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La guerre et l’envers des médailles

En attendant Eden, Elliot Ackerman, Aux Éditions Gallmeister, 160 pages
Photo courtoisie En attendant Eden, Elliot Ackerman, Aux Éditions Gallmeister, 160 pages

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Il a beau ne pas être très épais, ce roman se penche sur la fin de vie avec une étonnante profondeur.

Même si leurs titres se ressemblent, ce court roman n’a absolument rien à voir avec le délicieux En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut. Ce qui ne l’empêche pas d’être excellent et d’avoir aussi sérieusement réussi à nous remuer les tripes. Une locution dont ledit Eden se serait d’ailleurs sûrement passé, parce qu’il a tellement été charcuté et amputé de partout que de ses 100 kilos d’origine, il ne lui en reste plus que 31.

Trois ans plus tôt, sur une route de la vallée du Hamvin, le véhicule militaire dans lequel il se trouvait a en effet roulé sur une mine. Et de tous les soldats qui étaient avec lui ce jour-là, il a été le seul à s’en tirer. Ou, pour être plus exact, le seul à avoir réellement fait preuve de malchance.

Le temps long...

Depuis son retour d’Irak, Eden git donc, inconscient, dans un centre pour grands brûlés du Texas. Pas une parcelle de son corps n’a été épargnée par le feu et tous les médecins s’accordent pour dire que c’est le gars le plus grièvement brûlé des deux guerres réunies et que jamais il ne guérira.

Mais malgré l’état épouvantable dans lequel il se trouve – ici, on se doit d’ajouter que même son cerveau a été endommagé –, sa femme Mary refuse de le laisser partir. Alors qu’arrivera-t-il lorsqu’Eden reprendra très partiellement connaissance ?

Vétéran du Corps des Marines, l’auteur a lui-même effectué plusieurs missions en Afghanistan et en Irak. En terrain de connaissance, il signe ainsi un livre particulièrement intense.

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Anne Joas et Aurore Petit, aux Éditions De La Martinière Jeunesse, 128 pages

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Frissons garantis

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La nostalgie du sang, Dario Correnti Aux Éditions Albin Michel, 528 pages

Tout de suite, un premier cadavre. À Bottanuco, commune des environs de Milan, une jeune femme a été retrouvée éventrée, les viscères sortis. Mais ce n’est pas tout : apparemment, l’assassin aurait également pris le temps de manger sur place un morceau de jambe et à quelques mètres du corps, un bout de mollet traîne encore sur le sol. Dans le genre monstrueux, difficile de faire mieux et pour l’instant, les enquêteurs suivent la piste satanique.

Le passé recomposé

Du côté des journaux, c’est Marco Besana qui sera chargé d’en couvrir les grandes lignes. Mais avec ses 30 ans de métier au compteur, la préretraite lui pend au nez et cette affaire pourrait très bien être pour lui la dernière. Tout le contraire d’Ilaria Piatti, une jeune stagiaire empotée et mal fagotée qui rêve de pouvoir un jour suivre ses traces en travaillant à plein temps à la rubrique criminelle.

Même si la rédaction se moque d’elle – on la surnomme dans son dos « Morpion » –, Ilaria a cependant compris quelque chose avant tout le monde. Au XIXe siècle, à Bottanuco, un meurtrier a déjà sévi. Mais pas n’importe lequel : Vincenso Verzeni, qui a été le tout premier tueur en série d’Italie à assassiner pour le plaisir. Et voilà que 150 ans plus tard, quelqu’un semble vouloir reproduire un à un tous ses crimes.

On s’est régalé. Sans toutefois goûter aux mollets de personne !