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Rémy Normand invite les commerçants de la route de l'Église à réfléchir à l'avenir de leur commerce

La Ville répète qu’elle n’indemnisera pas les marchands de la route de l’Église

Rémy Normand invite les commerçants de la route de l'Église à réfléchir à l'avenir de leur commerce
PHOTO JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

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Les difficultés des commerçants de la route de l’Église ne sont pas attribuables uniquement au chantier, estime le vice-président du comité exécutif, qui les invite à revoir leurs commerces qui « n’ont pas évolué beaucoup ».

Rémy Normand a fait une première sortie à la suite de ses vacances, lui à qui l’opposition avait reproché la semaine dernière de ne pas être intervenu dans le dossier des marchands de la route de l’Église qui en arrachent avec les travaux majeurs qui les affectent.

Rémy Normand
PHOTO D'ARCHIVES. JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS
Rémy Normand

« Je ne veux pas paraître sans-cœur », a insisté M. Normand. « Je ne veux pas donner l’impression qu’on n’est pas sensibles et qu’on n’est pas empathiques à ce que ces gens-là vivent. »

M. Normand ne nie pas les impacts subis, mais il dit non à toute aide financière de la part de la Ville dans ce secteur. Ce sera différent pour le chantier du tramway, on est d’ailleurs en train de songer aux modalités d’un futur programme pour le réseau structurant.

« La route de l’Église, c’est une artère qui avait ses difficultés aussi et qui n’a pas évolué beaucoup au cours des dernières années, à la fois sur l’angle urbanistique et aussi sur l’angle commercial. Il y a peut-être des questions à se poser pour chacun de ces commerces-là, individuellement et collectivement, sur le futur de leurs commerces. [...] Il est peut-être temps de se repositionner par rapport à la route de l’Église et ces commerces-là, sur la finalité de leurs commerces et comment ils les gèrent actuellement. »

« Exercice salutaire »

Il donne l’exemple de la rue Maguire, qui a « compris ça » et qui s’est requalifiée. « Ils se sont questionnés et ils posent les bons gestes. »

« Sur la route de l’Église, il y a peut-être un exercice qui serait salutaire pour les commerçants. Je les invite collectivement à faire leur réflexion pour le futur. »

Il estime qu’il s’agit d’une opportunité avec les nombreux résidents qui viennent s’installer à proximité, avec les tours à condos qui ont poussé dans le secteur.

Quant à son absence de la semaine dernière, M. Normand a expliqué que les élus ont peu de moments dans l’année où ils peuvent prendre un peu de repos, et qu’il s’agissait justement de cette période. « On profite des vacances de juillet et août pour se ressourcer. »

Des propos qui font bondir

Les propos du bras droit de Régis Labeaume ont fait bondir le directeur du restaurant Portofino, qui a pignon sur rue sur la route de l’Église. « Je vous invite personnellement à venir manger sur ma terrasse durant les travaux », a réagi Bertrand de l’Épinay, sur Facebook.

« J’aime le fait que vous êtes à l’écoute de vos citoyens. Avec de belles sorties médias comme celle-ci, je vous invite à réfléchir à votre avenir politique... Au plaisir de vous accueillir, je prendrai même votre addition », a-t-il ironisé.

Montréal et Lévis offrent une aide financière

Montréal et Lévis sont les deux seules grandes villes au Québec à offrir une aide financière pour permettre aux commerçants de souffler pendant un chantier routier majeur.

Le Journal a contacté au cours des derniers jours les 10 plus grandes villes au Québec pour vérifier quelles étaient celles qui ont mis en place une forme d’indemnisation pour les commerçants qui subissent les affres de grands chantiers devant leur vitrine. Elles sont rares à le faire. Seules Montréal et Lévis ont adopté des mesures en ce sens. Québec, Saguenay, Longueuil, Sherbrooke, Laval, Terrebonne, Gatineau et Trois-Rivières n’offrent pas cette possibilité.

41 m $ dans la métropole

Dans la métropole, l’administration municipale de Valérie Plante a mis en place deux programmes d’aide financière totalisant 41 millions $. Le premier a été adopté en novembre 2018. Il est doté d’une enveloppe de 25 millions $ d’ici 2021. Il couvre les pertes de bénéfice brut supérieures à 15 %, ce qui permet aux commerçants d’obtenir une aide financière maximale de 30 000 $ par année. Il s’adresse aux commerces qui sont situés dans des secteurs affectés par des travaux d’aqueduc et d’égout ou d’infrastructures majeures.

Le second est la bonification d’un programme existant pour de l’aide durant et après les chantiers, pour des études stratégiques et pour la rénovation des bâtiments.

Aide ponctuelle

À Lévis, la Ville agit à la pièce. Elle met en place des programmes ponctuels en fonction des divers chantiers majeurs. Ils sont accompagnés d’une enveloppe de 100 000 $ chacun. Lévis y a eu recours pour trois chantiers jusqu’à maintenant, dans le cas des chantiers Saint-Louis et Dorimène-Desjardins, de la rue Saint-Laurent et de l’avenue Bégin.

Selon l’importance du chantier, la Ville peut décider de débloquer un programme d’aide. Il vise à rétablir le fonds de roulement des entreprises admissibles dont le chiffre d’affaires a été affecté par la réalisation des travaux. On octroie un prêt sans intérêt, avec moratoire sur le remboursement du capital, remboursable sur une période maximale de trois ans.