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Lou-Adriane Cassidy: Remettre la lecture à l’agenda

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Le temps d’une entrevue, l’auteure-compositrice-interprète Lou-Adriane Cassidy a mis de côté la musique pour nous permettre de découvrir son univers littéraire.

Vous vous rappelez avec quel roman vous avez réellement commencé à aimer la lecture ?

Avec les Harry Potter. Ma mère m’a lu les deux premiers tomes quand j’avais trois ou quatre ans, alors j’ai vraiment grandi avec eux. Et lorsque j’ai commencé à les lire par moi-même parce que je voulais à tout prix savoir la suite, les films n’ont pas tardé à sortir. C’est rare, les œuvres qui se développent avec nous !

Aujourd’hui, quel genre de lectrice êtes-vous ?

Inconstante. Je peux dévorer cinq livres par semaine en vacances, puis ne plus rien lire pendant six mois. Au travers des années, mon rythme de lecture a beaucoup changé. Pendant que j’étais au cégep, je lisais énormément dans l’autobus. La lecture, c’est quelque chose qui s’inscrit dans la routine et quand on n’a pas de temps, on l’écarte souvent. Depuis que j’ai la musique dans ma vie, j’ai donc plus de misère à lire. Il faudrait que je réapprenne à prendre le temps de lire.

Vous avez étudié la philosophie.

Est-ce qu’il y a un livre de philo qui vous a longtemps suivie partout ?

C’est plus un roman philosophique qu’un essai, mais je me souviens que L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera m’a beaucoup marquée quand je l’ai lu. C’est mon prof de cégep qui me l’avait recommandé pendant la période où je lisais beaucoup dans l’autobus. Ce genre de roman permet d’illustrer des concepts qu’on n’a pas l’habitude d’aborder dans les cours...

Vous pouvez nous parler des livres que vous avez particulièrement aimés­­­ au cours des dernières années­­­ ?

Les Harry Potter, au complet, parce qu’ils représentent mon enfance ; Sapiens­­­ de Yuval Noah Harari, parce qu’il m’a sensibilisée à l’histoire de l’Homme et parce qu’il met des mots sur des malaises que tous les humains peuvent ressentir sans nécessairement les comprendre ; Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes, parce que c’est juste, beau et triste ; et Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier, que j’ai trouvé touchant et bien écrit. C’est également le roman où j’ai noté le plus de phrases. Ah, il y a aussi la biographie de Serge Gainsbourg signée Gilles Verlant. Une amie me l’a prêté et pour moi, ça a été une lecture significative, une lecture qui m’a beaucoup inspirée.

Quel est le dernier roman qui a réussi à vous captiver pendant des jours ?

La petite fille qui aimait trop les allumettes, de Gaétan Soucy. J’ai vraiment été happée par l’histoire, par sa violence, et je me rappelle avoir pleuré dans la rue en le lisant. Oui, à cause du rythme que ça ajoute, j’aime beaucoup lire en marchant !

Et que lisez-vous en ce moment ?

Je lis quelques livres en même temps, mais j’ai du mal à me plonger dans un seul. Je lis principalement Le deuxième sexe, de Simone de Beauvoir.

Y a-t-il un personnage de roman que vous aimeriez un jour pouvoir rencontrer dans la vraie vie ?

Pas vraiment. Je ne transpose pas beaucoup les personnages de mes lectures dans la vraie vie, les livres me permettant justement de ne pas m’y projeter, de m’évader du quotidien...

Quels livres tenez-vous absolument à lire avant la fin du monde ?

Plein de livres me trottent dans la tête. Je n’ai pas une très grande culture des classiques et je commencerais par L’Étranger de Camus. J’aimerais aussi lire Belle du Seigneur d’Albert Cohen et La dévoration des fées de Catherine Lalonde. Mais d’ici la fin du monde, j’espère surtout pouvoir devenir une lectrice plus assidue au quotidien. Parce que ça me manque.