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Stranger Things: des effets visuels conçus au Québec

Le studio Rodeo FX a travaillé à la dernière saison de Stranger Things

Stranger Things
Photo courtoisie, Netflix Rodeo FX a réalisé la majorité des effets visuels de la troisième saison de Stranger Things, dont les nombreuses créatures que l’on retrouve dans cette série culte de Netflix 

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 En réalisant la majorité des effets visuels de la troisième saison de la populaire série Stranger Things, la firme québécoise Rodeo FX vient d’accéder à l’univers Netflix. 

«Il y a trois choses que tu veux atteindre dans le monde des effets visuels. Tu veux travailler sur les titres les plus en vue, ceux où il y a des créatures, et te positionner comme étant capable de mener l’ensemble d’un projet. On a réussi les trois d’un seul coup», a lancé Martin Pelletier, directeur du studio de Québec, lors d’un entretien. 

Le travail de Rodeo FX est présent dans sept des huit épisodes de cette série de science-fiction qui est devenue, lors de sa mise en ligne, la plus écoutée de l’histoire de Netflix, avec 40,7 millions de personnes qui ont regardé les nouveaux épisodes entre le 4 et le 8 juillet. 

Stranger Things suit les péripéties d’une bande de jeunes qui doivent affronter des phénomènes surnaturels dans la petite ville fictive de Hawkins, en Indiana. 

Connu pour son travail sur Game of Thrones et sur les longs métrages Blade Runner 2049, Star Wars – The Last Jedi, It, Dumbo et autres, Rodeo FX n’avait jamais travaillé avec Netflix.

Une surprise

Cette opportunité est arrivée, a mentionné Martin Pelletier, de façon complètement inattendue.

«Nous avons réussi à obtenir un rendez-vous avec Paul Graff, qui est le superviseur des effets visuels de Stranger Things. On l’a rencontré dans nos studios de Venice Beach, en Californie, au printemps 2018, sans grandes attentes. On voulait voir s’il y avait une façon de toucher à ce projet et avoir une partie de la tarte», a-t-il raconté.

Étrangement, la discussion qui a duré une heure n’a pas du tout tourné autour des effets visuels.

«Il nous a dit qu’il nous avait trouvé pas mal cool et que ça serait le fun de travailler avec nous. Deux semaines plus tard, il nous offrait d’être la firme principale pour la réalisation des effets spéciaux de la saison 3. Ce fut une surprise. On s’attendait à ramasser les miettes de pain des autres compagnies ayant déjà travaillé sur Stranger Things», a-t-il mentionné, dans la salle de visionnement du studio de Saint-Roch. 

Complexe et élaboré 

Le studio de Québec, maître d’œuvre de ce projet, a dirigé le travail de conception visant à donner vie aux différentes créatures, à quelques environnements, dont le centre commercial Starcourt Mall, qui est l’endroit central de la troisième saison, et des effets d’humains qui fondent et qui se transforment en «bibittes.» 

Un contrat qui a nécessité 14 mois de travail et a impliqué 200 employés des studios de Montréal, Québec, Munich et Los Angeles. 

«Stranger Things est la série culte numéro un chez Netflix. La deuxième saison avait été très bien cotée en termes d’effets visuels et un de nos objectifs était de rehausser la barre encore plus. Il fallait arriver à faire quelque chose d’unique», a-t-il indiqué. 

Un autre des défis était de réaliser des choses complexes et élaborées en respectant le côté années 1980 de la série. 

Dégueulasses et coulantes 

«Les frères Duffer, qui sont les concepteurs de Stranger Things, voulaient que nos créatures soient dégueulasses et coulantes, sans que ça devienne un cours d’anatomie et de biologie 101. Il fallait en montrer assez et pas trop. On devait marcher sur une ligne très mince entre ce que les frères Duffer voulaient voir à l’écran et les limites imposées par Netflix. Il fallait que ça soit épeurant, et avec un côté quasiment drôle. Je pense que l’on a réussi à atteindre parfaitement ce niveau», a précisé Martin Pelletier, qui a dirigé le travail. 

La réalisation de ce contrat d’envergure, jumelé au record qui vient d’être établi, pourrait ouvrir la porte à Rodeo FX pour d’autres projets. 

«Ils veulent que l’on soit présent sur certains de leurs projets et nous sommes en train d’évaluer des séries et des films qui sont en développement. On souhaite aussi être de la saison quatre de Stranger Things», a fait savoir Martin Pelletier.