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L’exception marocaine

L’exception marocaine
Photo ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationales, Maroc

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Hier, 30 juillet, le Maroc a célébré un événement marquant, le vingtième anniversaire d’accession au trône du roi Mohammed VI.

Des dizaines de médias internationaux ont souligné l’événement, notamment le magazine Le Point du 11 juillet, qui a titré à la une « Maroc : La nouvelle puissance » et lui a consacré 16 pages, décryptant les avancées et les reculs de ces deux dernières décennies.

Dans sa dernière édition de juillet, le magazine Jeune Afrique lui consacre sa une avec un éditorial et une quarantaine de pages, sous le titre « Maroc : ces vingt années qui ont tout changé ».

Une démocratie à achever

Plusieurs raisons justifient cet engouement pour un pays qui vient de loin et qui a enregistré des progrès significatifs au chapitre d’une démocratie émergente, de l’État de droit et de l’égalité hommes-femmes, ainsi qu’au chapitre de ses prouesses économiques.

Le revers de la médaille, cependant, c’est que la richesse n’a profité qu’aux mieux nantis et a laissé pour compte des millions de citoyens.

Un constat désolant que le roi n’a pas manqué de rappeler, le lundi 29 juillet, dans son discours à la nation, affirmant que toutes les avancées réalisées « n’ont malheureusement pas encore eu des répercussions suffisantes sur l’ensemble de la société marocaine ».

Mais là où le roi a innové, c’est au chapitre de la gestion du champ religieux, une compétence qui lui incombe exclusivement, celle de commandeur des croyants.

Un roi innovateur

La Commanderie des croyants est une institution qui remonte au 7e siècle. Elle se poursuit au Maroc, sans interruption depuis.

À ce titre, le roi veille à la sauvegarde d’un islam d’ouverture, dans le respect des autres religions, principalement le judaïsme et le christianisme, toujours présents au Maroc.

Or, voilà que cet « islam du juste milieu » a été mis à mal par la montée de l’islamisme radical. C’est que depuis les années 1980, le wahhabisme a fait des ravages au Maroc.

Le pays a été secoué par deux attentats meurtriers, celui de mai 2003, où 14 jeunes djihadistes marocains ont lancé des attaques suicides contre des commerces juifs, à Casablanca. Un acte terroriste portant la signature d’Al-Quaïda qui a fait 41 morts.

Le 28 avril 2011, c’était autour de Marrakech de subir un attentat à la bombe dans un restaurant de la mythique place Jemaa el-Fna. Bilan : 17 morts et 20 blessés.

Le commandeur des croyants n’a pas fait dans le déni ni dans l’aveuglement volontaire. Il s’est attaqué à la racine du mal : la propagation du wahhabisme et du salafisme violent, un islam étranger à la tradition d’ouverture du Maroc.

En 2014, il débutera un chantier unique en son genre dans le monde en créant l’Institut Mohammed VI de formation des imams (Morchidines et Morchidates) (instructeurs et instructrices).

L’inauguration du premier pavillon a eu lieu en 2015, suivie par un deuxième pavillon pour les étudiants étrangers de France et de différents pays africains, et un troisième est en parachèvement.

Le 24 juin dernier, j’ai visité ce complexe majeur à Rabat. J’ai eu des entretiens avec son directeur et avec M. Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques, bras droit du roi dans la mise en œuvre de ce vaste projet qui fait du Maroc un pays d’exception.

J’y reviendrai dans ma chronique du 2 août.