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Les Waffen-SS canadiens d’Hitler

Waffen-SS du Britisches Freikorps
Photo d’archives Waffen-SS du Britisches Freikorps

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L’intérêt suscité par mes trois derniers blogues sur les criminels de guerre et les SS m’incite à rouvrir le dossier pour y ajouter un complément d’information concernant le Canada. Une histoire troublante qui n'a jamais donné lieu à une «minute du patrimoine» ou un docudrame à la CBC/Radio-Canada comme La Grande Guerre mettant en vedette le jeune Justin Trudeau.  

L’opposition des Canadiens français aux guerres impériales leur a souvent valu d’être accusés de trahison par le Canada anglais même si des volontaires québécois s’illustrèrent dans tous ces conflits. Durant la Deuxième Guerre mondiale, aucun militaire québécois ne fut jamais accusé de trahison alors que des militaires anglo-canadiens furent condamnés en cour martiale pour trahison parce qu’ils avaient servi dans les Waffen-SS.   

Les soldats Edwin Martin et John Galaher du Essex Scottish Regiment de Windsor en Ontario capturés lors du raid de Dieppe furent parmi les six premiers volontaires qui sont à l’origine du Britisches Freikorps – l’unité britannique de la Waffen-SS. Membre fondateur de la formation, Edwin Martin, qui se porta volontaire pour dessiner la bannière de l’unité, reçut des Allemands le rang de SS-Rottenfuhrer. Il est décrit dans un rapport du MI5, le contre-espionnage britannique, comme un être vantard et brutal. Constitué officiellement 1er janvier 1944, le British Free Corps ne compta jamais plus de 30 membres. L’uniforme de la Waffen-SS britannique avait un écusson Union Jack cousu sur la manche gauche. Les Waffen SS canadiens servirent aux côtés des nazis sur le front oriental.  

Martin et Galaher avaient précédemment fait partie d’une équipe de traîtres qui sous la direction du Capitaine Hellmerich et son adjoint le Sergent Scharper de l’Abwehr, le service de renseignement militaire allemand tentait de soutirer des renseignements de soldats britanniques et du Commonwealth récemment faits prisonniers. Adrian Weale, l’auteur de Renegades : Hitler’s Englishmen place ces deux Canadiens parmi les pires traîtres de la guerre : «Scharper controlled a team of renegades at Luckenwalde whose actions must place them, morally, as amongst the worst traitors of the war. The group initially comprised Edwin Martin of the Essex Scottish Regiment; John Gordon Galaher...»  

Un soldat canadien fait prisonnier en Italie, Arthur James Cryderman, du Saskatchewan Light Infantry avait le rang SS-Strumann dans le BFC. Il aurait lui aussi accepté de retourner dans des camps de prisonniers pour servir d’informateur aux Allemands sur des prisonniers du Commonwealth.  

Les trois SS canadiens furent capturés par l’armée britannique alors qu’ils tentaient de se dissimuler parmi des prisonniers de guerre alliés quand les soviétiques ont pris Berlin et que le régime nazi s’est effondré. Galaher fut condamné par une cour martiale canadienne à l’emprisonnement à perpétuité, Martin à 25 ans. Un autre Waffen SS, membre du Essex Scottish Regiment capturé à Dieppe, George Hale reçut une peine de 15 ans. Citoyen américain résidant au Canada, sa grand-mère était allemande et il sympathisait avec la cause nazie. Tous ont reçu une grâce royale en 1954.  

Pourquoi les trois premiers ont-ils trahi? Des sympathies fascistes ont motivé certains d’entre eux. Mais la possibilité d’être libéré des camps de prisonnier, de pouvoir consommer de l’alcool et d’avoir accès à des prostituées y étaient sans doute aussi pour quelque chose.  

Des sites anglo-canadiens avancent que des Canadiens français ont servi dans la «légion Charlemagne» la division Waffen-SS française, mais cette allégation n’est nulle part appuyée sur des informations circonstanciées (noms, dates, lieux, etc.).