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Des cadeaux pour appâter la victime

L’employé d’école l’aurait ensuite forcée à se prostituer

Le procès pour proxénétisme de Denis Désiré, un ancien responsable de la sécurité à l’école secondaire Calixa-Lavallée, a débuté hier au palais de justice de Montréal.
Photo d’archives, Martin Alarie Le procès pour proxénétisme de Denis Désiré, un ancien responsable de la sécurité à l’école secondaire Calixa-Lavallée, a débuté hier au palais de justice de Montréal.

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Un employé d’école secondaire accusé de proxénétisme a réussi à appâter sa victime en la couvrant de cadeaux et en lui jurant qu’elle arrêterait de danser nue, a témoigné cette dernière mardi, affirmant être plutôt devenue escorte.

« Il avait de l’argent, une voiture... Les bijoux, les chaussures, les sorties, tout ça n’a pas duré longtemps ; puis il m’a dit le mot “escorte” », a expliqué mardi la victime présumée de Denis Désiré, 45 ans.

La jeune femme, dont l’identité est protégée par le tribunal, a relaté au procès avoir rencontré cet ancien responsable de la sécurité à l’école Calixa-Lavallée à l’âge de 15 ans, par l’entremise d’amis.

À l’époque, elle dansait déjà nue dans des bars avec de fausses cartes d’identité.

Prise dans ses filets

Ce n’est que trois ans plus tard, quand la jeune femme a atteint sa majorité, que Désiré aurait commencé à sortir ses griffes. Elle a d’ailleurs comparé sa situation à celle d’un poisson coincé dans le filet d’un pêcheur, mardi, au palais de justice de Montréal.

« J’étais jeune, je croyais qu’on était une sorte de couple, a-t-elle illustré. J’étais trop stupide, mon orgueil me faisait croire qu’on était en couple. »

À partir de ce moment-là, elle aurait été forcée à danser nue à Montréal, mais aussi en Ontario, au Manitoba et en Alberta.

Son calvaire aurait duré trois ans.

Et tout l’argent gagné devait être remis à Désiré, a assuré mardi la plaignante.

« Sinon, ça finissait mal, très mal, a témoigné la jeune femme, maintenant âgée de 23 ans. Parfois, sa mère entendait et disait : “Lâche-la, tu vas la tuer”. »

La victime s’en est finalement sortie un jour où elle a brisé les vitres de l’auto de Désiré. Ce dernier a appelé la police pour rapporter le méfait, mais c’est plutôt lui qui a été arrêté pour proxénétisme.

Le témoignage de la plaignante se poursuit mercredi. Désiré est défendu par Mes Roucha Oshriyeh et Serge Lamontagne, et Me Pascal Dostaler représente la Couronne.