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William Paulson choisit le Canada: un cadeau québécois «made in England»

William Paulson a choisi le Canada pour poursuivre sa carrière au 1500 m

Né en Angleterre, le « Québécois » William Paulson s’est qualifié aisément en demi-finale, samedi aux championnats canadiens, en vue de la finale du 1500 m de dimanche dans laquelle il est le favori.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Né en Angleterre, le « Québécois » William Paulson s’est qualifié aisément en demi-finale, samedi aux championnats canadiens, en vue de la finale du 1500 m de dimanche dans laquelle il est le favori.

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MONTRÉAL | Son nom et son profil athlétique de grand blond feraient de William Paulson une fierté dans les rues d’Oxford et de son Angleterre natale. Dorénavant, il faudra dire plutôt qu’il y a beaucoup de la ville de Québec dans ce coureur pressenti comme champion canadien du 1500 m.

On explore ici une nouvelle histoire d’un athlète possédant une double citoyenneté et qui a choisi d’exploiter la canadienne dans l’espoir de s’élancer aux Jeux olympiques. Ce diplômé en biologie de l’université de Princeton au New Jersey a choisi récemment de ranger son passeport britannique – sportivement parlant – et d’intégrer avec succès Athlétisme Canada afin de participer la semaine prochaine aux Jeux panaméricains, et éventuellement se voir à Tokyo en 2020.

Avec une maman qui s’appelle Joëlle Cossette et dont la famille habite au cœur de Québec, difficile de contester ce qui pourrait devenir un cadeau de la reine pour l’athlétisme de notre pays.

« Ça reste à voir comment ça va se passer dans les compétitions de la prochaine année, mais c’est plutôt un cadeau pour moi que de pouvoir courir pour le Canada. Ça n’a pas été facile, mais c’est un gros cadeau pour moi », nous dit le coureur de 24 ans dans un français impeccable.

En français à la maison

Joëlle Cossette a étudié à l’université McMaster d’Hamilton, où elle a rencontré David Paulson, Britannique d’origine. Après leurs études, le couple s’est ensuite installé à Oxford, à une centaine de kilomètres à l’ouest de Londres, pour y fonder leur famille. Il y a eu d’abord William, puis deux sœurs et un frère ont suivi.

À la maison, la mère tenait à ce que les enfants parlent français, ce qui explique pourquoi son aîné passerait aujourd’hui inaperçu à Victoriaville ou Rouyn-Noranda. Plus qu’en paroles, c’est aussi sur la piste qu’il s’exprime.

Une décision logique

Adepte du cross-country dans le réseau scolaire en Angleterre, une bourse d’études de Princeton lui a permis de parfaire ses aptitudes pour le 1500 m dans le circuit universitaire américain. Passé à Arizona State durant la dernière année pour débuter une maîtrise, Paulson a terminé cinquième aux championnats de la NCAA, le 7 juin dernier.

Quand ce spécialiste du demi-fond a signifié son intérêt à se joindre au système canadien, l’entraîneur de l’équipe du Québec, Félix-Antoine Lapointe, a vu la haute teneur d’un gisement à exploiter. Une fois les obligations administratives complétées, il est devenu, pour la forme, membre du club de l’Université Laval.

« J’ai vécu une grande partie de ma vie en Angleterre et ça demeure une bonne partie de mon identité, mais comme je le dis depuis que je suis né, j’ai été élevé comme un Québécois. Je me suis toujours senti très proche du Québec, même si on était loin géographiquement. Il y a un sens pour moi à changer de continent », explique le favori pour enlever la finale du 1500 m des championnats canadiens, dimanche, au complexe Claude-Robillard.

« Il va encore s’améliorer et il pourrait éventuellement chauffer Charles [Philibert-Thiboutot]. Le meilleur scénario qu’on pourrait souhaiter, c’est qu’aux Jeux olympiques de l’an prochain, il y ait Charles et William au 1500 m », projette Lapointe, ravi de son acquisition, qui pourrait toutefois s’entraîner en Oregon durant la prochaine année.

En l’absence de Philibert-Thiboutot, blessé à un pied, William Paulson pourrait en profiter pour régner sur le pays. Son nouveau pays...

 

Médaillée de bronze au 800 m : Laurence Côté cause une surprise

On ne l’avait pas vue venir, mais Laurence Côté, avec la confiance de ses 28 ans, a rappelé son existence à l’élite canadienne en remportant la médaille de bronze de l’épreuve du 800 mètres, samedi soir. Décidément, cette native de Baie-Comeau ne bluffe pas quand elle dit rêver de participer aux Jeux olympiques de Tokyo.

« Il y a trois filles qui pourront aller aux Jeux, alors en venant mettre mon nom en terminant troisième, je me suis assuré que les filles sachent qui je suis et que je ne niaise pas avec ça », a exprimé la Québécoise avec un langage coloré, auteure d’un chrono de 2 min et 2,50 s.

Côté a animé les 300 derniers mètres de la course en provoquant la tête du groupe mené par Melissa Bishop-Nriagu, 4e des Jeux de Rio, et qui s’est fait surprendre par trois centièmes à la ligne par la Torontoise Madeleine Kelly, gagnante en 2 min et 2,37 s.

Maïté Bouchard, de Sherbrooke, a pris le septième rang (2 min, 3,85 s).

Un risque qui paie

Après cinq années à l’Université Laval, Laurence Côté a pris la décision de déménager à Vancouver pour se consacrer à l’entraînement à temps plein. Sa progression de la dernière année lui permet même de croire, durant le prochain mois, qu’elle réussira le standard de 2 min et 00,60 s pour participer aux championnats du monde au Qatar, fin septembre. Améliorer d’une seconde son meilleur temps personnel à 2 min et 2,23 s, vendredi, l’encourage.

« Quand j’ai terminé mes études, je n’étais pas certaine que ça valait la peine de continuer, mais je me disais qu’il y avait encore un peu plus à aller chercher. J’ai décidé de tout risquer et d’y aller pour le rêve. Pour l’instant, ça paie et je ne regrette pas ma décision. »

Katherine Surin 3e

Dans la même fournaise à ciel ouvert, une poussée dans les 50 derniers mètres a permis à Katherine Surin de s’adjuger la médaille de bronze en finale du 400 m. Ce résultat pourrait permettre à la fille de Bruny Surin d’obtenir un poste dans le relais 4 x 400 mètres aux mondiaux.

Après une troisième saison qu’elle a qualifiée de sa meilleure dans le circuit NCAA à l’université du Connecticut, l’athlète de 23 ans dit ne pas s’imposer de pression en portant le nom de son célèbre père.

« J’arrive dans une course et je me sens relaxe et libre. Le feeling que j’ai quand le pistolet se fait entendre, je me sens bien. Je suis dans mon élément. »