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Elektro: moderne et différent

Elektro évite les pièges souvent associés au théâtre d’été

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 On reproche souvent au théâtre d’été son cabotinage, ses quiproquos et ses claquements de portes en série. La pièce Elektro offre une comédie moderne qui réussit à éviter ce terrain miné. 

 À l’affiche à LaScène Lebourgneuf, jusqu’au 24 août, la comédie d’Anne Bernard-Lenoir et Olivier Challet propose une belle alternative pour les amateurs de théâtre qui ont envie de légèreté et d’un peu de substance. 

 Après un silence de quatre ans, la compagnie théâtrale La Fenière revit dans une petite salle intimiste et confortable. 

 Un nouveau départ souligné, lors de la première, par les traditionnels coups de bâton annonçant le début de la représentation. 

 Elektro raconte l’histoire d’une rencontre improbable entre un homme et une femme, à la croisée des chemins, dans un magasin d’électroménagers. 

 Propriétaire d’une galerie d’art contemporain, Pierre vient de se faire laisser. Il se retrouve dans ce commerce haut de gamme pour faire l’achat d’un réfrigérateur et d’une machine à laver. 

 Il aurait souhaité que son ex, Alice, participe avec lui à cette séance de magasinage. Il l’attend. 

 On retrouve aussi Lucie, qui attend que la journée de son conjoint, vendeur dans ce commerce, se termine. 

 Les deux feront connaissance et partageront leur aversion envers la société de consommation où l’Everest des réfrigérateurs se vend 16 000 $. 

 Cycle supérieur 

 Elektro se déroule dans un décor minimaliste où des modules de bois, qui se transforment, représentent les électroménagers. L’ajout de quelques véritables appareils aurait pu être intéressant afin de meubler le petit espace de jeu, même si l’effet de vide finit par s’estomper. 

 Après un premier segment où la situation est placée, Elektro passe à un cycle supérieur au retour de l’entracte. 

 Valérie Boutin (Lucie) et Nicola Boulanger, dans le rôle de Steeve, conjoint et vendeur, offrent de beaux moments de jeu. Valérie Boutin s’avère être une belle découverte. On assiste, lors de cette séquence, à un retour dans le temps réussi et très bien amené. 

 Elektro trace un constat contre la société de consommation et des apparences avec des réfrigérateurs qui fabriquent de la glace en forme de diamant, des laveuses avec 22 cycles de programmation et des frigos dotés d’un éclairage de type cinéma. Le tout est accompagné d’insertions publicitaires qui font sourire. 

 La pièce aborde, en parallèle et en légèreté, ces couples mal assortis qui se débattent à travers le rythme effréné imposé par cette course folle de consommation, où le couple ne peut pas être protégé par une garantie prolongée. 

 Mise en scène par le directeur artistique Carol Cassistat et Catherine Côté, Elektro souffre de quelques passages à vide en première partie, où la connexion se fait un peu lentement. 

 L’une des grandes qualités de cette comédie moderne est d’éviter les lieux communs associés au théâtre d’été plus traditionnel. On évite le cabotinage, les claquements de porte à répétition et le rocambolesque. 

 Elektro, pour cette raison, s’avère être un bon divertissement. Ce n’est pas parfait, on n’est pas dans le rire à gorge déployée, mais on tente quelque chose. Il y a une belle équipe de comédiens et les deux auteurs ont donné vie à une situation intéressante qui amène une certaine réflexion.