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Une femme endeuillée déçue de ne pas avoir réagi plus tôt

Sa sœur a été assassinée par son conjoint à Rivière-Rouge il y a deux semaines

Manon Radermaker, 58 ans, veut lancer un appel à la vigilance depuis qu’elle a perdu sa sœur, il y a deux semaines, aux mains d’un conjoint violent dont elle ne s’était pas méfiée. La dame a reconnu les signes de violence conjugale, après coup.
Photo Chantal Poirier Manon Radermaker, 58 ans, veut lancer un appel à la vigilance depuis qu’elle a perdu sa sœur, il y a deux semaines, aux mains d’un conjoint violent dont elle ne s’était pas méfiée. La dame a reconnu les signes de violence conjugale, après coup.

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Une femme dont la sœur a été tuée par son conjoint il y a deux semaines dans les Laurentides lance un appel à la vigilance, n’ayant pu elle-même déceler les signes avant-coureurs de ce drame.

« Elle m’a dit qu’il était contrôlant et jaloux, qu’il avait des idées suicidaires, qu’il voulait lire ses messages et qu’il avait un problème d’alcool. Ce sont des indices auxquels je pense après coup. On devrait se méfier davantage », souffle Manon Radermaker, 58 ans.

Voilà comment elle décrit le comportement qu’aurait eu Réal Jean envers sa sœur Ginette Radermaker durant leur relation, qui a duré à peine plus d’un an.

La victime de 69 ans a succombé à des blessures par arme à feu, le 15 juillet, derrière sa résidence de Rivière-Rouge.

Jean a abattu sa conjointe avant de retourner l’arme contre lui, mettant aussi fin à ses jours. Selon nos sources, une discussion au sujet de leur rupture serait à l’origine du meurtre.

Mme Radermaker n’aurait toutefois pas dit à ses proches qu’elle songeait à laisser son conjoint.

Pas une femme battue

Elle n’aurait pas non plus signifié être en danger ou victime de violence physique, se remémore sa cadette, qui lui parlait régulièrement.

« À moins qu’elle me l’ait caché, mais ça m’étonnerait », assure celle qui décrit sa sœur comme une femme philosophe, sensible, avec une belle joie de vivre.

La femme endeuillée considère important de s’informer sur la violence conjugale, tant physique que psychologique.

« Si, d’un coup, ça sauve une personne, souhaite-t-elle. Il faut en parler. Être jaloux et possessif, est-ce que ça laissait entendre qu’il allait la tuer ? Je n’ai jamais pensé ça. »

Mme Radermaker a récemment publié une touchante lettre à sa sœur décédée sur les réseaux sociaux pour surmonter sa tristesse. Elle y décrit comment ses proches et elle n’ont su percevoir certains gestes et protéger la victime.

« [J’en parle] pour toutes ces femmes qui vivent dans la peur ou l’ignorance que leur conjoint pose un geste irréparable, et aussi pour toutes ces personnes qui les côtoient », a-t-elle écrit.

Difficile à déceler

Ces situations sont difficiles à déceler, car la violence conjugale est complexe, explique Claudine Thibaudeau, porte-parole de l’organisme SOS violence conjugale.

« Vouloir avoir une emprise sur une personne est une forme de violence. [...] Ça ne prend pas nécessairement des blessures. Et quand il y a meurtre, c’est rarement un geste isolé, car c’est l’acte ultime, le dernier », explique-t-elle.


♦ Si vous êtes victime ou témoin de violence conjugale, vous pouvez joindre SOS violence conjugale au 1 800 363-9010.