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L’hélicoptère de Stéphane Roy avait déjà connu une panne de moteur

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L’hélicoptère Robinson R44 de Stéphane Roy a déjà subi une panne de moteur, il y a deux ans, ce qui l’avait obligé à se mettre en mode autorotation, a appris TVA Nouvelles d’une source près du dossier. Ses manœuvres de pilotage lui avaient permis de se poser sans problème.

Après l’incident, M. Roy avait fait changer le moteur de son appareil et entamé une poursuite judiciaire contre la compagnie Robinson.

Après son décollage dans la municipalité de Sainte-Sophie afin de survoler la Rive-Nord, Laval et Montréal, le Robinson de M. Roy, avait connu un problème mécanique à 1600 pieds près de Carignan, informe le rapport du Bureau de la sécurité des transports du Canada au sujet de cet incident.

«Un bruit étrange provenait du moteur et une vibration extrême a provoqué de très intenses mouvements de l'appareil de gauche à droite. Le pilote a pris la décision d'aller en mode «autorotation» et il y a eu une perte de tours/minute. Le voyant indiquant un bas tours/minute s'est allumé. Le pilote a dû effectuer un atterrissage d'urgence», détaille le rapport.

Stéphane Roy a réussi à faire atterrir son hélicoptère dans un champ de soya à moins de 75 pieds du chemin Salaberry. «L'appareil n'a subi aucun dommage. Lors d'une inspection annuelle, il avait été révélé qu'il y avait du jeu dans les guides de valves de l'appareil. En effectuant les réparations, la compagnie aurait installé les mauvais guides de valves ce qui a causé une perte de puissance du moteur et provoqué l'atterrissage d'urgence.»

Selon Transports Canada, l’hélicoptère de Stéphane Roy a été fabriqué en 2009 aux États-Unis.

Longue enquête

Vendredi, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a dépêché des enquêteurs afin d’examiner la carcasse de l’hélicoptère de M. Roy retrouvée jeudi. L’équipe du BST tentera de faire la lumière sur la ou les causes possibles qui ont conduit l’appareil à s’abîmer en forêt, le 10 juillet.

«Sur le terrain, il y aura une collecte des données, on va cartographier le site, il y aura un examen préliminaire de l’appareil et nous tenterons de prendre toutes les informations pour essayer de trouver la cause de l’accident», a fait savoir Kristina Schoos, enquêteuse au BST.

Toutes les hypothèses sont envisagées par le BST pour le moment: les conditions météorologiques, les erreurs humaines et les problèmes mécaniques. «Il n’y a pas un cas qui est pareil», a souligné l’enquêteuse.

L’organisme fédéral demeurera sur place tout le temps qu’il faut à l’enquête. «On est sur le terrain le temps que ça prend pour pouvoir relever tout ce dont on a besoin et être certain que l’on a toutes les données pour continuer l’enquête», a ajouté Kristina Schoos.

Une fois l'enquête terminée sur le terrain, la carcasse de l'appareil sera acheminée dans le laboratoire du BST à Ottawa pour subir plus d'examens au cours des prochaines semaines.

Le BST est en lien avec la Sûreté du Québec qui menait déjà l’enquête concernant la double disparition afin d’échanger leurs informations. Un coroner se penchera aussi sur l’accident afin de produire son rapport.

Le duo père-fils revenait d’une expédition de pêche. Aux commandes de son appareil Robinson blanc, Stéphane Roy, 56 ans, et son adolescent s’étaient envolés de leur chalet des Hautes-Laurentides en direction de Sainte-Sophie.

L’appareil est tombé à environ 90 km après avoir décollé; M. Roy suivait le tracé prévu dans son plan de vol.

Le père et son fils ont été retrouvés morts jeudi dans un secteur densément boisé du lac Valtrie.