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Piégé par un convoyeur: un ado de 13 ans victime d'un grave accident de travail

Son bras et sa main auraient été entraînés par la courroie de l’appareil

Mathis Langlois, 13 ans, photographié après une greffe de peau dans un hôpital de Québec, à la suite d’un accident de travail survenu­­­ mardi dernier à Saint-Just-de-Bretenières, près de Montmagny.
Photo courtoisie Mathis Langlois, 13 ans, photographié après une greffe de peau dans un hôpital de Québec, à la suite d’un accident de travail survenu­­­ mardi dernier à Saint-Just-de-Bretenières, près de Montmagny.

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Un garçon d’à peine 13 ans a été victime d’un terrible accident de travail qui a failli lui coûter la vie, à Saint-Just-de-Bretenières, près de Montmagny.

Mathis Langlois, de Saint-Fabien-de-Panet, peut dire merci au travailleur qui l’a trouvé inconscient au sol, près d’un convoyeur de l’entreprise qui fabrique entre autres du paillis de cèdre, le 6 août vers 10 h 15.

«C’est un gars qui travaillait dans la cour qui est allé voir, et il a vu qu’il avait perdu conscience. Il ne savait pas depuis combien de temps il était comme ça. La strap roulait encore et ça lui roulait sur le dos, car la machine continuait de virer», relate la mère du garçon, Dany Montminy.

Selon elle, l’intervention du travailleur a eu un effet décisif. «Je le remercie, car il lui a sauvé la vie», soutient-elle.

Le jeune de 13 ans, qui mesure 5 pi 8 po et pèse plus de 150 lb, avait été engagé pour faire le ménage et différents travaux dans la cour extérieure de chez Bardobec, selon sa mère.

Il s’agissait de son premier emploi. Un enfant de moins de 14 ans peut travailler, avec le consentement parental.

Aucun souvenir

Le jeune Mathis n’a pas de souvenir de ce qui s’est passé et il n’y avait aucun témoin.

Selon les premières informations, le jeune travailleur se serait rendu sous une machine à paillis et sa main et son bras auraient été entraînés par le rouleau et la courroie d’un convoyeur.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) va enquêter sur l’événement.

À la suite de l’accident, il a été conduit au centre hospitalier de Montmagny, puis dans un hôpital de Québec, étant donné la gravité de ses blessures.

Il a eu un poumon perforé, trois côtes et une clavicule cassées et a subi des brûlures au 3e degré sur l’omoplate gauche. Il pourrait conserver des séquelles au niveau respiratoire à la suite de son accident.

«Là, il va mieux. Il a commencé à se lever, son poumon est stable. Ils vont lui enlever les drains un à la fois», dit sa mère.

Elle n’en veut pas à l’entreprise

Mme Montminy affirme qu’elle n’en veut pas du tout à l’employeur, car elle considère qu’il s’agit d’un triste accident.

«L’employeur m’a appelé, il était tout dévasté de ça. Je ne lui en veux pas. Un accident, c’est un accident. Ça aurait pu arriver à n’importe qui. Il ne travaillait pas sur les machines. On ne le sait pas du tout ce qui s’est passé», a confié Dany Montminy.

L’entreprise n’a pas souhaité commenter l’incident.

La CNESST va enquêter

Même si les travailleurs de moins de 16 ans sont plus nombreux qu’auparavant, les accidents tragiques demeurent relativement rares.

La CNESST a confirmé qu’une inspectrice se déplacerait sur les lieux pour tenter de comprendre ce qui s’est passé lors de l’accident qui a causé de graves blessures au travailleur de 13 ans.

«Le jeune travailleur se serait rendu sous une machine à paillis et sa main et son bras auraient été entraînés par le rouleau et la courroie d’un convoyeur», a indiqué Audréane Lafrenière, communicatrice régionale pour la CNESST.

En 2017, 2656 jeunes de moins de 19 ans ont été victimes d’un accident de travail (voir plus bas). On ne dénombrait aucun décès.

Le plus grand nombre d’accidents liés au travail chez les jeunes survient dans le domaine de la fabrication et les incidents sont, sans surprise, plus fréquents en période estivale.

Pénurie

À Québec, un restaurant a embauché plusieurs adolescents de 12 à 14 ans pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre.

Dans la région, la direction de la chaîne IGA des Sources avait aussi révélé au Journal qu’elle comptait une quinzaine d’employés âgés de moins de 16 ans. Le taux de chômage dans la région de Québec affichait 2,3 % en juillet dernier.

Selon une récente campagne de la CNESST, les nouveaux travailleurs disposent de peu de connaissances sur les risques et les méthodes de travail sécuritaires liés à leur travail, ce qui explique notamment pourquoi ils courent le risque de subir un accident.

Des exemples

Il faut toutefois fouiller un peu avant de trouver des drames. En avril 2019, un homme de 19 ans a perdu la vie près de La Tuque dans un garage d’entretien mécanique.

Quelques semaines auparavant, près de Vancouver, un jeune de 17 ans est mort dans un accident de travail, dans un enclos à poisson.

Puis, en novembre 2018, un travailleur de 18 ans est décédé alors qu’il effectuait des travaux sur un chantier résidentiel à Saint-Germain-de-Grantham­­­.

En octobre 2018, un jeune de 18 ans a également subi de graves blessures aux jambes lorsqu’une partie d’un conteneur est tombée sur lui, près de Granby.

Enfin, en décembre 2016, un jeune travailleur de 17 ans est mort dans une usine de granules située au Nouveau-Brunswick. Le fonctionnement de l’usine a été scruté à la loupe.

-Avec Jean-François­­­ Racine

Accidents de travail chez les jeunes en 2017

  • 2656 accidents (0 décès) chez les 19 ans et moins
  • 86 223 accidents tous âges confondus
  • La fabrication : le secteur où les jeunes se blessent le plus
  • 4 lésions sur 10 causées par des contacts avec des objets ou de l’équipement
  • 30 le nombre moyen de jours indemnisés chez les 19 ans et moins

Source : CNESST