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Savoir détecter les occasions d’affaires

Elle innove dans le but d’aider les entreprises de transport à déceler les bris des conteneurs

Jennifer Ivens, fondatrice de Canscan, qui a mis au point une technologie pour vérifier l’état des conteneurs pour le transport de marchandises.
Photo Chantal Poirier Jennifer Ivens, fondatrice de Canscan, qui a mis au point une technologie pour vérifier l’état des conteneurs pour le transport de marchandises.

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C’est l’impatience qui a incité Jennifer Ivens à quitter son poste d’analyste en logistique chez MSC, un armateur de porte-conteneurs, pour se lancer en affaires.

Elle avait une idée d’innovation, mais elle trouvait difficile de la faire avancer au sein de cette entreprise active à l’international. Pressée d’obtenir un résultat, elle a démissionné pour fonder Canscan, qui offre un service automatisé d’inspection de conteneurs.

Un an plus tard, elle se retrouve à la tête d’une jeune pousse qui s’apprête à se lancer à l’assaut du marché. Comme quoi l’impatience n’est pas toujours un défaut, au contraire !

De l’idée au marché

Sa première cible : les terminaux portuaires des grandes villes côtières, qui pourraient bénéficier de la technologie développée par Canscan pour gagner en efficacité opérationnelle. Il s’agit en fait d’un système de détection par caméra qui détecte instantanément la détérioration et les dégâts des conteneurs.

« On estime qu’il y a 20 % des conteneurs qui sont endommagés durant le transport, explique Jennifer Ivens. Actuellement, la vérification se fait de façon visuelle. La tâche est parfois ardue, surtout en hiver, et le risque d’erreur est élevé. »

« Notre système scanne les conteneurs et est en mesure de détecter la moindre anomalie. De la rouille sur une des parois peut être le signe qu’il y a un trou sur le dessus du conteneur, par exemple. »

Développer une technologie exige de grandes ressources financières et humaines. Dès le départ, Jennifer Ivens a pu compter sur l’appui précieux du Port de Montréal. À l’invitation de son directeur Veille stratégique et innovation, Daniel Olivier, elle a intégré le nouvel accélérateur d’innovation portuaire, créé en partenariat avec le Centech. Elle a ainsi bénéficié de services et de conseils qui ont fait une différence dans le développement de l’entreprise.

« Cela nous a notamment donné accès à des groupes mondiaux du domaine du transport. Ce sont des occasions de visibilité fantastiques. »

Signe de l’intérêt que suscite la solution de Canscan dans l’industrie, elle a vite décroché un premier client (confidentiel) qui a aidé à mettre au point le système de détection. Elle a aussi pu compter sur l’appui financier de deux investisseurs, en plus de bénéficier de subventions pour l’embauche de stagiaires.

Canscan compte actuellement 10 employés et prévoit doubler ses effectifs au cours de la prochaine année.

Elle s’attaque à un vaste marché. Si elle vise d’abord à déployer sa technologie dans les ports, les terminaux ferroviaires et les compagnies de transport routier sont aussi dans sa mire. Après le Canada, elle se lancera sur les marchés d’exportation, vers l’Europe et certains ports stratégiques aux États-Unis dans un premier temps.

À l’automne, elle prévoit mener une première ronde de financement pour aller chercher le financement nécessaire à ce plan de développement.

Un jury impressionné

Jennifer Ivens a sauté à pieds joints dans l’aventure entrepreneuriale. Elle l’avoue, pour passer d’analyste en logistique à entrepreneure, la courbe d’apprentissage se vit en accéléré.

« L’avantage, c’est que je n’ai pas le temps de penser à être stressée face aux défis. Je fonce. »

Un de ces défis a été sa participation au Startupfest au début de juillet. Elle qui n’avait jamais fait de pitch, elle a su impressionner les juges, qui lui ont décerné le premier prix du concours de pitch. Elle est aussi repartie avec le nouveau prix de 100 000 $ pour une jeune pousse dirigée par une femme.

« C’est une belle marque de reconnaissance et un coup de pouce incroyable pour une entreprise en démarrage », souligne Jennifer Ivens.

Il y a fort à parier que ce ne sont pas les derniers prix que remportera cette jeune entrepreneure.

Son parcours

  • Jennifer Ivens, 37 ans
  • Maîtrise en anthropologie sociale, Université Concordia, 2009
  • Analyste en logistique, MSC Mediterranean Shipping Company, 2014 à 2017
  • Fondatrice de Canscan, 2018

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

« D’avoir accepté un poste de formatrice en transport maritime. Il m’a obligée à sortir de ma zone de confort, mais j’y ai trouvé ma passion professionnelle. C’est ce qui m’a poussée vers l’entrepreneuriat. »

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

« J’aurais dû chercher plus tôt une associée ayant des connaissances en technologies pour partager le défi de démarrer une entreprise. Aujourd’hui, il est trop tard... »