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«Histoires effrayantes à raconter dans le noir»: superbe bal des monstres

«Histoires effrayantes à raconter dans le noir»: superbe bal des monstres
AFP

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Guillermo del Toro est un poète et ses pattes de producteur et de coscénariste se sentent partout dans ce magnifique «film de peur» pour jeunes dont la chanson thème est signée Lana Del Rey.

Les «Histoires effrayantes à raconter dans le noir» sont, au départ, une série de romans jeunesse écrits par Alvin Schwartz et illustrés par Stephen Gammell. Chaque roman étant composé de nouvelles, le film de 106 minutes suit ce découpage.

C’est ainsi que nous faisons la connaissance de Stella Nicholls (Zoe Colletti), d’Auggie (Gabriel Rush) et de Chuck (Austin Zajur) le soir de l’Halloween 1968. Tous trois meilleurs amis, ils ont l’idée de se venger – presque de manière amusante – de Tommy Milner (Austin Abrams), l’intimidateur de l’école. Joueur de football de l’école, Tommy est violent. Conséquemment, devant l’humiliation concoctée par le trio, il se lance à la poursuite des trois amis. Ces derniers rencontrent ainsi Ramon (Michael Garza) et décident d’aller faire un tour dans une vieille maison qu’on dit hantée.

La demeure, ancienne résidence de la famille Bellows, est inquiétante à souhait avec ses toiles d’araignées, sa poussière, son absence d’éclairage, sa vétusté... et ses apparitions fantomatiques. Le quatuor tombe sur un étrange livre de Sarah Bellows, qui s’écrit tout seul et dont les histoires horrifiques les concernent directement. Chaque intrigue, adaptée des nouvelles des romans, est une histoire en soi, avec disparition de protagoniste à la clé puisque le fameux livre sert à chaque personnage sa pire peur.

Le degré de frayeur provoqué par cette œuvre est celui auquel on s’attend d’un film pour jeunes. Il est classé 13 ans et plus par la Régie du cinéma et peut être visionné par des plus jeunes s’ils sont accompagnés d’un adulte. Outre les ficelles scénaristiques prévisibles – poursuite dans un couloir, fantôme menaçant, etc. –, le réalisateur André Øvredal utilise des techniques traditionnelles (le son, notamment) pour générer des sursauts de la part des spectateurs moins aguerris.

On sent l’influence de Guillermo del Toro partout, surtout dans les effets spéciaux, superbes. Le fantôme de Sarah Bellows est magnifique (on peut en avoir un aperçu dans l’une des bandes-annonces), la «Pale Lady» (la femme pâle du corridor rouge), directement issue de la nouvelle intitulée «The Dream» (littéralement «Le rêve»), n’est pas un monstre à proprement parler et fait plutôt appel à l’imaginaire tordu d’une figure maternelle.

Chaque histoire possède sa propre «morale» – l’intimidateur aura, par exemple, ce qu’il mérite – et la chute des «Histoires effrayantes à raconter dans le noir» est d’une poésie rare dans un film de peur pour jeunes. À voir et à revoir pour en savourer toute la profondeur.

Note: 4 sur 5