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Son enfant s’est injecté son EpiPen par accident

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Un petit garçon polyallergique a donné une sale frousse à ses parents lorsqu’il s’est piqué dans le doigt par accident avec son auto-injecteur d’adrénaline EpiPen la semaine dernière.  

Heureusement, il y a eu plus de peur que de mal, mais sa mère se questionne sur la sécurité du médicament.  

«Il avait le doigt complètement transpercé par l’aiguille. Il a failli en perdre l’usage, mais nous avons réagi à temps en appelant le centre antipoison. On n’a pas eu besoin d’aller à l’hôpital, mais il a eu très mal», a raconté Maryska Lacasse, toujours sous le choc.  

Un défaut de fabrication?  

Maman d’un garçon de cinq ans qui souffre de 18 allergies, Mme Lacasse est pourtant très familière avec le fonctionnement de l’EpiPen. Elle sait que l’auto-injecteur ne peut être utilisé que lors des crises d’allergie et que son utilisation entraîne normalement un transport aux urgences, tellement la charge d’adrénaline est forte. Elle sait aussi que l’EpiPen doit rester dans sa protection de plastique pour éviter, justement, que ce genre de situation arrive.  

«Pendant que nous étions en voiture, il a réussi à atteindre son EpiPen dans une valise, sans que l’on s’en rende compte. Il n’a toutefois pas réussi à enlever le bouchon bleu. Ça veut dire que la piqûre s’est déclenchée, même si le dispositif de sécurité était toujours en place», s’est insurgée Maryska Lacasse, qui a contacté la société pharmaceutique Pfizer, qui commercialise l’EpiPen.  

La compagnie lui a assuré que son garçon aura droit à un nouvel EpiPen et que des tests seront effectués prochainement sur son précédent auto-injecteur afin de déterminer s’il était bel et bien défectueux.  

Rejoint par l’Agence QMI, Pfizer n’a cependant pas voulu commenter «ces cas spécifiques sans avoir toute l’information disponible».  

Trop dangereux pour un enfant?  

Or, il est commun que des enfants se blessent par inadvertance avec leur EpiPen. Après avoir partagé sa mésaventure sur Facebook, Maryska Lacasse a reçu plusieurs témoignages de mères d’enfants allergiques qui ont connu des mésaventures semblables.  

C’est ce qui lui fait dire que les écoles ont tort de demander aux enfants allergiques de porter leur EpiPen en permanence sur eux.  

«Les enfants ont leur EpiPen dans des genres de sacs banane. Ça veut dire qu’ils peuvent facilement y avoir accès. Un autre enfant pourrait aussi aisément prendre l’EpiPen en jouant et il pourrait arriver un accident», a soulevé la mère de famille de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, dans le Centre-du-Québec.  

Du côté d’Allergies Québec, on continue cependant de penser que les écoles qui «recommandent fortement» à leurs élèves d’avoir l’EpiPen en permanence sur eux prennent la bonne décision.  

«Les risques qu’un accident se produise sont assez minces. Un enfant allergique a beaucoup plus de chance de faire un choc anaphylactique et les conséquences sont beaucoup plus grandes. Dans ces situations, ça peut être une question de quelques minutes pour sauver sa vie et le temps d’aller chercher l’EpiPen à l’infirmerie peut déjà être trop long», a soutenu la directrice générale de l’organisme, Dominique Seigneur, qui s’est toutefois dite préoccupée par l’histoire de Maryska Lacasse.