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Toronto brille, Montréal agonise

L’écart n’a jamais paru aussi grand entre les deux festivals du film

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Pendant qu’à Montréal, le Festival des films du monde agonise, à Toronto, le TIFF continue de prospérer. À preuve, la Ville Reine accueillera en septembre les plus grandes vedettes hollywoodiennes, sans compter le nouveau long métrage en anglais du réalisateur québécois François Girard.

<i>The Song of Names</i> de François Girard.
Photo courtoisie
The Song of Names de François Girard.

 

Dévoilée 24 heures après l’annonce de l’annulation de l’édition 2019 du FFM, la programmation 5 étoiles du Festival international du film de Toronto apparaît comme une gifle supplémentaire au visage du rendez-vous montréalais. D’un côté, la métropole ontarienne recevra Jennifer Lopez (Hustlers), Tom Hanks (A Beautiful Day in the Neighborhood), Meryl Streep (The Laundromat), Nicole Kidman (The Goldfinch), Hugh Jackman (Bad Education), Joaquin Phoenix (Joker) et Matt Damon (Ford V Ferrari) ; de l’autre, la métropole québécoise recevra... (insérer des bruits de criquets)

Nicole Kidman dans <i>The GoldFinch</i>.
Photo courtoisie
Nicole Kidman dans The GoldFinch.

« On a manqué le bateau »

En entrevue au Journal pour commenter la sélection torontoise de The Song of Names, son plus récent film anglophone mettant en vedette Tim Roth et Clive Owen, François Girard est catégorique : le piétinement des festivals de cinéma à Montréal a assez duré. Le cinéaste souhaite qu’un geste politique soit posé pour donner à Montréal « un festival qui a de l’allure ».

Matt Damon dans <i>Ford V Ferrari</i>.
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Matt Damon dans Ford V Ferrari.

« On a manqué le bateau il y a quelques années, quand on aurait pu construire un festival complémentaire à celui de Toronto, observe le réalisateur du Violon rouge (1998) et d’Hochelaga, terre des âmes (2017). Le TIFF, c’est devenu un incontournable. C’est le deuxième plus grand marché du cinéma au monde, après Cannes. C’est énorme. Pour exister à Montréal, il faut viser la complémentarité. »

Même son de cloche du côté de Marcel Jean, qui dirige la Cinémathèque québécoise. « Ce qui est certain, c’est qu’il n’y a plus d’espace pour un grand festival généraliste à Montréal, soutient le président du conseil d’administration du Festival Fantasia. Le FFM a été doublé par Toronto, mais aussi par d’autres festivals à travers le monde. [...] La réalité, c’est qu’on l’a perdue, la place. Il faut donc arrêter d’être nostalgique et de croire qu’on va recréer ce qui existait en 1986. »

À Toronto, François Girard présentera The Song of Names, un drame musical adapté du roman de Norman Lebrecht et qui relate la recherche d’un ami d’enfance sur deux continents et cinq décennies.

Joaquin Phoenix dans <i>Joker</i>.
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Joaquin Phoenix dans Joker.

Fier de son film

Tourné à Londres et à Budapest, et produit par Robert Lantos, Lyse Lafontaine et Nick Hirschkorn, le film est doté d’une trame musicale signée Howard Shore, un compositeur lauréat d’un oscar grâce au Seigneur des anneaux. Ce dernier est venu enregistrer la musique à Montréal en compagnie de l’Orchestre métropolitain de Yannick Nézet-Séguin.

« Je suis fier de mon film, affirme François Girard. J’ai hâte de voir comme les gens vont l’accueillir. » The Song of Names sera distribué aux États-Unis par Sony Pictures Classics.

Tom Hanks dans <i>A Beautiful Day in the Neiborhood</i>.
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Tom Hanks dans A Beautiful Day in the Neiborhood.

Le TIFF représente donc « une superbe plateforme pour lancer le bal », souligne le cinéaste, qui peaufine depuis quelques semaines à Québec la mise en scène du Vaisseau fantôme, un opéra de Wagner qui sera présenté au Grand Théâtre à partir de dimanche.

The Song of Names prendra l’affiche au Québec en fin d’année, nous informe son distributeur canadien, Entract Films.

- Avec la collaboration de Cédric Bélanger

 


► Le Festival international du film de Toronto aura lieu du 5 au 15 septembre.