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Difficile de recruter des préposés à domicile

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RIMOUSKI – Trouver du personnel est une lourde tâche dans bien des secteurs et l'aide à domicile n'y fait pas exception. Une femme de Rimouski qui est atteinte de dystrophie musculaire n'arrive plus à trouver de préposés et, selon elle, c'est le salaire peu alléchant qui est responsable de ses difficultés.

Carole St-Laurent, 48 ans, a recours à l'aide à domicile, par l'entremise du programme gouvernemental Chèque emploi-service depuis près de 25 ans. C'est donc le gouvernement qui paie son aidante afin qu'elle lui donne des services.

Toutefois, depuis deux mois Mme St-Laurent se retrouve dans une situation qu'elle n'avait jamais vécue auparavant: elle peine à trouver des employés pour lui donner des soins tous les jours de la semaine.

Malgré ses nombreuses tentatives, jusqu'ici elle n'a réussi à combler ses besoins que pour quatre jours.

Pour les trois autres jours, c'est un CLSC qui lui vient en aide et, selon elle, c'est loin d'être idéal.

«C'est vraiment stressant, tu ne rien planifier, tu ne peux pas planifier de rendez-vous, tu ne sais pas à quelle heure tu vas te lever. Je me couche à 8 h du soir, pour une femme de 48 ans, je préférerais me coucher plus tard, mais là je n'ai pas le choix, je dois prendre ce qu'ils me donnent», a expliqué Mme Saint-Laurent, qui reçoit environ sept heures de soin par jour.

Les salaires en cause

Les préposés de Carole Saint-Laurent sont payés 14,68 $ de l'heure par le programme Chèque emploi-service. Selon elle, c'est ce qui rend la profession peu attirante.

«Ils font la même chose que ce qu’un auxiliaire du CLSC ferait, l'aspect hygiène, habillage, tout ça, mais ils en font encore plus! Ils s'occupent de la litière de mon chat, de mon lavage, du ménage, alors leur salaire ne représente pas du tout ce que les préposés font!» a lancé Mme Saint-Laurent.

Lors d'une rencontre avec l'organisme Parent pour toujours, qui a eu lieu le 22 juillet dernier, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a indiqué que le programme Chèque emploi-service serait indexé de 5 % cette année, mais selon Mme Saint-Laurent c'est loin d'être suffisant.

«Ce n'est pas une augmentation comme celle-là qui va mettre fin à la problématique de recrutement», a-t-elle indiqué.