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Le SPVQ enquêtera sur l’extincteur

La police, qui dit prendre l’événement au sérieux, a mandaté le bureau des affaires internes

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La police de Québec a ouvert une enquête interne afin de comprendre pourquoi l’un de ses agents a agrippé un extincteur à feu pour escorter au palais de justice Frej Haj Messaoud, l’homme accusé d’avoir incendié son ex-conjointe et qui était de retour en cour lundi pour une comparution formelle.

Les images montrant un policier tenant un extincteur et son collègue étouffer un rire, alors qu’ils escortaient l’homme accusé d’avoir mis le feu à son ex-conjointe, continuent de faire réagir.Dans un communiqué, le SPVQ a dit prendre « au sérieux » les interrogations entendues dans le public et le milieu policier, relativement au comportement des deux policiers qui ont accompagné Frej Haj Messaoud dimanche.   

Frej Haj Messaoud à sa sortie du poste de police de la centrale Victoria dimanche.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
Frej Haj Messaoud à sa sortie du poste de police de la centrale Victoria dimanche.

« Bien que la scène pourrait laisser croire qu’il s’agit d’une mauvaise blague de la part des policiers, il serait prématuré d’en tirer des conclusions immédiates », a écrit le sergent aux communications Étienne Doyon, dans sa dépêche lundi. Pour le moment, aucune mesure disciplinaire n’a été prise contre ces agents, et la police ne se prononce pas sur les théories qui ont circulé à leur sujet.

Multiples explications

L’une d’elles voulait que la présence de l’extincteur fût justifiée parce que le suspect présentait un risque d’incendie, puisqu’il aurait pu avoir encore de l’essence sur lui.

Des traces des vêtements calcinés de la victime, visibles sur le bitume.
Photo Dominique Lelièvre
Des traces des vêtements calcinés de la victime, visibles sur le bitume.

Une autre explication, relayée par la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec (FPPVQ), mentionnait que les deux syndiqués « ne pouva[ien]t ignorer la possibilité que des gens se soient rassemblés pour faire subir à l’accusé le même sort qui a été réservé à son ex-conjointe » et que l’extincteur servait donc à la protection du prévenu. C’est le bureau des affaires internes et des normes professionnelles qui a été chargé de faire la lumière sur les circonstances de l’événement.

Comparution éclair

Quant à lui, l’accusé de 39 ans, qui avait comparu dimanche par conférence téléphonique pour respecter le délai de 24 heures entre son arrestation et sa mise en accusation, était de retour en cour.

La juge Réna Emond a demandé de « refaire l’exercice » pour s’assurer que sa comparution pour deux accusations de tentative de meurtre et voies de fait graves soit faite dans les normes.

Messaoud est apparu calme dans la boîte des accusés et semblait bien comprendre la procédure qui n’a duré que quelques secondes.

La procureure Sabrina Lambert-Michel a demandé une ordonnance qui interdit l’accusé de communiquer avec la victime ainsi qu’avec sa famille pendant les procédures.

Messaoud restera incarcéré au moins jusqu’à son enquête sur remise en liberté.

Ce dernier n’a pas d’antécédent judiciaire, mais le père de la victime a indiqué que l’accusé avait eu des comportements violents avec sa fille dans le passé.