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10 secondes en jeu

Une finale du 100 m attendue entre Andre De Grasse et Aaron Brown vendredi soir

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Le débat s’annonce aussi bref qu’animé : Andre De Grasse et Aaron Brown détermineront entre eux vendredi soir qui est l’homme le plus rapide au Canada. 

On en vient à négliger la concurrence qu’auront les deux Ontariens dans la finale du 100 m des championnats canadiens d’athlétisme au centre Claude-Robillard, pour la simple et bonne raison qu’ils habitent dans une classe à part. 

De Grasse, médaillé de bronze sur cette distance aux Jeux olympiques de Rio, a retrouvé cette saison ses airs de gazelle après deux années de blessures. Son chrono de 9,99 s à Londres, samedi dernier, atteste ses intentions de ravir à Brown sa couronne canadienne, même si celui-ci a lui aussi prouvé dans les dernières semaines son appartenance à l’élite internationale. Sa victoire à une épreuve de 200 m de la Diamond League à Shanghai le 18 mai, justement devant De Grasse qui avait fait deuxième, nous révèle son niveau. 

« C’est le fun de courir l’un contre l’autre. Je regarde ses chronos et il a fait la démonstration qu’il a beaucoup progressé dans la dernière année. Je sais que je devrai être à mon meilleur niveau, mais je vais être prêt », a exprimé De Grasse. 

« J’adore ça parce que je suis le champion défendant », dira plus tard Brown sur l’importance qu’il accorde à ce titre. 

« Nous avons des buts similaires, mais il n’y a qu’une seule personne qui va gagner à la fin de la journée. On devra tous les deux donner notre maximum et ça va donner un bon spectacle. L’objectif principal de l’été est les championnats du monde, alors il faut performer dès maintenant. » 

Au même niveau 

Les deux hommes, membres du relais canadien 4 x 100 m, médaillés de bronze aux Jeux de 2016, sont destinés à en découdre jusqu’à Tokyo en 2020. Ils sont les seuls au pays à avoir réussi le standard de 10,10 s les autorisant à participer aux championnats mondiaux au Qatar, du 27 septembre au 6 octobre. Ils ont aussi couru en deçà du critère de 20,40 s au 200 m, même si De Grasse a confirmé jeudi – ce que Brown ignorait – qu’il fera l’impasse sur cette distance afin de prioriser le 100 m. 

« Je suis bien embêté de vous dire qui a l’avantage en ce moment. C’est presque partagé. Les deux courent avec une belle amplitude et ils ont réussi récemment de bons temps, Brown en 10,07 et De Grasse en 9,99. Actuellement, ils sont vraiment près l’un de l’autre. Ça va donner une bonne course », nous dit pour nourrir le suspense l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne, Glenroy Gilbert, lui-même un ex-sprinteur émérite. 

L’ombre et la lumière 

L’événement de presse de jeudi après-midi donnait une image contrastante avec le duel promis. Complices de quelques sourires et relaxes, les deux artistes de la vitesse se tenaient l’un aux côtés de l’autre devant les micros et les caméras. Durant les cinq premières minutes, toutes les questions ont été dirigées vers De Grasse. Ensuite, ce fut le tour de Brown pour moins de trois minutes. 

« Je n’accorde pas trop d’importance à ça », a avoué Brown au sujet des projecteurs priorisant son rival. « Même que ça me motive. Ça m’amène à me concentrer sur moi-même. En raison de ses succès, c’est normal qu’il soit plus souvent sous les réflecteurs, mais ça peut aussi lui imposer une pression supplémentaire. » 

Avant l’effort violent sur la piste, il y a aussi le match psychologique... 

 3000 m steeple : Desgagnés rate sa chance 

Jean-Simon Desgagnés cognait à la porte des championnats du monde, mais son résultat de jeudi soir l’a empêché de l’ouvrir. 

En terminant quatrième de l’épreuve du 3000 m steeple, le coureur de l’université Laval a échappé l’une des deux obligations – un podium aux championnats canadiens – qui l’aurait rendu éligible aux mondiaux qui se tiendront à Doha au Qatar, à la fin du mois de septembre. 

La victoire de l’Ontarien Matt Hughes en 8 min 45,85 s et la médaille d’argent de Ryan Smeeton, qui étaient déjà bardés d’avoir réussi le standard de 8 min 29 s durant la dernière année, ont réglé l’identité de deux des trois athlètes que le Canada pourra assigner à cette épreuve au rendez-vous mondial. 

Desgagnés pourrait toutefois bénéficier d’une latitude d’Athlétisme Canada qui se réserve le droit d’identifier le troisième coureur. Mais encore là, le Québécois devrait réussir le standard obligatoire d’ici au 24 août, ce qui le forcerait à choisir des compétitions de haut niveau en Europe afin de réussir cette commande. 

« Le processus de qualification laisse une zone grise. On va attendre la décision du comité de sélection, mais si je décide de continuer ma saison pour essayer de me qualifier, ça va me prendre une bonne course. Il faudra voir avec mon entraîneur pour évaluer les possibilités », a exprimé l’athlète de 21 ans, qui s’était approché du standard avec un chrono de 8 min 29,10 s en Californie au mois de mai. 

À court à 200 m 

L’étudiant en médecine a avoué avoir manqué de jambes à 200 mètres de la fin. La course avait passé du style stratégique à un rythme plus élevé avec 1000 mètres à jouer et il a été contraint de laisser filer John Gay compléter le podium. 

« C’est un peu crève-cœur parce que mon objectif était un peu plus élevé, mais ce sont des choses qui arrivent. »