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Lettres de cuba: la douce revanche des boxeurs cubains

Des boxeurs s’entraînent dans le gymnase Rafael Trejo.
Photo Jacques Lanctôt Des boxeurs s’entraînent dans le gymnase Rafael Trejo.

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Tandis que se déroulent, à Lima, les XVIIIes Jeux panaméricains, Cuba est en train de faire le plein de médailles, d’or surtout, dans une discipline où ce petit pays des Caraïbes a déjà fait sa marque, la boxe, véritable bateau enseigne du sport à Cuba : huit médailles d’or, une d’argent et une de bronze. Un seul boxeur cubain n’a pu monter sur le podium.

Les boxeurs cubains font la fierté de leur pays depuis fort longtemps. Ils sont nombreux à avoir remporté des médailles lors de tournois ou de Jeux olympiques. Et je me suis demandé quelle était la recette d’une telle récolte fructueuse.

Je ne suis pas un spécialiste de la boxe et le seul vrai boxeur que j’ai approché de près et avec qui j’ai fraternisé, c’est « Reggie » Régis Chartrand, qui tenait son école de boxe rue de la Visitation, en plein Centre-Sud de Montréal.

Cœur au ventre

Ce qui motive les boxeurs cubains, c’est de défendre l’honneur de leur peuple agressé et bafoué par le Goliath américain depuis des décennies. Mais les boxeurs cubains s’entraînent aussi parce qu’ils y croient, parce qu’ils veulent montrer à la face du monde que les « mangeux de T-bone » ne font pas nécessairement les meilleurs boxeurs, qu’avoir du cœur au ventre, ça ne s’achète pas dans une boîte de corn flakes.

Et pour s’en rendre compte, il faut visiter le gymnase Rafael Trejo (du nom d’un jeune révolutionnaire abattu par la police en 1936), rue Cuba #85, dans la Vieille Havane, près du port et loin des circuits touristiques.

C’est ici, dans cette modeste enceinte, que se sont entraînés à la dure les plus grands boxeurs cubains, plusieurs fois champions du monde, dont Teofilo Stevenson, Namibia Flores, Guillermo Rigondeaux et Félix Sabon. L’endroit ne paie pas de mine, rien qui brille, sauf une certaine fierté dans les yeux des boxeurs et de leurs entraîneurs. Rien à voir avec nos gymnases aseptisés. Ici, on est presque à l’air libre sous l’humble toit en zinc. Et la sueur se voit, se sent presque.

Il n’en coûte rien (mais toute contribution est bienvenue) pour entrer et assister de près à l’entraînement des boxeurs. Les photos sont permises, comme un peu partout à Cuba.

De nombreux touristes y viennent s’entraîner, par exotisme ou par désir de percer le fameux « mystère » de la réussite cubaine – y compris des femmes.