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Ma vie en films - Ségolène Roederer : «Le Déclin de l’empire américain» à Harlem

Ségolène Roederer
Photo d'Archives, Agence QMI Ségolène Roederer

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MONTRÉAL - Arrivée au Québec dans les années 1990, celle qui avoue ne pas avoir eu le cran de devenir actrice est aujourd’hui la directrice générale de Québec Cinéma. L’organisme produit notamment le Gala Québec Cinéma, la Tournée ainsi que les Rendez-vous du cinéma québécois. Qui d’autre que Ségolène Roederer pourrait mieux parler du septième art? 

Ségolène, quel est votre premier souvenir d’une salle de cinéma? 

Le premier souvenir de bonheur de cinéma est «Peau d’âne». J’avais huit ans et je suis allée le voir six ou sept fois dans les semaines qui ont suivi. Je n’arrêtais pas de demander à mes parents d’y retourner. 

Le premier film québécois que vous avez vu? 

«Le Déclin de l’empire américain». Je l’ai vu l’année suivant sa sortie, à New York, dans une toute petite salle au fin fond d’Harlem. Un bonheur total! Je ne connaissais pas du tout les acteurs, je ne connaissais pas du tout l’accent québécois. 

Le film qui a changé votre vie? 

Pour moi, ce qui a changé ma vie, c’est quand j’ai découvert, pas loin de chez moi – je devais avoir 14 ou 15 ans –, le cinéma Pax. Je m’échappais tout le temps et j’ai commencé à voir tous les films d’auteur. Le «Molière» d’Ariane Mnouchkine, les Monty Python, etc. Le choc, pour moi, a été John Cassavetes et son «Opening Night». Il y avait tout pour moi : la femme, l’actrice, le vieillissement de la femme, l’amour... 

Un film récent qui vous a marquée? 

J’en ai plusieurs. Dans les films récents québécois, je vous dirais que la réussite de «Avant les rues», de Chloé Leriche, pour moi, c’est vraiment... J’aime beaucoup les petits films miracles. «Avant les rues» est, pour moi, un «petit grand film». C’est un film initiatique, fait avec peu de sous, mais avec une grâce totale. Je m’attends à la même chose de la part de «Kuessipan», le prochain film de Myriam Verreault. 

Le film qui vous a traumatisée, enfant? 

C’est le premier film que j’ai vu de ma vie. À six ans, mes parents m’ont emmenée voir «2001, Odyssée de l’espace», et ç’a été affreux. Pendant des années, j’ai été traumatisée par les singes, la plaque qui arrive, le bruit, le vieillard à la fin. Je n’avais jamais vu d’images qui bougeaient réellement, avant. Pendant trois ou quatre ans après, je n’ai pas pu aller dormir chez personne, j’ai eu des problèmes de terreurs nocturnes assez abominables. 

Votre premier «kick» au cinéma? 

Petite fille, c’était Alain Delon. Je me souviens avoir acheté un magazine où il n’y avait que des photos d’Alain Delon. C’était un amour très platonique. Mais le vrai «kick» - et ma fille ne peut pas comprendre – c’est Gérard Depardieu. Je pense que j’ai couché avec lui en rêve plus qu’avec n’importe qui d’autre. C’était fou! Sa gouaille, ses cheveux raides, son sourire et son jeu dans «Les valseuses», «La dernière femme», «Sous le soleil de Satan»... 

La trame sonore de votre adolescence? 

C’est sur que c’est le «Rocky Horror Picture Show». J’ai vraiment usé le disque! 

Le long métrage que tout le monde devrait avoir vu? 

Au Québec, je vous dirais «Mon oncle Antoine», de Claude Jutra. Tout est là, c’est vraiment l’initiation à la vie adulte, les campagnes francophones, le magasin général, le patron seigneur... C’est un grand, grand film. 

La réplique de film sur votre pierre tombale? 

Je ne peux pas résister à «Hasta la vista, baby»!