arrière 1-5, non sans avoir remporté le premier (6-3) set, avant de rendre les armes.

Au pied aussi

« J’ai renoncé à Gatineau car mon épaule n’est pas guérie à 100 pour cent, a-t-elle déclaré. Je ne voulais pas prendre de risque. Mais ça s’en vient. C’est mieux que c’était. Je ne suis pas encore apte à servir à ma force maximale. Je fais un peu attention. C’est ma deuxième blessure au même endroit.

« Ce n’est pas évident d’être contrainte à l’inactivité aussi longtemps. J’ai aussi une autre vieille blessure (fracture de stress au pied droit cette fois) qui est aussi venue m’affecter récemment.

« Comme à Gatineau, le tournoi de Granby est un autre bon test pour savoir où je suis rendue, a-t-elle poursuivi. J’ai fait une pause de deux jours et j’ai repris l’entraînement aujourd’hui (mardi). Je me sens bien.

« J’y vais un match à la fois en souhaitant que mon corps tienne le coup. »

Abanda: «Sans entraîneur, tes performances sont affectées»

Que s’est-il passé entre mai 2018 et juillet 2019, à part évidemment sa blessure cet hiver, pour que Françoise Abanda perde 132 places au classement de la WTA ?

« Je n’ai pas défendu mes points, c’est aussi simple que ça, répond-elle. Il faut gagner des matchs.

« Si j’avais un entraîneur, les choses se seraient probablement passées différemment. Mais Tennis Canada ne me supporte plus financièrement », prétend-elle.

Une entente pour chacune

On constate ici à Granby que les joueuses canadiennes ont toutes un entraîneur pour les appuyer.

« Elles ont chacune une entente, déclare Abanda. On ne m’a rien offert, dit-elle. Je suis indépendante et je m’entraîne avec d’autres joueuses. Avec un meilleur encadrement, j’imagine que les choses se passeraient autrement. »

On l’a vue mardi échanger des balles avec la Japonaise Mayo Hibi.

« Sans entraîneur, tes performances sont affectées et ça crée beaucoup d’instabilité. Pour livrer la marchandise sur le terrain, il faut être bien préparé.

« C’est dur de s’adapter. Je me laisse quand même un peu de temps pour atteindre un bon niveau de jeu. Ça ne sert à rien de précipiter les choses. »

Toronto dans la mire

Abanda souhaite évidemment participer à la Coupe Rogers, qui aura lieu à Toronto dans deux semaines.

« Si je suis en santé, je vais jouer à Toronto », affirme-t-elle.

Or, elle devra attendre la décision de Tennis Canada.

« Toutes les Canadiennes ont besoin des invitations, à part Bianca Andreescu, souligne-t-elle. Mais j’ai toujours eu des invitations.

« S’agit de savoir si ce sera pour le tableau principal ou l’étape des qualifications. Je n’ai aucune idée pour l’instant. »

À Montréal l’an dernier, elle avait battu d’entrée (6-3 et 6-2) la Belge Flipkens Kirsten (alors 47e mondiale) avant de s’incliner au deuxième tour devant l’Américaine Sloane Stephens (3e) en deux manches de 6-0 et 6-2.

♦ Dossier clos : Abanda a fait les manchettes l’an dernier lorsqu’elle a envoyé sur son compte Twitter un message affirmant qu’elle ne bénéficiait pas de la même attention qu’Eugenie Bouchard en raison de la discrimination dont elle se sentait victime. « Je ne veux plus parler de cette situation, c’est du passé », conclut-elle.