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Makusham!: une célébration de toutes les musiques

Makusham!: une célébration de toutes les musiques
STEVE MADDEN/AGENCE QMI

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MONTRÉAL | Sur papier, le mariage de Florent Vollant et de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) était déjà audacieux et rempli de promesses. Sur la scène de la Cinquième Salle, vendredi, à la tombée du soir, l’union s’est avérée festive, joyeuse et pleine de tendresse.

Inséré à la fois dans les programmations des festivals Virée classique et Présence autochtone, tous deux établis dans les environs de la Place des Arts, le concert Makusham! se voulait une célébration de l’éternelle pulsation du teweikan (tambour traditionnel autochtone). 

L’expression makusham désigne une danse traditionnelle et un rassemblement innus, et donne aussi son nom au studio ouvert par Florent Vollant à Maliotenam, lequel est aussi un centre de formation pour les jeunes musiciens autochtones. 

Finale addictive

Symboliquement, le rendez-vous avait lieu le 9 août, Journée internationale des peuples autochtones. «Comme tous les jours», a précisé l’artiste multidisciplinaire métisse Moe Clark, invitée spéciale de Florent Vollant pour cette occasion unique. 

«Comme tous les jours», en ce sens que c’est tout le calendrier qui appartient aux populations autochtones, et pas seulement un vendredi d’août. Un rire d’assentiment de la petite foule lui a donné raison. 

La gracile Moe Clark, qui a habilement manié français et anglais pour s’adresser aux gens, n’a pas lâché son propre teweikan de toute la prestation, virevoltant là où ses pas de danse la menaient, lumineuse. Seule ou en duo avec Florent Vollant, qui jouait lui aussi du tambour, la chanteuse irradiait. Son interprétation de I Find Grace, en solo, était puissante. Autre voix conviée à se joindre aux festivités, le musicien innu Scott Pien Picard fut lui aussi une belle découverte pour le public présent. 

Makusham! fut une célébration des rythmes autochtones et de toutes les musiques. À petit déploiement de cinq instrumentistes, représenté, vendredi, par violon, violoncelle, guitare et marimba, l’OSM n’en perd pas moins de sa grandeur, même si plus discret. 

On a ainsi salué les musiques qui rassemblent, envoûtent, font claquer des mains et se lever une salle d’un bloc, et génèrent des petites bombes d’applaudissements, lesquelles grandissaient d’ampleur à chaque morceau, de la Tshishe Manitu d’un Florent Vollant seul et respectueux, en ouverture, jusqu’à la réjouissante finale, sur une addictive pièce justement intitulée Makusham, et ses entraînants «Hey, hey, hey!». 

Le moment a incité tout le monde à danser, et l’assistance en a vite redemandé, au point de rester debout à acclamer les artistes après le départ de ceux-ci, espérant un rappel. Or, les spectacles de la Virée classique, tels de petits «sprints» au cours d’un long marathon, durent 40 minutes, top chrono. Il faudra renouveler l’expérience Makusham! pour continuer cette fête à laquelle tous étaient les bienvenus. 

La Virée classique de l’OSM se poursuit jusqu’à dimanche (11 août), et Présence autochtone a lieu jusqu’au 14 août.