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Montréal à l’aube de la Guerre

Richard Gougeon
Photo courtoisie Richard Gougeon

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Auteur de nombreux romans à succès, dont la série Le Bonheur des autres, Richard Gougeon propose cet été un quatrième tome de sa série best-seller, L’épicerie Sansoucy, Nouvelle administration. À l’aube de la Seconde Guerre mondiale, les Montréalais se ruent sur les denrées de cette épicerie de quartier, tandis que les conflits familiaux s’accumulent dans l’arrière-boutique.

Richard Gougeon avait mis cette série de côté en 2015, mais s’était laissé une porte ouverte pour un quatrième tome.

« Les lecteurs le demandaient... mais j’ai terminé la série Le Bonheur des autres avant. Il y a eu un fort engouement pour cette série : les gens me disent qu’il y a beaucoup de personnages attachants, qu’on aime ou qu’on déteste. On plonge dans une époque que plusieurs se rappellent, et aiment se rappeler », partage-t-il.

Ce quatrième tome débute en juin 1937, et Léandre a repris la direction du commerce après la maladie de son père Théodore.

Richard Gougeon, tout en racontant la vie quotidienne de Paulette, Simone, Marcel et compagnie, fait référence à la politique provinciale et fédérale et aux nuages sombres d’une guerre redoutée.

« L’Allemagne a envahi la Pologne le 1er septembre 1939, et je parle du maire Camilien Houde, à Montréal. Je pense que les gens apprécient que je les situe dans un contexte bien précis. Mes personnages sont campés dans les lieux physiques, politiques, historiques, religieux de l’époque. »

L’auteur s’est documenté à partir des journaux de l’époque. « La Patrie, Le Petit Journal, c’est pour moi une source d’inspiration, de faits divers qui sont relatés au jour le jour. C’est d’une richesse incroyable. »

Il a aussi fait des recherches à la Société historique de Montréal et à l’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, où se situe principalement l’action du roman. « Les gens reconnaissent des lieux. » Son père a d’ailleurs grandi dans ce quartier.

Recréer l’époque

Richard Gougeon a un don extraordinaire pour recréer une époque, faire interagir les gens entre eux, comme si on y était.

« J’ai eu une mère qui était très volubile, très expressive, qui nous a élevés avec ce langage qu’il y a dans le roman. Je me souviens des gens qu’on rencontrait et ça m’est resté. Ça m’a inspiré beaucoup. »

« Ce n’est pas le langage de Michel Tremblay, mais je sais comment les gens s’exprimaient, à l’époque. Les gens qui ont 70, 80, 90 ans qui ont lu cette histoire m’ont fait le commentaire que oui, c’était comme ça. »

« Souvenirs de jeunesse »

Richard Gougeon a grandi à Granby et a travaillé dans une épicerie quand il était jeune.

« Je livrais les commandes à bicyclette. Je sais ce que c’est, se promener avec un panier en avant, un autre en arrière, et une poche de patates de 50 livres par-dessus une caisse de bières, et qu’il faut monter tout ça au troisième étage d’un immeuble. J’ai travaillé aussi dans l’épicerie et ce monde-là m’a toujours fasciné. Ça me rappelait des souvenirs de jeunesse. »

Il y a vraiment eu une épicerie Sansoucy dans ce quartier, à cette époque, mais l’écrivain a pris la liberté de créer une histoire de toutes pièces, avec des personnages imaginaires.

« C’est sûr que les personnages de L’Épicerie Sansoucy vont me hanter jusqu’à la fin de mes jours... mais il y a d’autres personnages qui revendiquent le droit d’exister en ce moment ! »

  • Richard Gougeon travaille en ce moment sur une nouvelle série mettant en vedette une employée d’une filature du quartier Hochelaga-Maisonneuve, à la fin des années 1800.
  • Il publiera aussi Les chemins du destin, aux Éditions JCL.
  • Il sera présent aux salons du livre de Saguenay, Sherbrooke, Rimouski et Montréal cet automne.
L’Épicerie Sansoucy, tome 4 : Nouvelle administration, Richard Gougeon, Les Éditeurs réunis, 380 pages
Photo courtoisie
L’Épicerie Sansoucy, tome 4 : Nouvelle administration, Richard Gougeon, Les Éditeurs réunis, 380 pages