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Chiro blâmé pour avoir voulu traiter un chien

Au Québec, cet acte est réservé aux vétérinaires

Yves Bellavance dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube en 2012.
Capture d’écran tirée de YouTube Yves Bellavance dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube en 2012.

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Un chiropraticien de Mascouche piégé par un faux patient a été blâmé par son Ordre cet été pour avoir accepté de traiter un chien, une pratique interdite au Québec.

Yves Bellavance cumulait plus de 40 ans d’expérience quand un faux patient, qui travaillait en fait pour une firme d’enquête, a pris rendez-vous avec lui en mars 2018.

Lors de cette consultation, le chiropraticien a commis plusieurs fautes professionnelles, indique un jugement datant du 3 juillet.

Il lui a recommandé la pose d’une orthèse plantaire, un acte réservé aux médecins, podiatres et infirmières spécialisées.

De plus, le site web de M. Bellavance mentionnait à l’époque qu’il pratiquait sur les animaux. Questionné par le patient à ce sujet, il a alors accepté de traiter son chien.

« Il ne pratique pas la chiropractie sur les animaux les mêmes jours que les humains pour une question d’hygiène », relate le jugement.

Averti dès 2011

Au Québec, ce champ de compétences est réservé aux vétérinaires.

La syndique de l’Ordre des chiropraticiens du Québec l’avait pourtant mis en demeure concernant cette pratique, dès 2011.

Par ailleurs, le professionnel a aussi remis au patient un tableau informatif contenant des « faussetés scientifiques flagrantes » sur le lien entre les vertèbres et le système nerveux, entachant ainsi l’« honneur de la profession », blâme-t-on dans le jugement.

Il s’est donc vu imposer une amende de 2500 $ ainsi que trois réprimandes.

Différent en Ontario

Depuis, M. Bellavance a modifié ses comportements : il a détruit les copies du tableau erroné, changé son formulaire de consentement et il refuse de pratiquer sur des animaux, indique le document.

Contacté par téléphone, M. Bellavance n’a pas souhaité commenter son dossier, mais a souligné que la chiropractie animale est légale en Ontario.

« Malheureusement, ce n’est pas le cas au Québec », a-t-il ajouté.

« Il y a plusieurs collègues qui seraient intéressés à suivre les cours [de chiropractie animale], mais pour des raisons légales, c’est impossible », admet la Dre Julie Chénier, chiropraticienne et chargée d’affaires professionnelles à l’Ordre.