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Mais où est l’envie?

L’Impact devra faire preuve de plus de vouloir s’il veut connaître du succès.
Photo USA Today L’Impact devra faire preuve de plus de vouloir s’il veut connaître du succès.

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La catastrophe est arrivée en fin de match pour l’Impact. Et, une autre fois, c’est sur une situation de coup de pied arrêté que la troupe de Rémi Garde a laissé filer des points précieux au classement.

En général, dans une saison, le tiers des buts d’une équipe sont marqués de cette façon. Coups de pied de coin, coups francs, ce sont des jeux qui peuvent faire ou défaire une saison.

Comme ils sont à ce point décisifs dans une année, les coups de pied arrêtés doivent être répétés et encore répétés à l’entraînement. De plus, l’entraîneur doit y insuffler une philosophie qui sera comprise par l’ensemble de l’équipe, une façon de défendre très détaillée pour qu’il n’y ait aucune zone grise sur le terrain.

Mais comme tout plan de match ou idée de génie d’un entraîneur, c’est l’exécution des joueurs au cours d’un match qui fait foi de tout.

Historiquement, l’Impact n’a jamais été reconnu pour son succès sur les phases arrêtées. Malgré tout, le Bleu-blanc-noir a par moment été en mesure de s’en sortir. Mais dans les dernières rencontres du XI montréalais, c’est redevenu un problème d’importance.

Bacary Sagna lui-même l’a souligné en entrevue après la défaite contre le Fire de Chicago : dans le feu de l’action, l’Impact doit se montrer plus agressif. Il faut attaquer le ballon.

Encore une fois, je l’ai écrit plusieurs fois dans les derniers mois, l’engagement des joueurs fait défaut. On aura beau parler stratégie, tactique, c’est l’état d’esprit conquérant qui manque à l’Impact.

À sa plus simple expression

Depuis plusieurs années, les différentes équipes de la planète jouent les coups de pied arrêtés avec une défense « de zone ». Dans cette disposition, chaque joueur est responsable d’une partie du terrain. Tout ce qui se trouve autour de lui, dans un rayon plus ou moins grand, est sous sa responsabilité.

Cette défense en zones demeure une stratégie critiquée puisqu’elle peut causer des incertitudes entre les joueurs. Elle semble bien simple au départ, mais dans le feu de l’action, il est difficile en une fraction de seconde de déterminer à qui appartient telle ou telle zone, telle ou telle responsabilité.

Pour cette raison, plusieurs équipes adoptent donc un système qu’on dit « mixte ». Cinq ou six joueurs occupent une zone tandis que deux ou trois autres sont au marquage individuel avec un adversaire. Par exemple, ces derniers peuvent suivre à la trace des joueurs comme Kei Kamara pour ne pas qu’il fasse trop de dégâts au cours d’une rencontre...

Mais, permettez-moi de réaffirmer ce principe de base : c’est l’agressivité, l’attitude, le désir de s’engager physiquement qui détermine la justesse d’une stratégie.

À Chicago samedi dernier, Bastian Schweinsteiger a gagné sa bataille contre Zakaria Diallo en fin de match. En fait, l’Allemand a bousculé le défenseur de l’Impact et a mis en évidence les différentes soifs de gagner qui animaient les deux équipes.

Les nouveaux venus

Ça fait longtemps que je regarde Bojan Krkic jouer. Depuis plusieurs années, on n’a de cesse de répéter qu’il a un potentiel extraordinaire, qu’il ne l’a pas encore exploité à son maximum.

Dans un bon jour, Bojan peut faire des choses spéciales et avoir une grande influence sur les résultats d’un match. Exactement ce dont l’Impact a besoin d’ici la fin de la saison.

D’un autre point de vue, il faut aussi souligner que c’est un joueur qui prend beaucoup de risques sur le terrain, parfois trop. Il est une dynamo offensivement, mais par moment Bojan peut oublier le côté défensif du jeu.

Chaque fois qu’un club a embauché ce joueur espagnol d’origine serbe, c’est parce qu’il espérait enfin voir son grand potentiel se révéler.

Bref, c’est bien d’avoir Bojan à Montréal, mais il faut savoir que c’est un joueur qui peut devenir frustrant pour les spectateurs. Il peut passer d’un extrême à l’autre... un peu comme l’Impact dans le fond.

Reste maintenant à savoir comment Rémi Garde organisera son équipe avec Bojan. Personnellement, je le préférerais dans un milieu à trois plutôt que dans un schéma où il serait posté en attaque.

Mais en plus de Bojan, l’Impact a réussi à ajouter un autre joueur de talent avant la fin de la fenêtre des transferts. Ballou Tabla est un visage connu à Montréal et au Canada. Combien de joueurs de l’unifolié peuvent se vanter d’avoir signé au FC Barcelone ? Poser la question, c’est y répondre.

À l’époque, je ne le croyais pas prêt psychologiquement et physiquement pour cette grande aventure catalane. Pour ces raisons entre autres, je pense qu’il est bon que Ballou revienne dans un club où il aura l’occasion de jouer. Il a un potentiel énorme, mais il n’a malheureusement pas joué assez de matchs ces dernières années.

Si je peux me permettre de lui donner un conseil : baisse la tête, ne parle pas trop non plus, concentre-toi sur ton boulot. Jouer, jouer, jouer, c’est ce dont tu as besoin.