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Libération coûteuse pour un meurtrier présumé

L’accusé devra payer 540$ par mois pour son bracelet électronique

Nadia Panarello.
Décédée
PHOTO COURTOISIE Nadia Panarello. Décédée

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Un Montréalais arrêté récemment en lien avec un meurtre commis il y a 15 ans pourra attendre son procès chez lui plutôt que derrière les barreaux à condition de porter un coûteux bracelet de surveillance électronique en tout temps.

Moins de deux semaines après avoir été épinglé par la police de Laval pour l’assassinat de sa femme, Ernesto Fera a obtenu l’autorisation d’un juge pour recouvrer provisoirement sa liberté.

L’homme de 53 ans a fait un bref passage devant la Cour supérieure mardi, au palais de justice de Laval.

Le juge Alexandre Boucher, qui officiait par visioconférence, lui a alors lu la longue liste de conditions sur laquelle les avocats de la Couronne et de la défense s’étaient préalablement entendus.

Écoute attentive

Debout dans le box vitré des accusés, vêtu d’un t-shirt gris et les menottes aux mains, Fera a écouté attentivement le magistrat, jetant parfois un regard à sa fille aînée assise au premier rang.

Le quinquagénaire est inculpé du meurtre prémédité de sa conjointe Nadia Panarello. Le crime aurait eu lieu dans la résidence du couple, à Laval, le 12 février 2004, d’après la dénonciation.

L’accusé et la victime de 38 ans avaient deux filles, âgées de 10 et 14 ans à l’époque.

Si Fera était dans la mire des enquêteurs depuis la découverte du corps, il aura fallu 15 ans afin d’amasser suffisamment de preuves pour l’arrêter.

Bien que le père de famille puisse retourner chez lui pendant les procédures judiciaires, il ne sera pas entièrement libre de ses mouvements.

Fera a dû remettre son passeport et s’engager à ne pas quitter la province, à moins d’avoir obtenu l’autorisation de la cour.

Il a également dû déposer une hypothèque légale de 150 000 $ sur sa résidence du quartier Ahuntsic, à Montréal. Il ne devra ni déménager ni changer d’emploi sans en aviser le tribunal.

Coûteux bracelet

La condition la plus restrictive est sans doute le port d’un bracelet électronique de surveillance en tout temps.

Le dispositif de cheville devrait lui être installé mercredi, a confirmé Stephen Tan, cofondateur de la compagnie Recovery Science Corporation (RSC), basée en Ontario.

Fera devra débourser entre 250 et 450 $ pour la pose du bracelet et 540 $ par mois en frais d’utilisation.

« Il y a une surveillance 24/7 [par géolocalisation]. Si le bracelet est enlevé, nous appelons la police en cinq minutes », a expliqué M. Tan au Journal, ajoutant que RCS suit actuellement 25 personnes au Québec.

Si le dispositif connaît une défectuosité quelconque, l’accusé est tenu d’aviser lui-même la police de Laval et de se constituer prisonnier si le problème perdure au-delà de 30 minutes.