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Bon départ pour Betts avec les Bears de Chicago

Le secondeur extérieur satisfait de ses premiers pas au camp d’entraînement des Bears

Mathieu Betts a brisé la glace face aux vétérans au camp d’entraînement des Bears et s’est dit encouragé par sa première expérience.
Photo courtoisie, Ricardo Ramirez Mathieu Betts a brisé la glace face aux vétérans au camp d’entraînement des Bears et s’est dit encouragé par sa première expérience.

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BOURBONNAIS, Illinois | Au cœur du petit campus de l’Université Olivet Nazarene, à Bourbonnais, un nouveau visage portant le numéro 92 est parmi les premiers joueurs à sauter sur le terrain. Durant ce premier entraînement avec toute l’équipe, il parvient à quelques reprises à imposer sa vitesse et à tourner le coin aux dépens du vétéran bloqueur Bobby Massie, pour appliquer la pression sur Mitchell Trubisky. C’est un départ pour Mathieu Betts avec les Bears de Chicago.

L’ancien du Rouge et Or de l’Université Laval a débuté son camp d’entraînement lundi avec les recrues, mais pour la première fois hier, tous les joueurs renouaient avec l’action. Six semaines éreintantes de préparation, du matin au soir, en vue de la saison sont donc amorcées pour une équipe qui aspire aux grands honneurs. Rien de moins, après une campagne de 12-4 et un championnat de division.

Pour l’heure, Betts se dit « définitivement satisfait » de ses premiers pas estivaux, mais garde en tête les enseignements de son alma mater pour rester bien ancré sur terre.

« Je vais me servir d’une citation de coach Glen (Constantin). Comme n’importe quelle pratique, tu fais de bons jeux et de mauvais jeux, mais ce n’est jamais aussi bon ou aussi mauvais que ce que tu peux penser. Il nous répétait souvent ça, et c’est totalement vrai », a-t-il lancé au représentant du Journal à sa sortie du terrain.

Pas de rouille

Vrai que dans ce premier entraînement complet de l’équipe, Betts a parfois démontré l’explosion unique qui a terrorisé tant de joueurs de ligne offensive et de quarts-arrières canadiens pendant quatre ans. À d’autres reprises, Massie, le bloqueur à droite partant des Bears qui a signé cet hiver une riche prolongation de contrat de quatre ans pour 30,8 millions, a neutralisé le jeune apprenti. Une situation on ne peut plus normale.

« C’est ça l’objectif, de s’améliorer en jouant contre des joueurs comme Bobby. C’est le mot d’ordre pour moi pour le reste du camp d’entraînement de progresser peu à peu chaque jour pour me faire une place dans l’équipe.

« Ça a bien été dans l’ensemble, mais j’ai hâte de décortiquer la vidéo en soirée. C’était ma quatrième pratique puisque je suis une recrue, donc je ne me sentais pas rouillé. C’était le fun que tout le monde revienne. On a tous hâte de commencer demain (aujourd’hui) avec les pads pour vrai », a-t-il signalé.

Les joueurs enfileront en effet l’équipement complet aujourd’hui et l’intensité, comme le mercure prévu de 30 degrés Celsius, risque de monter.

Unités spéciales

En plus de se frotter à l’attaque, Betts a également pris des répétitions sur les unités spéciales, dans les tranchées, sur l’équipe de retour de dégagement.

« Pour l’instant, je suis sur chaque équipe des unités spéciales. Mon but est d’aider, peu importe la façon dont je peux. Pour moi, c’est une manière d’aller gratter le plus de temps de jeu possible durant les matchs pré-saison pour montrer que je peux faire ma place », a-t-il dit.

Que ce soit en défensive ou sur les unités spéciales, Mathieu Betts est conscient que chaque détail compte et que le boulot ne fait que commencer. La tâche titanesque devant lui ne l’effraie pas.

« Je suis définitivement une coche au-dessus de ce que j’étais quand je me suis pointé au mini-camp des recrues en mai. Je revois des choses que j’ai déjà vues. Au niveau technique, il y a toujours place à amélioration, mais je sais où je m’en vais et je travaille plus sur le perfectionnement que l’apprentissage », a-t-il spécifié.

Betts vivra une autre première avec les Bears aujourd’hui, puisque l’équipe tiendra une séance d’entraînement devant public qui s’annonce courue.

Bienvenue à « Bearbonnais » !

Mathieu Betts et les Bears retombent en mode universitaire

Mathieu Betts (92) au camp des Bears
Photo Stéphane Cadorette
Mathieu Betts (92) au camp des Bears

« Bourbonnais, résidence estivale des Bears de Chicago », peut-on lire sur les immenses tours d’eau surplombant la petite ville de 19 000 âmes, où Mathieu Betts a vite constaté que dans les prochaines semaines, les lieux seront fièrement rebaptisés « Bearbonnais ».

