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Plus facile que jamais de décrocher un premier boulot

Jérémie Gagnon, sportif, futur philosophe et laveur de vaisselle à 16 ans

Premier boulot, premier appartement, l’été 2019 s’avère un passage important pour Jérémie Gagnon, 16 ans, originaire de Saguenay, qui pratique également le soccer.
Photo Diane Tremblay Premier boulot, premier appartement, l’été 2019 s’avère un passage important pour Jérémie Gagnon, 16 ans, originaire de Saguenay, qui pratique également le soccer.

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Occuper un premier emploi « officiel » est un événement marquant dans une vie. Tout le monde se souvient de son premier jour de travail. Dans le contexte de la pénurie de main-d’œuvre, le taux d’emploi estival chez les jeunes est beaucoup plus élevé maintenant qu’il ne l’était dans les années 1990.

En 1997, par exemple, 29,9 % des jeunes de 15 à 19 ans occupaient un emploi d’été, alors que cette proportion atteignait 41,4 % en 2016, selon les données les plus récentes de l’Institut de la statistique du Québec.

Chez les 20 à 24 ans, le taux d’emploi estival est passé de 41,4 % à 73,8 % au cours de la même période.

Jérémie Gagnon, 16 ans, natif de Saguenay, est affecté principalement à la plonge au restaurant Tartar Station de Québec. Le jour où il a mis les pieds dans le restaurant, il a été embauché.

« C’est pas si pire. Ça se fait bien. Le monde est gentil. C’est une belle gang », affirme Jérémie, qui est étudiant à l’école secondaire Cardinal-Roy dans le programme sport-études soccer.

Horaire chargé

Pour l’été, il combine travail et entraînements. À compter de l’automne, l’étudiant s’installera seul en appartement. Il économise son argent en prévision de ce grand jour.

« Je vais essayer de payer ma nourriture pour l’hiver et mon forfait de téléphone », a-t-il confié.

Il a quitté son patelin pour se rapprocher de son club de soccer et des installations sportives dédiées à cette discipline à Québec.

Les jeunes se sentent eux aussi concernés par la pénurie de main-d’œuvre, mais à l’inverse des employeurs, ils ont l’embarras du choix. La flexibilité des horaires est un facteur important à leurs yeux. S’ils se sentent trop coincés dans un horaire qui ne leur convient pas, ce n’est pas trop long qu’ils décampent, parfois même sans préavis.

Persévérance

« Ça ne pousse pas le monde à persévérer et à prendre leur place dans l’entreprise », reconnaît Jérémie.

« On n’a pas tant de sacrifices à faire si, chaque fois qu’il faut en faire un, on change de job », ajoute-t-il.

Jérémie se souvient à quel point il était nerveux le jour où il est allé porter son CV, mais l’accueil qu’il a reçu l’a tout de suite mis en confiance.

« C’est bénéfique de travailler. Ça m’habitue à prendre des engagements et à les respecter. J’organise mon horaire. À l’école, j’avais beaucoup de difficultés avec les agendas, mais j’ai dû m’en créer un sur mon cellulaire. »

Après ses études secondaires, Jérémie souhaite étudier en histoire et civilisation au Cégep de Sainte-Foy et ensuite enchaîner avec un baccalauréat en philosophie, pour se diriger éventuellement en enseignement ou réaliser des projets d’écriture.

Beaucoup d’offres dans les services

Florence Marie-Caron, 19 ans, travaille actuellement dans une église.
Photo Diane Tremblay
Florence Marie-Caron, 19 ans, travaille actuellement dans une église.

Le secteur des services représente la porte d’entrée pour la majorité des jeunes qui font leur arrivée sur le marché du travail.

Selon le portrait des jeunes Québécois sur le marché du travail, 301 300 étudiants en emploi, en 2016, sur 322 500 travaillaient dans le secteur des services.

Les commerces, l’hébergement et la restauration représentent les principaux employeurs de ce secteur. On pourrait ajouter les musées et les attraits touristiques.

« Expérience de terrain »

Audrey Belisle a commencé à travailler à 14 ans comme caissière chez McDonald’s. Elle y est restée pendant 5 ans. À 19 ans, elle travaille comme hôtesse au Café Buade, dans le Vieux-Québec.

« J’économise pour mes études en ce moment », a-t-elle confié.

La jeune femme entreprendra des études en psychologie à l’Université Laval, à l’automne.

Florence Marie-Caron, 19 ans, est guide-animatrice à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec.

« C’est mon premier emploi officiel. J’aime beaucoup ça travailler dans une église. Ça va bien avec ma personnalité », a partagé l’étudiante à l’Université Laval en sciences historiques et études patrimoniales.

« Ce qui m’intéresse dans ma formation, ce sont les bâtiments patrimoniaux et le lien que les gens ont avec ces bâtiments-là. Ici, c’est comme une expérience de terrain », dit-elle.

À 14 ans, elle décroche un premier travail

Il est de plus en plus fréquent de voir des jeunes de 14 ans intégrer le marché du travail. C’est le cas de Léa, étudiante dans une école secondaire de Québec, qui travaille comme commis d’épicerie dans un IGA de la région.

Il y a quelques semaines, l’étudiante a été embauchée à la première porte où elle est allée frapper. « Je suis commis d’épicerie. Je remplis les tablettes et je réponds aux questions des clients », dit-elle.

La jeune fille travaille environ 20 heures par semaine, ce qui lui laisse le temps de profiter de l’été. « J’étais un peu stressée à ma première journée parce que je ne savais pas à quoi m’attendre, mais ç’a bien été. Je me suis dégênée », a-t-elle ajouté.

Léa est devenue une experte pour savoir où sont les produits dans l’épicerie.