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Des sinistrés se sentent délaissés et dans le noir

Une famille de Sainte-Marthe-sur-le-Lac a dû louer une maison

Hardy-Sabourin
Photo Stéphane Sinclair En avant-plan, Félix Hardy, 7 ans, Béatrice Bourgon, 7 ans, et Alexandre Hardy, 7 ans. En arrière-plan, Myriam Sabourin, 37 ans, Mickaëlla Hardy, 14 ans, et Christian Hardy, 44 ans, posent dans la maison meublée qu’ils louent depuis le mois de mai. Ils vont devoir la quitter début septembre.

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Sainte-Marthe-sur-le-Lac | Une famille de sinistrés des inondations d’avril dernier, qui en sera à son troisième relogement en cinq mois, dénonce la lenteur et le manque d’information du processus d’indemnisation.

« On ne sait rien. Le gouvernement ne nous dit rien et nous avons été obligés de faire d’importants choix sans connaître l’indemnisation que nous aurons. C’est loin d’être évident », explique Myriam Sabourin, une résidente de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, dans les Laurentides.

Lorsque la digue a cédé le 27 avril, la famille Hardy-Sabourin, composée notamment de quatre enfants a trouvé refuge dans le sous-sol du père de Cristian Hardy.

« On ne pouvait pas passer des mois dans un sous-sol à six », lance M. Hardy.

Les enfants ont entre 7 ans et 14 ans. Le couple s’est mis à chercher une maison à louer au mois, ce qui n’a pas été facile.

N’ayant toujours pas de nouvelle et d’information sur le règlement dont ils bénéficieront, à l’approche de la rentrée scolaire, ils ont fini par louer une résidence à Sainte-Marthe-sur-le-Lac avec un bail d’un an pour assurer de la stabilité aux enfants.

Noirceur

« On est toujours dans la noirceur, mais on a dû faire des choix qui peuvent avoir de lourdes conséquences », explique-t-elle.

Si les banques ont accepté de retarder les paiements d’hypothèque des sinistrés pendant un certain temps, elles vont finir par les relancer, ce qui inquiète grandement les Hardy-Sabourin.

« Nous allons devoir payer une hypothèque, plus la location de la maison. On n’a pas les moyens de payer l’équivalent de deux maisons et on ne répond pas à nos questions à Québec. Vont-ils continuer à nous donner de l’aide à la relocalisation ? », questionne Mme Sabourin.

Stress constant

« Nous avons eu quelques milliers de dollars, mais nous ne savons même pas ce qu’on peut faire avec. Est-ce que ça inclut une partie des fonds de reconstruction de notre sous-sol où sont les chambres des enfants ? On n’a même pas reçu de lettre avec des explications lorsqu’on a eu l’argent », poursuit-elle.

Comme la plupart des sinistrés, ils s’attendaient à un traitement différent de ceux qui ont construit ou acheté en zone inondable.

« Quand on a acheté ici, on était protégés par une digue. Il ne devait pas y avoir d’inondation. C’est un cas à part, mais jusqu’à maintenant, on nous traite comme les autres qui ont acheté dans des zones inondables », déplore la mère qui croyait qu’un règlement allait arriver plus rapidement.