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Écrasement d'hélicoptère de Stéphane Roy: des plaies ravivées pour la famille Beaudoin

L’accident a de tristes similitudes avec celui d’Yvon Beaudoin en 2011

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L’accident d’hélicoptère qui a coûté la vie du président de Savoura, Stéphane Roy, et de son fils de 14 ans a ravivé les souvenirs de la famille Beaudoin, qui avait été décimée dans un écrasement tristement similaire il y a près de huit ans.  

Yvon Beaudoin était le président fondateur du Groupe Beaudoin, une entreprise spécialisée en équipement de plomberie établie à Lévis.    

Partant de Saint-Nicolas un samedi soir du mois d’août 2011, l’homme s’est envolé à destination de Saint-Ferdinand à bord de son hélicoptère Robinson R44 en compagnie de son épouse, Marie-Paule, de son fils Éric et de sa petite-fille de huit ans, Mélyzandre.    

On voit ici l’hélicoptère du président de Savoura.
Capture d’écran, TVA Nouvelles
On voit ici l’hélicoptère du président de Savoura.

L’heure du retour ayant sonné vers 21 h, le groupe a entrepris le chemin inverse pour quitter les Bois-Francs. Mais deux minutes après le décollage, l’hélicoptère s’est écrasé dans un boisé, enlevant la vie de ses quatre occupants.    

Similitudes frappantes  

Un modèle d’aéronef quasi identique, un écrasement dans un secteur boisé, un drame familial, un chef d’entreprise disparu : la tragédie qu’a traversée la famille Beaudoin et celle que vit présentement la famille Roy présentent des similitudes frappantes.    

« C’est sûr que ça nous rappelle ce qui s’est passé », acquiesce Carl Beaudoin, qui a perdu d’un seul coup son père, sa mère, un frère et une nièce.    

L’entourage des Beaudoin a tôt fait de dénoter les tristes ressemblances entre les deux tragédies. Le mot s’est passé parmi les proches, prenant « un moment pour se souvenir de ce qui s’est passé, un moment de réflexion qui nous fait nous souvenir de nos proches », souligne Carl Beaudoin.    

Affaire de famille  

Cet écrasement mortel n’avait pas laissé beaucoup de temps à la famille pour faire son deuil. Un peu plus de 24 heures après la tragédie, Carl et son frère Marco étaient déjà à pied d’œuvre dans les locaux de l’entreprise familiale, à Lévis, pour gérer la crise.    

Si le père, l’épouse et les trois fils dirigeaient ensemble l’entreprise au moment de partir le vendredi, « on était rendus deux membres de la famille à diriger l’entreprise » le lundi suivant, se rappelle Carl Beaudoin.    

Le deuil s’est ainsi vécu à travers l’ouvrage, où la famille Beaudoin s’est serré les coudes pour assurer la pérennité de l’entreprise familiale.    

Huit ans après la tragédie, le Groupe Beaudoin peut se targuer d’avoir poursuivi son ascension, amassant les distinctions entrepreneuriales et comptant maintenant près de 200 employés.    

« Toute la famille était partie prenante de l’entreprise, des cousins aux petits-cousins. Notre échappatoire a été le travail et on s’est retrouvés à travers ça en partageant un objectif commun », soutient M. Beaudoin, qui tenait à conserver la philosophie et les visées prônées par son père.    

« Pour nous, la famille et l’entreprise s’imbriquaient. Pour eux, ça va être effectivement deux volets différents », ajoute-t-il, en référence à la famille Roy et à l’entreprise Savoura.    

« Ils savent quoi faire, rassure M. Beaudoin. Il faut prendre le temps de vivre le deuil et ensuite aller vers l’avant parce qu’on a juste une vie à vivre. »    

  

 L’entreprise après la tragédie    

Être résilient et « se serrer les coudes », c’est la meilleure façon d’assurer la continuité d’une entreprise qui a perdu sa tête dirigeante dans de telles circonstances.    

C’est ce que croit Carl Beaudoin, qui, à l’instar de l’entreprise Savoura, a dû traverser cette épreuve après la mort tragique de son père Yvon Beaudoin, président fondateur du Groupe Beaudoin à Lévis.    

« C’était de continuer à opérer l’entreprise comme elle était. On connaissait les objectifs visés et on a continué dans cette vision-là. L’équipe a embarqué avec nous pour aider à passer au travers. Sans eux, on n’aurait pas pu continuer de faire croître l’entreprise », estime Carl Beaudoin, qui dirige maintenant le groupe spécialisé en équipement de plomberie avec son frère Marco.    

Expérience salutaire  

Le paternel, qui avait fondé l’entreprise avec sa femme, Marie-Paule, en 1976, s’était adjoint ses trois fils comme actionnaires, les faisant ainsi grandir dans l’environnement d’affaires familial.    

Cette expérience s’est avérée salutaire pour Carl et Marco Beaudoin quand l’impensable est survenu.    

« On ne s’est pas fait appeler pour reprendre l’entreprise du jour au lendemain. On était déjà bien ancrés avec la structure que mon père nous avait faite et ce qu’il nous avait inculqué », observe-t-il.    

S’ils connaissaient déjà très bien la compagnie, « on a une couple de cheveux blancs qui ont poussé un petit plus vite », avoue Carl, sourire en coin.    

L’importance de l’équipe  

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une entreprise familiale comme la sienne, la clé pour la pérennité de Savoura réside dans la résilience de ses travailleurs, selon Carl Beaudoin, pointant l’ensemble des quelque 400 employés.    

« Le président n’étant plus là aujourd’hui, il y a un comité de direction, un conseil d’administration, qui va se serrer les coudes en pensant avec la même philosophie que [Stéphane Roy] », croit-il, évoquant l’importance de penser « en équipe ».    

« Les gens ont sûrement tous à cœur l’entreprise et vont probablement donner un petit coup de plus pour aider à passer au travers cette tragique épreuve », ajoute-t-il.    

Quant à Stéphane Roy, qui a fondé les Serres Sagami en 1995 et acheté Savoura en 2015, il ne sera pas oublié de sitôt au sein de l’entreprise qu’il a contribué à bâtir, à en croire M. Beaudoin.    

« De notre côté, chaque fois qu’on fait nos rencontres du conseil d’administration, on pense encore à eux, confie-t-il. Ils sont encore présents dans nos cœurs et ils vont toujours le rester. »