/sports/others
Navigation

Championnats canadiens d'athlétisme: un record à qui le veut

La marque de 9,84 s de Bruny Surin subsiste depuis 20 ans

Figure marquante de l’histoire canadienne du 100 m, Bruny Surin voit en Andre De Grasse le nouveau candidat au potentiel d’effacer son record de 9,84 s qui subsiste depuis 20 ans.
Photo courtoisie, Carlos Guerra Figure marquante de l’histoire canadienne du 100 m, Bruny Surin voit en Andre De Grasse le nouveau candidat au potentiel d’effacer son record de 9,84 s qui subsiste depuis 20 ans.

Coup d'oeil sur cet article

Si des prétendants rôdent autour de son record canadien qui résiste depuis 20 ans, Bruny Surin n’a jamais été du genre protecteur jaloux. Toute offre jugée sérieuse sera acceptée pour qu’il s’éclipse de l’histoire.

Le match attendu entre Andre De Grasse et Aaron Brown, en finale de l’épreuve du 100 m de demain soir aux championnats canadiens d’athlétisme, ravive l’intérêt pour le record de 9,84 s de Surin.

Cette marque demeure figée dans les archives d’Athlétisme Canada depuis le 22 août 1999 et, même si la rencontre à Montréal ne comporte pas la profondeur propice à surexciter le chrono, chaque nouvelle occasion de la chatouiller pique la curiosité.

« Je serais content si ça arrivait aux championnats canadiens. Ce serait à Montréal et au centre Claude-Robillard, qui était ma deuxième maison à une certaine époque. Ce serait le fun de voir quelqu’un courir encore dans les 9,8 s », concède Surin, auteur de la meilleure performance sur cette piste en 9,89 s et qui agit comme ambassadeur de l’événement.

Pas d’attachement

De Grasse, émergeant sur la scène internationale avec sa médaille de bronze aux Jeux olympiques de Rio en 9,91 s, se propose comme le plus sérieux candidat à pulvériser la marque du Montréalais.

Le sprinteur natif de Scarborough est descendu sous les 10 s (9,99 s) pour la première fois de la saison, en fin de semaine dernière à la Diamond League de Londres, signifiant le retour de sa forme après deux années marquées par des blessures.

La touche historique de Surin colle depuis les championnats du monde de 1999 à Séville, où il avait terminé deuxième derrière l’Américain Maurice Green, gagnant en 9,80 s.

Ce soir-là, le Québécois était devenu copropriétaire du record de 9,84 s avec Donovan Bailey, qui avait filé à la même vitesse lors de sa victoire aux Jeux d’Atlanta trois ans plus tôt.

Le temps file aussi et l’homme âgé aujourd’hui de 52 ans se conditionne depuis plusieurs années à la possibilité de voir un jour son record s’envoler.

« Pour dire franchement, je n’y ai jamais été attaché. Lorsque tu fais un record, c’est le fun, mais dès que j’ai pris ma retraite en 2003, j’ai toujours encouragé la jeunesse à aller le chercher. Même lorsque le champion canadien était Nicolas Macrozonaris, j’étais son conseiller et je le poussais à l’entraînement pour qu’il parvienne à battre ce record », rappelle-t-il.

« J’ai très hâte de voir le prochain Canadien qui va le battre. Mon seul souhait, c’est d’être présent lors de cette course. C’est spectaculaire quand tu le vois à la télévision, mais c’est encore plus impressionnant quand tu le vois sur place. »

Son rêve ultime

Si sa signature de 9,84 s devait disparaître, rien n’effacera le sentiment que Surin avait éprouvé le soir de sa réussite durant cette chaude soirée andalouse.

« Je flottais sur un nuage. Sans exagérer, ça m’a pris un bout de temps à réaliser que c’était le même record canadien que Donovan à 9,84 s, mais j’ai surtout réalisé mon rêve ultime de courir plus vite que celui qui était mon idole à l’époque, Carl Lewis. Ça devenait la meilleure marque (canadienne) de tous les temps et mon 9,84 s passait devant le 9,86 s de Lewis. Je l’ai encore frais dans ma mémoire », rappelle le champion olympique de 1996 au relais 4 X 100 m.

De Grasse ou un autre. Où se trouve celui qui le poussera pour de bon vers la sortie ?

 

Mondiaux : 2 candidats en lice

Pour observer des Québécois susceptibles de se qualifier pour les championnats du monde d’athlétisme, il semble qu’il faudra concentrer notre intérêt vers la piste plutôt que sur la pelouse durant les prochains jours.

Avec plus de précision, c’est dans les épreuves de demi-fond que se trouvent les meilleures chances : Jean-Simon Desgagnés de Québec (3000 m steeple) et Maïté Bouchard de Sherbrooke (800 m).

Ces deux athlètes se proposent comme les plus susceptibles de réussir leur standard individuel obligatoire afin de s’élancer aux mondiaux à Doha, au Qatar, du 27 septembre au 6 octobre.

Si la date limite pour réaliser le critère est fixée au 24 août, les championnats canadiens à Montréal révèlent aussi leur importance puisqu’ils devront monter sur le podium pour se rendre admissibles à l’un des trois postes au maximum par épreuve et par pays aux mondiaux.

« Ce sera un bon défi pour eux parce qu’il y a de bons athlètes de niveau international dans leur épreuve. Faire le standard est un défi, mais finir dans le top 3 aussi », expose Félix-Antoine Lapointe, entraîneur-chef de l’équipe du Québec.

3000 m relevé

Desgagnés s’est approché à 10 centièmes du critère de 8 min 29 s lors d’une compétition en Californie, au mois de mai.

Quatrième aux Jeux mondiaux universitaires la semaine dernière, il verra d’autres occasions envisagées en Europe pour l’aider à atteindre ce standard durant le prochain mois, au cas où sa course de ce soir à Montréal se joue davantage en stratégie qu’en performance.

Entre-temps, il devra composer avec l’Ontarien Matt Hughes, jugé dans une classe à part en vertu de son 10e rang aux Jeux de Rio, ainsi qu’avec deux jeunes coureurs ambitieux en Ryan Smeeton (standard réussi à 8 min 27,90 s) et John Gay (8 min 30,89 s).

Grosse commande

Au 800 m, Maïté Bouchard ne l’aura pas gratuitement non plus. Sa meilleure marque de l’année à 2 min 1,25 s la laisse en deçà du standard de 2 min 00,60 s.

La qualité des concurrentes pourrait favoriser des chronos rapides, mais avec la conséquence de rendre le podium plus sélectif.

Une élite se bousculera aux portes : Melissa Bishop-Nriagu, 4e aux Jeux de Rio et de retour dans le coup après avoir donné naissance à une petite fille il y a un an ; Lindsay Butterworth (2 min 00,31 s) et Jenna Westaway (2 min 01,61 s).