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Une mort qui tombe bien

Jeffrey-Epstein Jeffrey Epstein
Photo courtoisie Jeffrey Epstein

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Je ne suis pas un fan des théories du complot.

Les reptiliens, la Commission trilatérale et les Illuminati, très peu pour moi.

Mais je me pose de sérieuses questions sur le suicide de Jeffrey Epstein, ce financier multimillionnaire accusé d’avoir agressé des mineures.

Sa mort soudaine arrange trop de gens pour ne pas paraître suspecte.

UNE MAUVAISE SÉRIE

Le gars était seul dans sa cellule.

Il n’était pas sous surveillance renforcée même s’il avait tenté de se suicider le 23 juillet.

Et les gardiens de la prison ne faisaient plus de rondes toutes les 30 minutes comme ils étaient censés le faire.

Vous ne trouvez pas ça bizarre, vous ?

On dirait un épisode d’une mauvaise série policière...

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Tout ce qui manque, c’est une corde cachée dans un gâteau.

Epstein n’était pas un détenu comme les autres.

On le soupçonnait de faire partie d’un réseau d’hommes influents qui organisaient des partouzes avec des filles de 14 ans.

Son procès s’annonçait pour être l’un des plus explosifs de la décennie, pour ne pas dire du siècle.

L’affaire DSK, à côté de ça, c’était de la petite bière.

Il était ami avec Clinton, avec Trump. Une de ses présumées victimes a dit s’être fait violer par le prince Andrew !

Vous imaginez le cirque, vous ? Les réputations entachées ? Les scandales ? La fenêtre ouverte sur les mœurs décadentes des riches et célèbres ?

Et puis, soudainement, pfffft ! plus rien.

Le gars se suicide. Plus de procès.

Merci, bonsoir.

LE DERNIER SOUPIR

Voulez-vous bien me dire pourquoi ce gars-là n’était pas plus étroitement surveillé ?

On aurait dû le mettre dans une cage en verre, comme Hannibal Lecter !

Qui sait ? Confronté à l’idée de passer le reste de sa vie en prison, il aurait peut-être décidé de tout déballer, se disant : « Tant qu’à couler, je ne coulerai pas seul, je vais vider mon sac et sortir mon petit calepin noir... »

Après ça, on se demande pourquoi les gens sont cyniques...

Quand Epstein a poussé son dernier soupir dans sa cellule, plusieurs de ses amis ont dû soupirer eux aussi, en se disant qu’il était minuit moins cinq et qu’ils l’avaient échappé belle.

Oui, je sais, c’est un cliché, les millionnaires décadents qui profitent de leur fortune et de leurs relations haut placées pour organiser des orgies avec des mineures.

Là aussi, ça fait mauvaise série.

Mais ça existe.

Regardez Berlusconi et ses soirées Bunga Bunga !

PARANO ?

Quand les petits amis d’Epstein ont appris qu’il venait d’être arrêté, ils ont dû capoter solide et passer quelques coups de fil.

Si on peut payer des gardiens pour passer de la drogue en prison, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas payer un gardien pour regarder ailleurs quand un détenu se pend.

Ou pour mettre en scène un faux suicide, tiens.

Vous me trouvez parano ?

Non.

Il y a des gens qui voient des complots partout. Et d’autres qui n’en voient nulle part.

Je me situe entre les deux.

Pas parano.

Mais pas naïf non plus.

Après tout, plusieurs théories du complot que l’on trouvait loufoques il y a 30 ans sont maintenant considérées comme des faits historiques.