/news/currentevents
Navigation

Un psychologue de Québec s'expose à une radiation de 8 mois pour entrave

Un psychologue de Québec s'expose à une radiation de 8 mois pour entrave
Photo Stevens LeBlanc

Coup d'oeil sur cet article

Un psychologue de Québec risque huit mois de radiation pour avoir entravé le travail du Conseil de discipline de son Ordre, dans le but de «gagner du temps pour éviter de faire face à ses obligations», estime le syndic.

Lors de l’audience disciplinaire qui a eu lieu mercredi à Québec, le syndic a exposé que le psychologue Richard Lachance repousse depuis plusieurs mois un processus d’enquête le visant. Le conseil de discipline de l’Ordre l’a d’ailleurs reconnu coupable d’entrave en mai dernier. 

D’entrée de jeu, M. Lachance a une fois de plus tenté de reporter l’audience mercredi, ce qui a été rejeté par le conseil. 

«Polyamour»

En avril 2018, un client de M. Lachance s’est plaint à l’ordre du fait que dans le cadre d’une entrevue, le psychologue l’aurait informé du «polyamour» lorsqu’il a raconté que sa conjointe avait eu une aventure extra-conjugale. 

À ce jour, l’enquête concernant cette plainte n’a toujours pas pu se réaliser, malgré au moins sept demandes de la syndique adjointe, Suzanne Castonguay, qui souhaitait rencontrer M. Lachance pour entendre sa version des faits. «C’est inacceptable, par rapport à ses obligations de membre d’un ordre professionnel», a-t-elle indiqué en audience, estimant être «paralysée dans son travail». 

Mme Castonguay a également affirmé avoir «perdu confiance» envers M. Lachance et «ses intentions d’engagements par rapport à l’Ordre». 

Amende minimale

Pour sa part, le psychologue réclame l’amende minimale de 2500$. Il rétorque qu’il n’a pas donné suite aux demandes de rencontres du syndic, puisqu’il se fiait aux recommandations de ses avocats. «On m’a toujours dit qu’une fois que la cause est reportée, tu ne retouches pas à ça», a-t-il affirmé. 

M. Lachance a également demandé à recevoir les questions de l’enquête à l’avance, ce qui a été refusé et jugé inacceptable par le syndic. 

Inconduite sexuelle

Le psychologue a aussi précisé qu’il ne souhaitait pas rencontrer la syndique adjointe pour ne pas «nuire» à son autre cause en cours, liée à deux cas d’inconduite sexuelle sur deux patientes, qui traîne depuis quatre ans et demi. Une affirmation qui a toutefois été rejetée par le conseil de discipline. 

Dans cette autre cause, M. Lachance a plaidé coupable, puis retiré son plaidoyer après avoir appris qu’il s’exposait à une radiation de cinq ans. 

Notons que le gouvernement provincial venait alors de durcir la loi pour dissuader les professionnels de commettre ces actes. Avant, les fautifs pouvaient s’en tirer avec trois mois. 

M. Lachance a ensuite déposé une requête en arrêt des procédures, qui a été rejetée. Il a porté ce rejet en appel, puis a laissé tomber quelques mois plus tard. 

Dans cette cause, il fait aussi face à un chef de violation du secret professionnel de même qu’un chef de conflit d’intérêts. L’affaire doit maintenant être entendue au début du mois d’octobre. 

Quant à la sanction pour son chef d’entrave au travail du syndic, elle sera rendue au cours du mois d’août.