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La Russie et les communistes expliqués à Soliane

Le président russe, Vladimir Poutine
Photo d'archives, AFP Le président russe, Vladimir Poutine

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C’est l’été, il faut en profiter pour instruire notre progéniture  

Là, Soliane, ça sera vraiment très facile pour moi de t’expliquer comment la Russie communiste est un pays méchant. Oui, Soliane, il y a beaucoup de vrai dans ce que tu as probablement entendu à l’école: les communistes mangent les enfants. Peut-être moins aujourd’hui, mais, avec ces communistes, il faut s’attendre à tout. En passant, j’espère que d’autres parents feront comme moi et conscientiseront leurs enfants et petits-enfants sur les bienfaits de la démocratie capitaliste et les méfaits du socialisme qui brime les gens et les prive de toute liberté. Soliane, preuve indubitable de notre liberté, tous les quatre ans, tu as le droit de voter pour le parti politique de ton choix parmi les partis qui, heureusement, adoptent tous des politiques pragmatiques et réalistes qui ne viennent en aucun cas bouleverser l’ordre établi, le respect de nos institutions et de nos lois, la sécurité nationale et notre vivre-ensemble. Soliane, pour en savoir plus sur le socialisme, écoute plus souvent les propos de Trump, de Scheer et de Maxime Bernier, qui sont très instructifs.   

Poutine, le mal incarné  

Soliane, tu vas comprendre rapidement. Quand plusieurs personnes importantes, cultivées et objectives ont toutes la même impression sur Poutine, le président communiste de la Russie, c’est que c’est vrai. Un consensus scientifique, quoi! Tiens, notre bien-aimé ex-premier ministre conservateur Stephen Harper qualifiait ainsi Poutine: «Un nationaliste extrémiste et un impérialiste» (La Presse, 9 juin 2014).   

C’est pas tellement flatteur, mais c’est ça. Avec Stephen, on aurait pu, à la rigueur, retirer le crucifix au parlement, mais jamais au grand jamais les photos et les peintures de la reine d’Angleterre. Poutine est tout le contraire de Donald Trump, un gentleman qui nous protège des envahisseurs communistes.   

Attends, Soliane, c’est pas fini. Hillary Clinton, le prince Charles et l’ex-ministre conservateur du Royaume-Uni, David Cameron, ont même comparé Poutine à Hitler: «Quand Poutine est comparé à Hitler» (La Presse, 8 septembre 2014).    

Et ce n’est pas terminé. Poutine n’a que des défauts, comme celui d’être corrompu, selon les États-Unis: «Vladimir Poutine est corrompu, selon le Trésor américain» (Radio-Canada, 25 janvier 2016).  

En somme, impossible de trouver une qualité à Poutine. Tiens, Soliane, je viens de trouver un autre bon article tiré du site web de France 24: «Boris Johnson [celui qui est devenu premier ministre de la Grande-Bretagne] a comparé la coupe du monde de soccer tenue en Russie avec les Jeux olympiques de Berlin en 1936» (22 mars 2018).  

Tu comprends maintenant pourquoi Donald Trump aime bien Boris Johnson.  

D’autres gestes pas jolis posés par les vilains communistes russes  

Soliane, c’est arrivé en 2015. Incroyable mais vrai: «Championnat du monde de hockey [tenu à Prague]. La Russie pourrait être sanctionnée pour avoir snobé l’hymne canadien» (Le Devoir, 19 mai 2015).  

C’est effrayant d’agir de façon aussi irrévérencieuse. Les mots me manquent. Il y a aussi celle-là, qui a eu lieu en 2018, comme le rapporte Le Journal du 10 octobre 2018. Un dépôt d’armes saute en Ukraine et hop! les autorités soupçonnent les Russes d’avoir fomenté ce sabotage. Il n’y a aucune preuve, mais le titre de l’article de l’Agence France-Presse ne laisse planer aucun doute: «Moscou derrière l’explosion d’un dépôt d’armes». Les preuves viendront plus tard... Tiens, une autre juste pour toi, Soliane: «La Russie pourrait [mais c’est pas sûr] fournir [en armement] les talibans» (Le Journal, 24 mars 2017). Soliane, ce sont ces mêmes Russes qui aident militairement des pays mauvais comme Cuba, le Venezuela, l’Iran, la Syrie, la Turquie. Ça peut bien aller mal dans le monde.   

Les Russes torpillent nos élections démocratiques  

Jalouse qu’elle est de notre fabuleuse démocratie et de nos grandioses libertés, la Russie essaie par tous les moyens technologiques possibles d’interférer dans nos élections libres au Canada, aux États-Unis, en France et ailleurs. Jamais au grand jamais, Soliane, que les États-Unis ont fait une telle chose, aussi abominable. «Les Occidentaux accusent la Russie [jamais les States] de cyberattaques mondiales» (La Presse, 4 octobre 2018).  

Ils sévissent même au Canada: «Trudeau visé par des trolls russes. Un rapport du Congrès américain indique que l’agence qui s’est mêlée de la présidentielle américaine de 2016 s’en est aussi prise à des cibles canadiennes» (Radio-Canada, 18 mars 2018).  

Même Emmanuel Macron, en France, a été attaqué par les communistes russes: «Présidentielle française. Macron accuse Moscou d’ingérence au profit de Fillon et de Le Pen» (Le Devoir, 15 février 2017).  

C’est bien simple, Soliane, quand ça va mal dans le monde – et ça, même pour la température et la pollution –, tu ne te trompes pas quand tu dis que ça doit être la faute des Russes. Dernière invasion technologique russe: «Réseaux sociaux. Faut-il s’inquiéter de FaceApp [une application d’origine russe]?» (Le Devoir, 20 juillet 2019).  

Il faudrait plus que s’en inquiéter: il faudrait carrément l’interdire.  

Le bon monde selon les Occidentaux et les USA  

Même s’il a renversé militairement, par un coup d’État, le président élu démocratiquement (Mohamed Morsi, emprisonné sans raison et qui vient de décéder subitement en pleine audience au tribunal du Caire), Abdel Fattah al-Sissi représente du monde correct pour les Occidentaux et les États-Unis: «Égypte. Donald Trump louange le travail fantastique du président Sissi» (La Presse, 4 avril 2017). Vraiment le summum en démocratie. Avec un taux de participation de 41%, Sissi a été réélu président d’Égypte en 2018 avec 97% des voix. Tout simplement éblouissant. Son seul rival, qui a reçu 3% des votes (Moustafa Moussa), faisait l’éloge de Sissi en campagne électorale: «Al Sissi reconduit président» (Le Devoir, 3 avril 2018).  

Après Sissi, il y a le fantastique Bolsonaro  

Jair Bolsonaro, le nouveau président du Brésil, a beau être d’extrême-droite, en plus d’être raciste, misogyne et homophobe, comme l’autre aux States, il se trouve que les Occidentaux l’aiment beaucoup plus que Poutine. Même que Trump lui a dit à Washington: «Vous faites un travail fantastique» (TVA Nouvelles, 19 mars 2019). En passant, les États-Unis ont vite reconnu la souveraineté d’Israël sur le Golan, mais pas celle de la Russie sur la Crimée.   

Le prince d’Arabie saoudite, tout le contraire de Poutine  

Quoi que fasse le dictateur ben Salmane d’Arabie saoudite, même tuer gratuitement du monde, pas question de rompre des relations cordiales avec ce beau pays. Il est permis de le critiquer, mais juste un peu, pour la galerie : «L’alliance avec Riyad demeure inébranlable, affirme Trump» (Le Journal, 21 novembre 2018).