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Libération conditionnelle révoquée: un ancien motard réclame 160 000$ de plus à l’État

Libération conditionnelle révoquée: un ancien motard réclame 160 000$ de plus à l’État
Photo d’archives

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Même après que l’État eut déposé une demande pour un règlement à l’amiable, l’ancien leader des Rock Machines Jean-François Émard réclame maintenant encore plus d’argent au gouvernement à cause de sa libération conditionnelle qui a été révoquée en mai dernier.

«Les agissements de policiers de la Sûreté du Québec [SQ] viennent handicaper les chances de succès d’une réintégration sociale du demandeur Émard», allègue-t-il dans une poursuite modifiée déposée lundi au palais de justice de Montréal.

L’ex-motard criminel poursuivait déjà l’État depuis octobre 2017 pour 635 000$ après avoir été battu dans une cellule par un agent de la SQ, Bruno Landry. Quelques mois plus tard, il avait revu ses demandes à la baisse, pour réclamer 315 000$.

Or, Émard soutient que les menaces à son endroit qui ont forcé son retour derrière les barreaux en mai après qu’il eut obtenu une libération conditionnelle étaient «non fondées» et même «une mise en scène» de la SQ pour lui nuire.

Rappelons que Jean-François Émard purge une peine de 45 mois d’incarcération dont il a écopé au printemps 2018 pour possession illégale d’un pistolet chargé et trafic de stupéfiants.

Préjudice important

Selon le document de cour consulté par Le Journal, son admission dans une maison de transition a été refusée parce que des policiers auraient communiqué avec l’établissement pour leur faire part d’un «danger relativement à la vie d’Émard afin de tenter de retourner Émard en prison, plutôt que de communiquer avec [...] un membre du personnel de l’établissement de Cowansville».

L’ancien motard estime qu’il s’agit d’un préjudice important le privant de sa liberté et portant atteinte à sa réputation, et demande 100 000$ à cet effet.

«Pour son emprisonnement prolongé sans motif», il réclame 1000$ par jour de détention, pour un total de 60 000$, ce qui fait en sorte que sa poursuite contre l’État se porte maintenant à 475 000$.

Règlement à l’amiable

Or, cette requête modifiée survient alors que, quelques jours auparavant, la Procureure générale du Québec (PGQ) a déposé une demande pour suspendre le dossier.

«Les parties ont l’intention d’entreprendre des discussions afin de déterminer la possibilité d’en arriver à un règlement hors cours [sic] [...] pour en arriver à une solution commune», peut-on lire dans le document signé le 29 juillet dernier.

Comme les plages horaires pour une conférence de règlement à l’amiable ne sont disponibles qu’en février 2020, la PGQ a demandé à ce que le dossier soit en suspens jusqu’au 30 mars 2020.

Contacté par Le Journal, l’avocat de l’ancien motard qui se dit maintenant un «citoyen en réhabilitation», Me Guillaume Charron, a estimé que la poursuite ne devrait pas nuire à trouver une solution à l’amiable.