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La canicule s’installe sur l’Europe, 41°C à Paris

La canicule s’installe sur l’Europe, 41°C à Paris
AFP

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Paris | Bidons d’eau supplémentaires pour les coureurs du Tour de France, alerte orange aux Pays-Bas, records attendus en Allemagne ou au Royaume-Uni: une canicule brève, mais intense s’est installée mardi sur l’Europe du Nord-ouest, faisant craindre le renforcement d’une sécheresse déjà sévère. 

37, 40, 41, voire 42 ou 43 degrés Celsius: les températures devraient progressivement grimper jusqu’à jeudi et ne pas reculer avant vendredi sur l’ensemble de l’Europe occidentale, sud excepté, selon les prévisions météorologiques.  

En France, plusieurs régions sont sous alerte canicule, excepté le sud-est et l’extrême nord-ouest. Le record national de température ne devrait pas être dépassé : il avait été battu fin juin avec 46°C dans le sud. Mais des records locaux vont tomber, comme à Bordeaux, dans le sud-ouest, où le précédent plus haut est de 40,7°C (en 2003). 

Paris devrait particulièrement être touché, le record absolu de chaleur devant y être battu jeudi avec 41°C. Le précédent plus haut date de 1947 avec 40,4°C. 

La capitale française a ainsi adopté le plan canicule de niveau 3, sur une échelle qui en compte 4. Ce plan prévoit l’ouverture de «salles rafraîchies» dans les équipements publics, ainsi que l’installation de fontaines temporaires et brumisateurs et une série de mesures destinées plus particulièrement aux seniors, grandes victimes de la canicule de l’été 2003 qui avait fait 15.200 morts en France. 

D’autres villes européennes ont adopté des mesures similaires. Ainsi Vienne, en Autriche, a soutenu le développement d’une nouvelle application baptisée «City oases», qui permet aux urbains de localiser sur une carte les zones propices au «rafraîchissement», qu’il s’agisse d’espaces verts, de baignade, de miroirs d’eau... 

Les coureurs du Tour de France vont eux aussi bénéficier de mesures spécifiques, comme la multiplication des points de ravitaillement et des distributions de bidons d’eau - jusqu’à trois par heure par coureur, soit 1,5 litre. 

Autre victime de la canicule, l’opérateur français de l’électricité EDF est contraint d’arrêter cette semaine les deux réacteurs nucléaires de la centrale de Golfech (sud-ouest).  

Déficit pluviométrique

«On attend des records de chaleur sur le Benelux» autour de 40°C, «peut-être même en Allemagne», a indiqué à l’AFP le prévisionniste de Météo-France, François Jobard. 

Dans ce dernier pays, le mercure atteindra dans les prochains jours les 41°C dans la région de Cologne et la Sarre et devrait en effet battre le record absolu de 40,3°C, datant de 2015, confirme l’agence météo allemande DWD.  

Le Royaume-Uni pourrait lui aussi franchir «des records non seulement pour juillet, mais également historiques», indique Paul Gundersen, prévisionniste en chef au Met Office. Les 37°C devrait être atteints jeudi dans le sud-est de l’Angleterre, dépassant le record pour juillet (36,7°C) et s’approchant du plus haut historique (38,5°C en août 2003). 

L’ensemble de la Belgique a été placée en alerte, excepté la côte, tout comme les Pays-Bas, en alerte «orange», mis à part les îles les plus septentrionales. Le gouvernement néerlandais a en conséquence mis en place le «plan national chaleur» qui comprend une série de règles à suivre dans les hôpitaux et les maisons de retraite notamment. 

Cette canicule - la deuxième en moins d’un mois après celle de fin juin - accentue les craintes d’une sécheresse drastique à venir.  

Déjà en France, 73 départements, sur un total de 101, ont dû instaurer des restrictions d’eau. La sécheresse «va accentuer l’assèchement des sols superficiels», avertit Météo-France, alors que de nombreuses régions connaissent déjà un «déficit de pluviométrie marqué» depuis un an. 

Pour aider les agriculteurs, la France va demander le versement anticipé d’une partie des aides européennes, soit une avance de trésorerie d’un milliard d’euros. 

Tandis que les signes du dérèglement climatique se multiplient en 2019, cette dernière canicule en date coïncide avec la venue en France de l’égérie suédoise de la lutte contre le réchauffement, Greta Thunberg.  

L’adolescente de 16 ans, qui doit intervenir mardi à l’Assemblée nationale, chambre basse du Parlement français, trouvera là un argument bien concret pour tenter de convaincre les députés que la planète est en danger.