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«American Story Show : Les années Woodstock»: l’été des souvenirs

Miriam Baghdassarian
Photo Agence QMI, Steve Madden Miriam Baghdassarian

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Avec la formule du «American Story Show» qu’il avait testée avec beaucoup de succès il y a quatre ans, Mike Gauthier avait en main le cadre parfait pour revisiter l’époque Woodstock, en cette année de 50e anniversaire du premier rassemblement historique.  

La recette était éprouvée, et le matériel à exploiter, foisonnant. Surtout quand on pense que les trois éditions de Woodstock (1969, 1994 et 1999) ont été le berceau de consécration ou la terre d’accueil d’artistes de la trempe de Santana, Jefferson Airplane, Joe Cocker et Janis Joplin, pour ne nommer que ceux-là.  

Le spectacle «American Story Show : Les années Woodstock», qui vient de se poser à la Salle J.-Antonio-Thompson de Trois-Rivières pour l’été, se déploie donc de la même façon que le premier «American Story Show», autour d’interprétations d’airs ayant traversé les époques, de mises en contexte en mots et en images sur écran – pour étoffer la proposition et donner un aspect documentaire à toute l’affaire – et de clins d’œil amusants à la période célébrée, en se concentrant cette fois sur les épisodes mémorables ayant jalonné le Woodstock original et ses répliques subséquentes.  

 

Mike Gauthier
Photo Agence QMI, Steve Madden
Mike Gauthier

 

Mike Gauthier reprend du service à titre de directeur artistique et à la recherche de cette revue musicale et documentaire, et Rick Hughes (qui était de la première mouture de l’«American Story Show»), Pascal Dufour et Miriam Baghdassarian («La Voix 2018») en sont les trois voix principales, supportés de quatre musiciens... et d’un technicien qui abandonne parfois son poste pour aller crâner dans un échafaud qui sert de décor, à la façon d’un figurant!  

 

Rick Hughes, Pascal Dufour et Miriam Baghdassarian
Photo Agence QMI, Steve Madden
Rick Hughes, Pascal Dufour et Miriam Baghdassarian

 

Soulignons qu’Elliott Landy, photographe de Woodstock 1969, a participé à l’élaboration de cette fresque et était même présent à la première médiatique de «American Story Show : Les années Woodstock», à Trois-Rivières, vendredi dernier.  

 

Elliot Landy
Photo Agence QMI, Steve Madden
Elliot Landy

 

Miriam épate  

Un brin plus niché que la production précédente – qui ratissait large dans les décennies de culture américaine comprises entre 1960 et 1999 – ce survol des années Woodstock crache peut-être moins de tubes populaires, mais n’en demeure pas moins hyper festif et rassembleur.  

Qu’on adhère ou pas à la philosophie «peace and love » de Woodstock, qu’on connaisse ou pas le répertoire emblématique du festival, les «Freedom», de Richie Havens, «Bad Moon Rising», de CCR, «Sledgehammer», de Peter Gabriel, «I Got You, I Feel Good», de James Brown, et «Zombie», des Cranberries, sont toujours un plaisir à fredonner, surtout dans une salle de concert en liesse!  

 

Rick Hughes et Pascal Dufour
Photo Agence QMI, Steve Madden
Rick Hughes et Pascal Dufour

 

Rapidement après leur entrée en piste, les trois chanteurs invitent le parterre à se lever, à chanter, à danser, et descendent même quelques fois parmi les sièges pour se trémousser avec les spectateurs, au grand bonheur de ceux-ci. Et on fait la fête à Bob Dylan, à Metallica et à The Band.  

Miriam Baghdassarian, qui hérite évidemment de toutes les partitions féminines, en a épaté plus d’un, vendredi dernier. Née en 1999, l’année du dernier Woodstock, la jeune femme a encore du mal à doser l’intensité de ses interprétations ; ses livraisons de «You Oughta Know», d’Alanis Morissette, et de «Zombie» étaient peut-être un peu trop théâtrales. Janis Joplin et Mélissa Etheridge, personnifiées avec plus d’aplomb, lui allaient toutefois comme un gant.  

 

Miriam Baghdassarian
Photo Agence QMI, Steve Madden
Miriam Baghdassarian

 

S’égosillant à la fin de «Dream On», d’Aerosmith, Rick Hughes a brassé à souhait les couplets de «Bad Moon Rising», en plus d’émouvoir l’assistance avec un hommage à sa sœur Lulu, qui combat à nouveau le cancer, sur «With a Little Help From My Friends», laquelle s’est terminée sous un faux orage... comme en 1969, quand Joe Cocker avait terminé son morceau sous une pluie diluvienne. Quant à Pascal Dufour, il complète admirablement bien le trio, et sa «Sledgehammer» a récolté une réaction enthousiaste.  

«American Story Show : Les années Woodstock» est présenté à la Salle J.-Antonio-Thompson de Trois-Rivières jusqu’au 31 août.