Depuis 2001, c’est cette petite bourgade à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Chicago qui prend possession de l’équipe chérie de l’Illinois à chaque camp d’entraînement.

Les coquettes maisons du secteur sont nombreuses à afficher fièrement sur leurs pelouses des écriteaux souhaitant la bienvenue aux partisans des Bears à « Bearbonnais ».

Et dès le lever du soleil ce matin, le côté calme et pittoresque des lieux prendra ses airs annuels de grande foire puisque des amateurs défileront par milliers pour se dénicher un stationnement, assister aux entraînements publics et savourer pleinement le cirque de la NFL par le biais de séances d’autographes, boutiques de souvenirs et activités thématiques. Comme le Disney du football en plein village !

Un campus bien rempli

C’est plus précisément le campus de l’Université Olivet Nazarene que les Bears et partisans prennent d’assaut. Selon un membre des relations publiques de l’équipe, pas moins de 21 000 demandes de billets ont été enregistrées pour les différents entraînements sur le campus qui accueille moins de 5000 étudiants.

Voilà qui risque de replonger Betts dans ses bonnes vieilles pantoufles universitaires !

« C’est un endroit parfait pour un camp d’entraînement, sur un petit campus où on n’a rien d’autre à faire et à penser que le football. Ça commence tôt et on finit tard parce qu’en soirée on fait de la vidéo pour corriger nos entraînements, mais c’est ce que ça prend pour atteindre nos objectifs », a-t-il réagi.

Traitement de recrue à venir ?

Pour le moment, Betts n’a pas encore eu droit au typique traitement amical, mais hiérarchique, qui est réservé aux recrues. Tandis que certains doivent tout faire pour rendre la vie plus simple aux vétérans, d’autres, comme son ancien coéquipier Antony Auclair l’avait fait avec les Buccaneers, doivent entonner le Ô Canada !

« Jusqu’à maintenant, ça se passe bien. Je sais que je risque de vivre certaines affaires, mais faut pas s’en faire avec ça ! » a souri Betts.

« On dort tous dans le même bâtiment, mais on a nos chambres individuelles et ça marche par ancienneté, donc les jeunes on se retrouve au quatrième étage avec plus de marches à monter. Tout le monde ensemble, ça ouvre la porte à connaître plus tes coéquipiers. »

VEDETTE DE L’ÉQUIPE: Khalil Mack gonflé à bloc

Mathieu Betts a brisé la glace face aux vétérans au camp d’entraînement des Bears et s’est dit encouragé par sa première expérience.
Photo d'archives, AFP

Évoluant à la même position que la super vedette de l’équipe, le secondeur extérieur Khalil Mack, Mathieu Betts peut non seulement apprendre de lui sur le terrain, mais également dans sa façon d’approcher la saison. L’auteur de 12,5 sacs et une interception s’est amené à Bourbonnais plus motivé que jamais. « Nous sommes plus affamés que nous l’étions l’an passé. Je parle pour moi aussi, j’ai beaucoup plus faim. L’an passé, ce n’était pas suffisant », a tonné le leader défensif qui en est à sa première présence à Bourbonnais. Les Bears avaient obtenu ses services des Raiders tout juste avant la saison, il y a un an. « Tous mes coéquipiers m’ont dit que j’allais adorer Bourbonnais. Je me demande s’ils étaient sarcastiques ou quoi... », a-t-il badiné.

NOUVEAU COORDONNATEUR: Comme un couple

Mathieu Betts mentionnait récemment dans nos pages qu’il avait apprécié les bons mots du nouveau coordonnateur défensif Chuck Pagano à son endroit. Pour la défensive, dirigée par Vic Fangio lors des quatre dernières saisons, il n’en demeure pas moins qu’il y aura une phase de transition nécessaire. À son arrivée au camp jeudi, le volubile plaqueur Akiem Hicks y est allé d’une bonne analogie. « C’est comme une nouvelle rencontre amoureuse. Il ne faut pas trop presser les choses, vous savez ? Un jour, nous vivrons peut-être une belle relation. Pour l’instant, on apprend à se connaître », a-t-il philosophé.

ESPOIRS DE SUPER BOWL: L’entraîneur calme les attentes

C’est dans une forme resplendissante que l’entraîneur-chef Matt Nagy a renoué avec les journalistes. « N’avez-vous pas eu du fun à nous regarder ? On a eu du fun en tout cas sur le terrain », a-t-il soufflé en guise d’introduction. Celui qui est considéré comme un brillant esprit offensif a quand même pris soin de tempérer les espoirs des locaux, qui rêvent déjà du Super Bowl. « C’est puissant de savoir que les gens ont autant d’attentes et qu’ils nous appuient, mais mon travail est de m’assurer que les joueurs réalisent que 31 autres équipes ont le même objectif que nous. On serait fous de penser qu’on va sauter sur le terrain et gagner facilement. On a le talent, mais il faut suivre le processus », a-t-il prévenu.