/news/provincial
Navigation

L’église Saint-Sacrement fermée pour des raisons de sécurité

La dégradation des deux clochers, qui pourraient s’effondrer, fait partie des causes de la fermeture

Les problèmes structurels de l’église du Très-Saint-Sacrement, à Québec, sont si graves qu’ils ne permettent plus le maintien des activités dans un cadre sécuritaire.
Photo Stevens LeBlanc Les problèmes structurels de l’église du Très-Saint-Sacrement, à Québec, sont si graves qu’ils ne permettent plus le maintien des activités dans un cadre sécuritaire.

Coup d'oeil sur cet article

L’église du Très-Saint-Sacrement est fermée jusqu’à nouvel ordre, en raison de problèmes structurels importants qui pourraient même sonner le glas du bâtiment.

C’est le dépôt d’un nouveau rapport sur l’état du bâtiment qui a mené à cette décision que le curé Gérard Busque a qualifiée de « gros coup venu plus vite que prévu ».

Les problèmes structurels sont si graves qu’ils ne permettent tout simplement plus le maintien des activités de l’église dans un cadre sécuritaire. L’église et son stationnement sont donc fermés jusqu’à nouvel ordre.

Les problèmes structurels de l’église du Très-Saint-Sacrement, à Québec, sont si graves qu’ils ne permettent plus le maintien des activités dans un cadre sécuritaire.
Photo Stevens LeBlanc

Au-delà des problèmes déjà connus et qui nécessitent des travaux d’environ 3 M$, d’autres tuiles s’abattent sur la fabrique. Les deux imposants clochers de l’église se détériorent rapidement, puis la cheminée aussi, tout comme plusieurs fenêtres et le mortier des murs.

« Il y a un danger qui est là, et, qu’il soit minime ou grand, on doit agir. Avec les clochers et la cheminée, c’est très fragilisé », explique Georges Michel Parent, directeur administratif de la Paroisse Bienheureuse-Dina-Bélanger, ajoutant qu’un effondrement de l’une ou l’autre des structures est possible.

Seulement pour sécuriser les deux clochers, le rapport remis à la fabrique fait état de travaux de l’ordre d’au moins 300 000 $. « Et on parle juste de sécurisation », insiste M. Parent.

Les problèmes structurels de l’église du Très-Saint-Sacrement, à Québec, sont si graves qu’ils ne permettent plus le maintien des activités dans un cadre sécuritaire.
Photo Stevens LeBlanc

Fermeture définitive ?

La durée de la fermeture est pour l’instant indéterminée, mais le père Busque ne se fait pas d’illusions. C’est peut-être la fermeture définitive de l’église du Très-Saint-Sacrement qu’il a annoncée, mardi, si jamais aucun financement n’était trouvé.

« C’est l’une des possibilités, la fermeture définitive. Mais on verra dans le futur », se contente d’affirmer le curé, rappelant que l’église était toujours en vente. « Ce qu’on attend, c’est un acquéreur qui répondra à nos demandes. Pour le reste, il fera ce qu’il pourra avec [l’église]. »

D’ici là, la paroisse n’a pas les fonds nécessaires pour entreprendre des travaux. Questionné sur ce qu’il y a de disponible dans les coffres pour le chantier du Très-Saint-Sacrement, le curé Busque l’admet sans détour : « Il n’y en a pas assez pour faire face à ces dépenses. C’est évident. »

Et quant à la possibilité de voir le gouvernement être tenté de sauver le bâtiment, la fabrique ne se fait pas de faux espoirs. « On n’en est pas à ce niveau. Est-ce qu’on va y aller d’une rénovation complète, je ne pense pas », affirme Georges Michel Parent.

Les problèmes structurels de l’église du Très-Saint-Sacrement, à Québec, sont si graves qu’ils ne permettent plus le maintien des activités dans un cadre sécuritaire.
Photo Stevens LeBlanc

Pas patrimoniale pour la Ville

L’église avait été mise en vente l’an dernier puisque la fabrique ne pouvait plus assumer les importants coûts de rénovation, qui devaient assurer la survie de l’édifice.

Le conseiller municipal Yvon Bussières, lequel est également marguillier au conseil de la fabrique de la paroisse, avait déposé une demande pour que l’église soit reconnue comme un lieu patrimonial par la Ville de Québec, une idée rejetée par l’administration Labeaume.

Les problèmes structurels de l’église du Très-Saint-Sacrement, à Québec, sont si graves qu’ils ne permettent plus le maintien des activités dans un cadre sécuritaire.
Photo Stevens LeBlanc

« Ce sont des églises, ça regarde le diocèse, la fabrique, ça ne regarde pas la Ville de Québec », avait affirmé le maire.

Chronologie des événements

1924

Ouverture de l’église au coin du chemin Sainte-Foy et de la côte Saint-Sacrement après quatre années de construction.

22 mai 2017

Une partie de la façade ouest s’affaisse en pleine messe, forçant l’évacuation d’une trentaine de personnes. L’effondrement est attribué à une infiltration d’eau.

20 juillet 2017

Pour une deuxième fois en deux mois, une section de la façade ouest s’effondre, alors que 12 tonnes de pierre se détachent de la structure. Des travaux d’urgence doivent être exécutés. Dans les mois suivants, près de 800 000 $ sont déboursés pour solidifier la façade et les deux clochers.

22 février 2018

La possibilité d’une démolition est évoquée dans l’éventualité où la paroisse ne parvienne pas à amasser les quelque 3 M$ nécessaires à la réfection de l’église.

26 novembre 2018

Durant la messe, le père Gérard Busque annonce aux paroissiens que l’église sera mise en vente dans les mois subséquents, estimant que le bâtiment restera viable pour encore « trois à cinq ans ».

Le même jour, le maire Régis Labeaume écarte toute possibilité d’implication de la Ville de Québec pour sauver le lieu de culte.

23 juillet 2019

L’église du Très-Saint-Sacrement ferme indéfiniment pour des raisons de sécurité, plusieurs infrastructures se trouvant dans un piteux état.

* L’église ne jouit d’aucune protection patrimoniale de la Ville de Québec ou du ministère de la Culture.