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Le retour des nouvelles à V?

Avant l’abolition des salles de nouvelles de TQS en 2008, Jean-Luc Mongrain, Esther Bégin et Michel Gauthier menaient son équipe en information et proposaient des bulletins de nouvelles quotidiens.
Photo d’archives Avant l’abolition des salles de nouvelles de TQS en 2008, Jean-Luc Mongrain, Esther Bégin et Michel Gauthier menaient son équipe en information et proposaient des bulletins de nouvelles quotidiens.

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L’acquisition de V par Bell marquera-t-elle le grand retour des nouvelles en bonne et due forme à son antenne ? C’est une exigence qui pourrait coûter cher, affirment les experts.

Onze ans après l’abolition des salles de nouvelles de V (anciennement TQS), son acquisition par Bell fait renaître chez certains l’espoir d’une relance des véritables bulletins d’information sur ses ondes.

En effet, grâce aux studios montréalais de CTV, sa chaîne généraliste de langue anglaise, Bell possède les infrastructures nécessaires pour permettre une telle reprise.

Exigences du CRTC

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec applaudirait la création d’une salle de rédaction.

« Dans une société, plus les sources d’information sont diversifiées, plus le public est gagnant», déclare son vice-président, Jean-Thomas Léveillé.

Député du Parti conservateur du Canada, Gérard Deltell partage cet avis.

« Comme ancien journaliste, je souhaite que V puisse avoir une salle des nouvelles. Bell a les reins beaucoup plus solides que quiconque au Canada ».

À l’heure actuelle, pour respecter ses conditions de licence du CRTC, qui imposent un minimum de « 2 heures 30 minutes de nouvelles locales », V diffuse chaque jour à 6 h et 23 h NVL, un bulletin d’info produit à l’externe.

Le CRTC pourrait décider de resserrer cette exigence en forçant la création d’une salle de nouvelles avant d’accepter la transaction annoncée entre Bell et V.

Embauche de journalistes ?

Selon certains observateurs du milieu, il serait toutefois surprenant qu’une telle éventualité se concrétise, question de rentabilité.

« Avoir une vraie salle de rédaction, avec des vidéastes, des journalistes, des recherchistes, des réalisateurs et des techniciens, ça coûte extrêmement cher », indique Patrick White, professeur à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal.

Même son de cloche du côté d’Alain Saulnier, professeur invité au Département de communication de l’Université de Montréal. « Je n’ai pas l’impression qu’on est en train d’assister à la résurgence d’une salle de nouvelles comme on a connu dans le passé, déclare l’ex-directeur de l’information à Radio-Canada en entrevue au Journal. Pourquoi est-ce que Bell déciderait d’investir 1 million $ pour une salle de nouvelles quand les moins de 35 ans n’écoutent plus la télévision généraliste ? »

Selon eux, il faut réduire les attentes et oublier la belle époque du Grand Journal de TQS.

« Ça pourrait être quelque chose d’un peu plus petit et compact, estime Patrick White. Bell semble avoir plus à cœur l’information que Groupe V Média. Si ça peut mener à l’embauche d’une dizaine de jeunes journalistes au Québec, tant mieux. »

Télé et radio

Les opposants à la transaction craignent qu’en acquérant V et Noovo.ca, Bell perturbe le marché en devenant un trop gros joueur dans le marché des médias au Québec. En plus de posséder plusieurs chaînes télé spécialisées (Canal Vie, Z, VRAK, Investigation, Canal D, RDS), le géant des télécommunications détient de nombreuses stations de radio, comme Rouge et Énergie.

Le CRTC et le Bureau de la Concurrence du Canada devront maintenant évaluer si Bell n’occupera pas une trop grande place au Québec avec la transaction.

Réactions des Producteurs

Par ailleurs, la transaction annoncée est vue d’un bon œil du côté des producteurs des émissions phares de V.

« Bell a la vision, les moyens et l’expertise via ses équipes d’amener V très loin », indique Guillaume Lespérance, qui produit Un souper presque parfait.

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