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Moins que l’inflation?

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Le rendement moyen des portefeuilles des investisseurs ne s’améliore pas. Malgré une croissance spectaculaire de 335 % de l’indice boursier S&P500 depuis 2009, la croissance des avoirs des particuliers traîne de la patte.

L’analyse de performance au 30 juin des différentes catégories de placement par JPMorgan Chase a de quoi décourager ceux qui se vouent corps et âme à l’éducation des investisseurs. Ces derniers ne semblent rien retenir des leçons de base en finance.

Au cours des 20 dernières années, on a calculé que le rendement moyen annuel composé des investisseurs n’a été que de 1,9 %. Celui qui aurait placé 100 000 $ en juillet 1999 possède donc aujourd’hui un portefeuille qui vaut 145 708 $.

Pendant ce temps, l’inflation a été de 2,2 %. Les investisseurs ont ainsi réalisé des rendements moindres que l’inflation.

Concrètement, ce qui coûtait 100 000 $ il y a 20 ans coûte 154 531 $ en 2019. Les investisseurs se sont donc appauvris de 8823 $.

L’art de s’appauvrir

Au cours des deux dernières décennies, les actions américaines ont connu une croissance moyenne de +5,6 % par an. Un portefeuille équilibré (60 % actions et 40 % obligations) de 100 000 $ a rapporté 5,2 % par an et vaut 275 622 $. Soit 130 000 $ de plus que notre investisseur moyen.

Qu’est-ce qui explique cet écart ? Jamais les épargnants n’ont eu autant d’outils, de produits, de sites web et de ressources pour mieux gérer leurs finances. Jamais dans l’histoire de la finance les frais de gestion n’ont été aussi faibles... et cela durant l’une des périodes les plus fastes de l’histoire.

Mais si les frais ne sont pas en cause, de quoi s’agit-il alors ?

Il y a plusieurs explications à ce piètre résultat. Ce qui est flagrant : l’investisseur moyen se décide à entrer dans le marché lorsque le prix des actions est très élevé, et il vend dans les périodes de baisses. Tout le contraire du gros bon sens.

Jamais on ne le répétera suffisamment, la performance d’un portefeuille s’explique dans cet ordre:

  • Le comportement de l’investisseur
  • L’effet des taxes et impôts
  • La répartition judicieuse des actifs
  • Les frais

Pour ne rien laisser au hasard ou à la merci de ses émotions, l’investisseur a besoin d’un plan. Une étude de 2011 (www.nber.org/papers/w17078.pdf) du Bureau national en recherche économique de Cambridge au Massachusetts démontrait que les familles ayant un véritable plan financier ont une valeur nette moyenne d’un million de dollars, comparativement à 340 000 $ pour celles qui improvisent la gestion de leur patrimoine sans objectifs précis.

Fabien Major est planificateur financier et conseiller chez Major Gestion Privée inc. succursale de Gestion de patrimoine Assante ltée à Outremont.

Rappels

  • Sans plan financier « sur papier », vous voguez sur les marchés sans destination
  • En laissant vos émotions vous guider, vous ralentissez la croissance de votre patrimoine
  • En négligeant la planification fiscale, vous envoyez trop d’argent à « François » et à « Justin »
  • Sans répartition stratégique, vous manquez de belles opportunités
  • Viser des rendements à court terme nuit à votre performance à long terme