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Ruée vers l'or en Beauce: une société veut relancer l’exploitation minière

Les Champs d'Or en Beauce
Photo Jean-Michel Genois Gagnon Sur la photo principale, la rivière Gilbert où de l’or a déjà été trouvé. En médaillon, les particules d’or de l’exploration menée par les Champs d’Or à Saint-Simon-les-Mines.

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«Oui, il y a encore de l’or» à Saint-Simon-les-Mines, en Beauce. Parlez-en à la société les Champs d’Or en Beauce, qui a bien l’intention de relancer l’exploitation minière au cours des prochaines années. Prochaine étape: les forages.

«Cela avance très bien. Cet été, nous réalisons un échantillonnage des roches. Après, on va commencer le programme de forages. Je veux le faire le plus tôt possible, peut-être à l’automne», répond au Journal Patrick Levasseur, président et chef de la direction. «Jusqu’à présent, nos découvertes dépassent nos attentes», poursuit-il.

Au cours des derniers mois, la compagnie québécoise a réalisé une partie de ses analyses géophysiques dans ce secteur. Avec la collaboration du professeur Marc Richer-LaFlèche de l’Institut national de la recherche scientifique, l’entreprise a découvert une faille de 4,5 km sous la rivière Gilbert entre le rang Saint-Gustave et la rue Principale de Saint-Simon-les-Mines.

Lors des premières analyses, en 2017, elle était estimée à 1,5 km.

«Cela veut dire qu’il s’agit d’une structure importante. C’est une faille qui a une grande continuité», explique M. Richer-LaFlèche. «Nous avons enfin quelque chose qui pourrait expliquer la provenance de l’or dans ce secteur», ajoute-t-il.

Potentiel

Selon les dires de la direction des Champs d’Or en Beauce, cela «pourrait mener à l’un des plus importants gisements d’or dans cette région» qui a longtemps été prisée par les chasseurs de trésors. Il faut dire que trois des plus importantes pépites d’or au Canada y ont été découvertes, notamment la Kilgour de 51 onces.

Aujourd’hui, avec l’augmentation du prix de l’or qui est à son plus haut niveau en six ans, une découverte comme la Kilgour rapporterait sur le marché environ 94 800 $.

Durant des années, soit entre 1860 et 1960, Saint-Simon-les-Mines a hébergé différents camps miniers. Ces derniers étaient justement situés à proximité de la faille.

Plusieurs photos ont été installées dans un parc de la municipalité pour rappeler l’époque de cette ruée vers l’or.

152 claims

Les Champs d’Or en Beauce, qui possèdent 152 claims, espèrent maintenant relancer l’exploitation minière au cours des prochaines années. Il reste toutefois encore plusieurs étapes à franchir, concède le grand patron.

«C’est certain qu’il y a un dépôt historique d’or placérien. Il est peut-être de plus de 100 000 onces», note M. Levasseur. «Nous tentons de découvrir d’où vient ce dépôt, et la thèse est probablement de la faille», ajoute-t-il.

Ce dernier tente depuis 2010 de découvrir la provenance du précieux métal jaune à Saint-Simon-les-Mines. Rappelons qu’il y avait réalisé des forages alors qu’il était à la tête de l’entreprise Uragold Bay Resources.

Grâce à ses analyses, le président dresse un parallèle entre son chantier et les projets aurifères White Gold au Yukon et ceux du district Cariboo en Colombie-Britannique.

À la Bourse de Toronto, l’action des Champs d’Or en Beauce (Beauce Gold Fields), qui est une entreprise publique depuis février, s’échangeait à 0,10 $, le vendredi 26 juillet.

DES TRÉSORS DANS LA RIVIÈRE GILBERT
NOM DES PÉPITES D’OR POIDS VALEUR SUR LE MARCHÉ
Kilgour 51 onces 94 800 $
MacDonald 45 onces 83 700 $
St-Onge 42 onces 78 000 $

 

Un engouement pour le métal jaune

La municipalité de Saint-Simon-les-Mines se réjouit à l’idée que les Champs d’Or en Beauce puissent découvrir de nouveau de l’or dans la région. Certains citoyens auraient même acheté des actions de la compagnie cotée en bourse.

Au cours des derniers mois, il y a un engouement pour le métal jaune, et plusieurs curieux se sont déplacés à Saint-Simon-les-Mines afin d’explorer la rivière Gilbert et le ruisseau Giroux, raconte la direction des Champs d’Or en Beauce.

Cette dernière a même été forcée d’installer des pancartes «propriété privée» sur ses terrains qui couvrent une superficie de 4800 hectares.

«Il y a des gens qui viennent avec des tentes pour faire de la prospection. Cela arrive souvent», dit le président, Patrick Levasseur.

«Malheureusement, ils ne peuvent pas faire ça. Nous avons une belle collaboration avec les citoyens de la municipalité. On voit qu’il y a un intérêt dans le secteur pour notre projet», poursuit-il.

Dans le respect

Effectivement, lors du passage du Journal, des citoyens de cette municipalité d’environ 500 habitants située à mi-chemin entre Beauceville et Saint-Georges ont confirmé qu’ils suivaient le projet de près.

Ils espèrent toutefois que si l’exploration minière reprend un jour, le chantier se fera dans le respect de l’environnement et des résidents, et qu’il n’y aura pas d’expropriation. Ils espèrent aussi un projet qui «ne brisera pas le paysage». Ils ne veulent pas devenir «un village industriel».

«C’est une bonne nouvelle pour le secteur. Cela peut faire travailler beaucoup de personnes et cela pourrait augmenter la valeur des terrains», a notamment fait valoir Jean-Paul Poulin, qui demeure à quelques kilomètres de la rivière Gilbert.

Un avis aussi partagé par le maire, Martin Saint-Laurent. Ce dernier croit au projet, il estime toutefois qu’il reste encore beaucoup d’années avant de voir la première pelletée de terre.

«Actuellement, selon les analyses, s’il y a une exploitation minière, cela devrait se faire avec des galeries souterraines», note M. Saint-Laurent, qui a souvent des pourparlers avec le président des Champs d’Or en Beauce afin d’être au courant des développements. «Le projet avance bien. C’est un dossier qui a été sur la glace durant des années», ajoute-t-il.