/news/education
Navigation

Explosion des demandes de révision de notes au secondaire

Coup d'oeil sur cet article

Dans le réseau scolaire, le nombre de demandes de révision de notes obtenues aux examens ministériels de juin en quatrième et cinquième secondaire est près de 30 fois supérieur à celui de l’an dernier.

Entre le 5 juillet et le 1er août, le ministère de l’Éducation a reçu 1280 demandes de révision de notes, comparativement à 45 au cours de la même période l’an passé, selon les données obtenues par Le Journal.

En avril, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a décidé de mettre fin au « gonflement de notes », en décrétant que son ministère n’accorderait plus automatiquement la note de passage de 60 % aux élèves qui ont obtenu 58 % ou 59 % aux épreuves ministérielles de fin d’année au secondaire.

Résultat : les élèves à qui il ne manquait que quelques points pour réussir ont été nombreux cette année à faire une demande de révision de notes auprès du ministère de l’Éducation.

Hausse anticipée

Québec « avait anticipé une éventuelle hausse vu l’abolition du traitement statistique et s’était assuré de répondre à ces demandes avec célérité », a indiqué la porte-parole du ministère, Esther Chouinard.

Du personnel supplémentaire a été embauché afin de répondre à la demande.

Le ministère de l’Éducation n’a toutefois pu nous indiquer combien d’élèves sont passés d’un échec à une réussite à la suite d’une demande de révision de notes.

À la Commission scolaire des Navigateurs, qui dessert la Rive-Sud de Québec, et à la Commission scolaire de Laval, on indique que les notes des élèves sont demeurées inchangées dans la grande majorité des cas.

Cette augmentation n’étonne pas non plus Micheline-Johanne Durand, professeure à l’Université de Montréal, experte de l’évaluation des apprentissages.

Une démarche « légitime »

« Il fallait s’y attendre », lance Mme Durand, tout en précisant que la demande de révision de notes est une démarche « tout à fait légitime ».

Cette experte considère que la nouvelle directive du ministre Roberge manque de nuance. « La prise de position du ministère n’est pas mauvaise, mais elle est mal faite », affirme-t-elle.

Les élèves qui ont 58 % ou 59 % à un examen ne devraient pas systématiquement obtenir la note de passage, comme c’était le cas avant, mais ils ne devraient pas non plus être automatiquement en échec, selon cette experte.

La décision finale devrait reposer sur le jugement professionnel de la personne qui corrige. « La question est de décider si l’élève a atteint les compétences qu’il devait développer », dit-elle.