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Star Market, le nouveau NASDAQ chinois

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Q : La Chine vient de lancer un compétiteur direct au NASDAQ. Est-ce une bonne nouvelle pour l’investisseur autonome ?


R : Oui, si vous avez les nerfs solides ou investissez à long terme. Mais vous devrez attendre un peu.

Le 22 juillet, la Chine lançait son propre NASDAQ, le Star Market, basé à Shanghai. Dès le premier jour, ce marché a enregistré des gains de 140 %. En sept heures, les 25 premiers appels publics à l’épargne (PAPE) (pour 117 candidats) de cette nouvelle Bourse ont récolté 5,4 milliards $ US (dégageant un ratio cours/bénéfice de 53,4 !) Les gains de ces 25 premières inscriptions ont totalisé 7,1 G$ US, créant du coup plusieurs nouveaux milliardaires chinois. En comparaison, la capitalisation boursière du marché principal de la Bourse de Shanghai est évaluée à 4,6 trillions $ US.

Wall Street est sur la défensive. On y souligne que le nouveau marché est hautement spéculatif, car stimulé par des investisseurs trop enthousiastes ou encouragés par la propagande. Ils rappellent la déconfiture de la Bourse ChiNext de Shenzhen, lancée en 2009.

Ainsi, des 645 investisseurs institutionnels initiaux du Star Market, 77 étaient étrangers. Et après une semaine, 67 % des ventes à découvert étaient réalisées sur marge, comparativement à 1,7 % à la Bourse principale de Shanghai.

Quelques exemples de compagnies inscrites : Anji Microelectronics (semi-conducteurs), qui a terminé en hausse de 400 % le premier jour, Western Superconducting (+267 %), Espressif (composants WiFi et Bluetooth), China Railway & Comm (systèmes de contrôles de trains) et Xinguang Optic-Electronics (« pires » gains du premier jour : +84 %).

Pour se faire attrayant, le Star Market autorise les actions multivotantes, répond à une réglementation plus « légère » (plus besoin, par exemple, d’enregistrer des années de profit avant de faire son PAPE), a instauré des courts-circuits si le marché est en hausse soudaine de 30 %, et autorise la vente à découvert (une première en Chine continentale). Il vise surtout les masses d’investisseurs chinois, qui doivent démontrer deux ans d’expérience sur les marchés et disposer de 500 000 yuans (95 000 $) dans leur compte de courtage.

Miser quand même sur la Chine

Même si les investisseurs institutionnels occidentaux ont déjà accès au Star Market (les plus téméraires y sont très sélectifs), les investisseurs autonomes québécois y sont exclus.

Mais ça va bientôt changer. Lundi, le Star Market lancera son propre indice, le SSE Science and Technology Innovation Board 50 Index. Les grandes compagnies de fonds concoctent déjà des FNB indiciels basés sur cet indice, ou sur des segments de ce nouveau marché.

En attendant, l’offre de fonds communs et de FNB couvrant la Chine est vaste, mais les rendements sont inégaux. Si plusieurs experts incitent actuellement à se méfier de la Chine, elle n’a pas fini de nous surprendre, malgré une démographie et un endettement inquiétants. L’enrichissement de sa classe moyenne ne fait que commencer et son PIB moyen dépasse les 8 % depuis les années 1980.

Deux FNB techno chinois à considérer parmi plusieurs : China Consumer ETF (CHIQ) de Global X et Guggenheim China Technology ETF (CQQQ).


Question à notre investisseur


Les informations publiées dans cette chronique ne constituent pas des conseils ou des recommandations formulées par Le Journal. Toute personne intéressée doit consulter les conseillers ou professionnels autorisés pour ces fins par l’Autorité des marchés financiers.