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En marche vers ses deuxièmes Jeux

Mathieu Bilodeau vise les Jeux de Tokyo l’an prochain à l’épreuve de 50 km

Le Québécois Mathieu Bilodeau, comptable dans une importante firme à Calgary, poursuit une carrière internationale en marche olympique qui pourrait lui permettre de participer à ses deuxièmes Jeux à Tokyo. « Je n’ai pas les ressources pour me battre [avec les meilleurs au monde], mais je m’organise avec les moyens du bord », dit-il.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Le Québécois Mathieu Bilodeau, comptable dans une importante firme à Calgary, poursuit une carrière internationale en marche olympique qui pourrait lui permettre de participer à ses deuxièmes Jeux à Tokyo. « Je n’ai pas les ressources pour me battre [avec les meilleurs au monde], mais je m’organise avec les moyens du bord », dit-il.

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MONTRÉAL | L’idée de marcher 40 km dans la chaleur matinale de dimanche paraissait tordue, mais quand on connaît Mathieu Bilodeau, on saisit mieux le plaisir dans cet exercice. Surtout quand ça vous conduit aux Jeux olympiques.

Pour cet homme originaire de Québec qui gagne sa vie comme comptable à Calgary depuis 2010, la marche va au-delà de l’exercice. Elle est devenue un entraînement. Une compétition.

« Ce matin, c’était une petite partie de plaisir. J’avais le sourire et je n’ai pas trop forcé, mettons ! », avouait-il, un peu rigolo, à l’issue de l’épreuve de 20 km disputée sur un parcours aux abords du complexe sportif Claude-Robillard.

Sitôt le concours de dimanche terminé, remporté en 1 h 24 min 22 s par Evan Dunfee, lequel a fini 10e sur cette distance aux Jeux de Rio, Bilodeau a changé de vêtement et est reparti pour 20 km supplémentaires d’entraînement.

Son truc, c’est le 50 km, alors il lui faut du volume. Il participera aux Jeux panaméricains la semaine prochaine, ensuite aux Championnats du monde au Qatar, deux occasions pour lui de réaliser le standard olympique de 3 h 50 min qui lui permettra de vivre Tokyo en 2020. Son chrono de 3 h 53 min, réalisé en Slovénie avec certains pépins techniques en mars dernier, lui fait dire qu’il s’en approche.

« Je ne fais pas de 20 km, je n’aime pas ça », avoue-t-il sans droit de réplique.

À la marche par hasard

Drôle de cheminement pour un type qui avait déjà versé dans le cyclisme et d’autres sports de compétition, mais qui ne s’entraînait plus que pour le plaisir. Un jour qu’il courait tout bonnement sur une piste intérieure à Calgary, une dame a détecté dans son style de course – une foulée basse et un rythme lent – un profil de marcheur olympique.

« C’est bien le fun, mais je ne veux pas en faire », avait répondu Bilodeau à la suggestion de cette entraîneuse.

La dame en question est revenue à la charge, trois mois plus tard, et l’a initié à la technique. C’était réglé.

« En moins de six mois, tout a déboulé. Je me suis qualifié pour les Championnats du monde à Pékin (2015), ensuite les Jeux olympiques à Rio et encore les mondiaux à Londres (2017) », rappelle-t-il.

Soucis terminés

À 35 ans, le Québécois s’aligne vers Tokyo en 2020, peut-être aux Championnats mondiaux à Eugene l’année suivante, mais il n’y aura assurément pas de troisièmes Jeux olympiques. Une transition vers le triathlon professionnel l’éloignera graduellement de la marche, une discipline atypique dans laquelle il faut éviter de se formaliser des préjugés, semble-t-il.

« J’ai arrêté de me casser la tête. Cette année, j’ai perdu mon financement [gouvernemental] et je me suis dit : Bah !, je ne cours plus après ça. Je fais ce qui me tente. S’ils me prennent sur l’équipe canadienne, c’est tant mieux, et s’ils ne me prennent pas, c’est tant pis. Je me suis soucié de tout ça durant deux ans et ça n’a pas bien été dans mes performances. Je ne me stresse plus », explique ce « Québécois à l’intérieur de moi et qui va toujours le rester ».